DIABÈTE DE GROSSESSE :

SUCRES SOUS SURVEILLANCE

Santé

Près de 12 % des femmes enceintes seraient touchées par un diabète de grossesse. Un trouble en augmentation, qui peut être source de complications pour la mère et l’enfant.

Par Sandrine Anselmetti
 

  • A l’hôpital de Bourgoin-Jallieu, une infirmière, une diététicienne et une endocrinologue prennent en charge les femmes souffrant de diabète gestationnel.

 

En 2012, 8 % des femmes enceintes étaient concernées en France, contre 4 % en 2004. Le diabète gestationnel, aussi appelé "diabète de grossesse", touche plusieurs dizaines de milliers de femmes chaque année. « C’est un excès de sucre dans le sang dû à un trouble de la tolérance au glucose, qui survient pendant la grossesse et disparaît  en principe à l’accouchement », explique le docteur Hala Rachidi-Koussa, chef du service endocrino-diabétologie de l’hôpital Pierre-Oudot, à Bourgoin-Jallieu. 

Certaines femmes ont un risque plus élevé de développer un diabète gestationnel : âge supérieur à 35 ans, surpoids (indice de masse corporelle supérieur à 25), antécédents familiaux de diabète, un précédent bébé pesant plus de 4 kg ou un diabète gestationnel lors d’une précédente grossesse. « En présence de l’un de ces facteurs, un dépistage doit être systématiquement réalisé », souligne le médecin. En 2016, 280 femmes ont ainsi été prises en charge à l’hôpital Pierre-Oudot.

 

> UNE RISQUE DE CÉSARIENNE ACCRU
 

Les principales complications du diabète gestationnel sont un excès de poids pour le bébé (plus de 4 kg à la naissance), appelé "macrosomie", et une "prééclampsie" (hypertension artérielle) pour la mère, avec un risque accru de césarienne.

Par ailleurs, à  l’âge adulte, l’enfant aura plus de risque d’être obèse ou de souffrir d’un diabète de type 2, le plus répandu, qui peut entraîner une atteinte du cœur, des reins, des artères, des yeux et des nerfs. La mère, elle, présente un risque multiplié par sept de développer un diabète de type 2 après sa grossesse.

Pour éviter ces complications, une bonne hygiène de vie, une alimentation équilibrée et une activité physique régulière suffisent dans la plupart des cas à contrôler la situation. « La première mesure consiste en un rééquilibrage alimentaire. En parallèle, on demande aux patientes de surveiller leur glycémie, avant et après les repas », explique la chef de service.

Dans certains cas, si le taux de sucre reste trop élevé, un traitement à l’insuline sera nécessaire jusqu’à la fin de la grossesse. A l’hôpital de Bourgoin-Jallieu, un programme de prévention est spécialement dédié aux femmes ayant un très haut risque de développer un diabète de type 2 après leur grossesse (femmes obèses et traitées à l’insuline).

L’objectif : prévenir, dépister et prendre en charge très tôt cette maladie insidieuse qui touche déjà 3 millions de Français.

 

REPÈRES

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> UN RÉSEAU DE PROFESSIONNELS POUR VOUS ACCOMPAGNER

En Isère, 13 sages-femmes du Département suivent les grossesses à risque et participent au dépistage du diabète gestationnel.

Si besoin, elles orientent les futures mamans vers un service d’endocrino-diabétologie et contribuent à les aider à rééquilibrer leur alimentation et à surveiller leur glycémie au quotidien.

Publié le : 
01 janvier 2017