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Le Département de l’Isère finance 26 centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) pour aborder sans tabous toutes les questions relatives à la vie affective et sexuelle. Reportage à Pont-de-Claix.

Par Annick Berlioz

  • Au centre de planification de Pont-de-Claix, quatre conseillères conjugales, un médecin, un gynécologue et une sage femme écoutent et conseillent.

 

« Quand j’ai poussé pour la première fois la porte d’un centre de planification, j’avais 15 ans : je souhaitais une contraception et pouvoir en parler librement », témoigne Manon, 21 ans, habituée du centre de planification et d’éducation familiale (CPEF) de Pont-de-Claix.

Pour aider les Isérois dans leur vie affective, le Département gère un réseau de 26 CPEF partout en Isère : des lieux ouverts à tous où il est possible d’être informé sur tout ce qui touche à la vie sexuelle et affective et d’accéder à la contraception en toute confidentialité.

On peut y être reçu seul, en couple ou en groupe. Pour les moins de 21 ans, les consultations sont gratuites, de même que les contraceptifs et les examens.

 

> LA CONTRACEPTION EST PLUS QU'UNE AFFAIRE DE SANTÉ

 

La première porte d’entrée est l’accès à la contraception. « Une demande de contraception relève de l’intime et fait écho à la vie affective, relationnelle et culturelle », explique Isabelle Maury, responsable du CPEF de Pont-de-Claix. Après un entretien avec un conseillère conjugal et familial, la personne est reçue par le médecin ou la sage-femme pour déterminer avec elle la méthode contraceptive la plus adaptée : patch, pilule, stérilet, anneau vaginal, implant, préservatif féminin ou masculin… « Notre rôle est d’informer. Car la meilleure contraception est celle que l’on choisit », poursuit Odile Tuloup, sage femme.

Le deuxième motif de consultation est le dépistage des IST (infections sexuellement transmissibles). Là aussi, la prise en charge est globale : écoute, prescription et traitement et orientation si besoin. Viennent ensuite les demandes concernant l’interruption volontaire de grossesse (IVG). « Cet acte n’est jamais anodin. Plusieurs entretiens avec la conseillère conjugale et familiale et l’équipe médicale sont proposés pour inviter la personne à donner du sens à ce qu’elle traverse », rajoute Odile Tuloup.

Les CPEF sont aussi des lieux d’aide et d’accompagnement pour toutes celles et ceux qui traversent des difficultés dans leur vie : conflits familiaux, séparations, problèmes parentaux, violences conjugales et sexuelles… « Dans ce cas, notre rôle est d’offrir un espace de parole pour les aider à activer les leviers qui leur permettent de devenir acteur de leur situation. »

Dernier champ d’action, les animations collectives. A ce titre, les CPEF organisent de nombreuses rencontres avec les collégiens et lycéens pour les sensibiliser à la sexualité et à la contraception.

Une première approche pour mieux faire connaître leurs missions auprès de la jeune génération.

Plus d’informations : www.isere.fr
 

LES CHIFFRES CLÉS

  • 26 centres de planification et d’éducation familiale et 10 antennes
  • Un financement de 4 millions d’euros par le Département
  • 24 325 personnes accueillies en 2015, dont 17 % de mineurs.
  • 25 882 entretiens avec une conseillère conjugale et familiale
  • 26 719  consultations médicales.
  • 46 904 participants, dont 36 413 scolaires à des animations collectives d’éducation à la sexualité.

INTERVIEW

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Frédérique Puissat, vice-présidente du Département, chargée de la famille, de l’enfance et de la santé
 

> « DES LIEUX D'ÉCOUTE ET DE PAROLE »
 

Isère mag : Le Département consacre chaque année 4 millions d’euros aux centres de planification et d’éducation familiale. Pourquoi ?

Frédérique Puissat : La planification est un axe fort de notre politique familiale. Nous voulons permettre à toutes les femmes de choisir leur mode de contraception en toute connaissance de cause, mais aussi éviter les grossesses non désirées. Ces centres jouent un rôle important auprès des toutes les populations. Car la contraception concerne toutes les familles. Ce sont aussi des espaces de parole pour les jeunes qui ont des difficultés à parler de leur sexualité avec leur famille ou leur médecin. Nous allons à ce titre créer un site Internet qui apporte des réponses à toutes leurs questions.

Isère mag : Quels sont vos objectifs ?

Frédérique Puissat : Près de la moitié des centres se situent dans l’agglomération grenobloise, soit une concentration deux fois supérieure au minimum légal. Notre objectif est d’assurer une meilleure équité d’accès sur l’ensemble du territoire en ouvrant de nouveaux centres, points d’information ou antennes dans les secteurs qui en sont dépourvus. Exemple à Mens dans le Trièves, où un projet est en cours avec l’hôpital de La Mure ou encore dans la Bièvre avec la Mission locale de La Côte-Saint-André et les médecins libéraux. Des structures devraient aussi voir le jour en Chartreuse et dans le Nord-Isère, autour de Crémieu.

 

Publié le : 
01 janvier 2017