PLEIN

LA VUE !

Découvertes

Notre département ne manque pas de belvédères pour vivre l’expérience panoramique, ce sentiment grisant de dominer le monde et de s’approprier nos plus beaux paysages. Voyage aux sommets.

Par Véronique Granger

 

« J’aime les panoramas ! » Si la réplique de Jean Dujardin dans OSS 117 : Le Caire, nid d’espions est devenue culte, c’est qu’elle est universellement partagée.

Plaisir extatique — à « couper le souffle » ! —, sentiment de dominer voire de posséder le monde, l’expérience panoramique est un Graal touristique, la récompense du randonneur ou du contemplatif.  

L’Isère, avec ses massifs et ses collines, ne manque pas de ces points de vue privilégiés où le monde se déploie autour de soi à 360 degrés.

Le mot apparaît pour la toute première fois en 1787 en Angleterre pour désigner une construction circulaire ou rotonde : le dispositif, inventé et breveté par l’artiste peintre écossais Robert Barker, place le spectateur au centre d’un paysage ou d’une scène historique, le plus souvent de bataille.

Les premiers sont installés dans de grandes capitales européennes avant de conquérir les sommets. Escaliers, esplanades, instruments optiques et tables d’orientation, tout est fait pour diriger le regard du spectateur qui peut ainsi se situer dans l’espace et « tutoyer » enfin ces montagnes encore inaccessibles, dans une approche scientifique du monde.

 

> TUTOYER LES SOMMETS

 

Entre 1903 et 1970, quelque 170 tables d'orientation seront mises en place par le Touring club de France, réalisées le plus souvent en pierre de lave émaillée — une roche volcanique ultra résistante.

En Isère, les tout premiers sites équipés sont la plateforme de La Bastille (1903-1905), La Tour-sans-Venin à Pariset (1908), Bramefarine dans le massif de Belledonne (1914), le sommet de Côte-Rouge à Monestier-de-Clermont (1912), le Bec Margain à Saint-Hilaire-du-Touvet (1923), la Tour Perret à Grenoble (1924), le sommet du Gargas à La Sallette-Fallavaux (1928)…

Les tables d’orientation se déclinent aujourd’hui dans différents matériaux et ont gagné en précision, avec la sérigraphie et l’impression numérique. Elles invitent à remonter le temps et les ères géologiques, à comprendre la formation et l’évolution du paysage dans nos anciennes vallées glaciaires.

Un moyen de s’approprier le monde et d’en prendre plein la vue… sans trop forcer sur la monture : la plupart de ces belvédères sont accessibles en téléphérique ou en voiture !

 

 

 VOYAGE AUX SOMMETS AVEC LES TABLES D'ORIENTATION 
 

1. Table d’orientation du Collet d’Allevard (Belledonne)Table d’orientation du Collet d’Allevard (Belledonne)
2. Belvédère de Pipet à Vienne (Isère rhodanienne)
Belvédère de Bellevue à Voreppe (Pays voironnais)
Table d’orientation de La Côte-Rouge à Roissard (Trièves)
Table d’orientation de La Molière à Autrans-Méaudre (Vercors).
Table d’orientation du Bec Margain à Saint-Hilaire-du-Touvet (Chartreuse)
Table d’orientation de Gonçon à Autrans-Méaudre (Vercors).
Table d’orientation Olivier Messiaen (Matheysine).
Table d’orientation Olivier Messiaen (Matheysine).
Publié le : 
01 janvier 2017