Liqueurs et sirops de l'Isère

Des élixirs de longue vie

Economie

En Isère, les boissons et liqueurs aux fruits et plantes font recette depuis plusieurs siècles avec un savant cocktail de tradition et d’innovation. Santé !

Par Véronique Granger

  • Adrien Mollard espère connaître la même longévité pour ses nouvelles boissons ultra-concentrées à base de thé et de fruits que pour l’Antésite ! © F. Pattou
  • Depuis trois siècles, et encore aujourd’hui par Dom Benoît, le secret de la liqueur de Chartreuse est toujours aussi bien gardé… ©DR

 

Brillat-Savarin, auteur de la Physionomie du goût, l’affirmait déjà en 1826 : « Les meilleures liqueurs se fabriquent en Dauphiné ».

Le célèbre gastronome français imaginait-il que nombre des breuvages qu’il apprécia de son vivant seraient toujours servis dans les bonnes maisons deux siècles plus tard ?

A La Côte-Saint-André, voici huit générations que la Maison Rocher, première distillerie de France en 1705, perpétue son savoir-faire dans l’élaboration de liqueurs historiques comme l’Arquebuse aux 33 plantes ou sa célèbre Cherry Rocher. Des valeurs sûres auxquelles s’ajoutent chaque année de nouveaux parfums.

Connus dans le monde entier pour leur Chartreuse verte (particulièrement appréciée des Américains en cocktail !), les Pères Chartreux à Voiron commercialisèrent leur Elixir végétal dès 1737.

Cet élixir de longue de vie aux 130 plantes aromatiques, dont la recette leur fut transmise un siècle 120 ans plus tôt par le maréchal d’Estrées, leur a porté chance. L’entreprise ne s’est jamais aussi bien portée et investit dans une nouvelle distillerie en Chartreuse, à Entre-Deux-Guiers, au hameau d’Aiguenoire.

Millésimé en 1720, le fameux Ratafia de cerises de Mathieu Teisseire était aussi très prisé à l’époque de Brillat-Savarin. Il précéda de 200 ans la fabrication de sirops à base de concentré de fruits qui assurent toujours la prospérité de l’entreprise.

La société familiale, passée en 2010 dans le giron de l’anglais Britvic, continue de capitaliser sur cet héritage en inventant de nouveaux modes de consommation de ses sirops soif : après le bidon, voici le flacon-pompe doseur et la mini-gourde pour enfants (« fruit shoot »)…

 

> LA CARTE DU NATUREL

Les sirops Bigallet sont eux aussi passés à la prospérité. Installée depuis 1885 dans son berceau familial de Virieu-sur-Bourbre, la distillerie a d’abord inventé la Citronade, ce nectar à base de zestes de citron qu’elle fabrique toujours selon le même procédé.

Cette spécialité se décline aujourd’hui parmi 52 autres parfums… Châtaigne, vanille, caramel ou mangue-goyave, la liste s’allonge chaque année avec toujours ce culte de l’authenticité et du naturel.

Antésite à Coublevie, joue aussi la carte de l’affectif pour développer sa marque et la PME familiale. La boisson concentrée à base d’extrait réglisse, inventée en 1898 par un apothicaire voironnais en substitut aux boissons alcoolisées et sucrées pour désaltérer les ouvriers et les cheminots, est toujours d’actualité.

« C’est la boisson fitness par excellence ! Nous sommes la seule boisson aromatisée 100 % naturelle sans sucre ni édulcorant », rappelle son PDG, Adrien Mollard. En 2015, il a décliné le procédé d’extraction d’arôme de réglisse pour les gammes Fruisite et Thésite à base de fruits rouges, d’agrumes et de thé. Sain et économique : avec une seule petite bouteille de verre, on obtient 150 litres de boisson !

L’objectif est d'atteindre rapidement les 250 000 bouteilles en 2016, qui s’ajouteront aux 1,2 million d’Antésite à l’anis. A consommer sans modération…

 

Publié le : 
06 juin 2016