Ça s'explique

Ça s'explique

UN BUDGET RESPONSABLE ET AMBITIEUX

Le Département de l’Isère a voté son budget primitif 2017 le 16 décembre dernier. D’un montant de plus de 1,5 milliard d’euros, dont 1,2 milliard d’euros de dépenses de fonctionnement et 328 millions d’euros de dépenses d’investissement, c’est le premier budget public des 12 départements qui composent la nouvelle région Auvergne-Rhône-Alpes, hors Métropole de Lyon.
Présentation avec Jean-Pierre Barbier, président du Département de l’Isère.

 

  • Jean-Pierre Barbier

Jean-Pierre Barbier, président du Département de l'Isère

 

Isère mag : Quelle est la philosophie de ce budget 2017 ?

Jean-Pierre Barbier : Après un budget 2016 de rupture et de relance — la priorité était de redynamiser l’économie iséroise —, le BP 2017 s’annonce comme un budget volontariste, responsable et partenarial. Volontariste, par la poursuite des efforts d’investissement, responsable, par la baisse des dépenses d’administration générale, et partenarial, par ce dialogue renoué avec le monde de l’éducation, les collectivités et les seniors, notamment.

 

IM : Et dans le détail ?

JP Barbier : En matière d’investissement, nous allons injecter 328 millions d’euros pour soutenir l’économie locale, poursuivre la modernisation des collèges, développer le très haut débit. Notre volonté est aussi d’aménager les zones routières congestionnées, avec le doublement de la RD 1006 à L’Isle-d’Abeau, par exemple, le contournement d’Aoste, la desserte de l’hôpital de Voiron ou encore le projet d’aménagement de l’A480  et du Rondeau à Grenoble.

Nous allons aussi lancer un plan d’investissement de 10 millions d’euros pour la rénovation des établissements pour personnes âgées afin d’offrir à nos aînés des conditions de vie décentes, poursuivre les travaux de protection contre les crues de l’Isère ou encore, dans un autre domaine, construire un nouveau site pour les Archives départementales.

En ce qui concerne la maîtrise des charges, il nous a fallu cette année encore résoudre une délicate équation : faire plus, faire mieux, avec moins. En effet, ce budget a été élaboré dans un contexte marqué par d’importantes baisses de recettes et, notamment, celle versée par l’Etat, la Dotation globale de fonctionnement. En montant cumulé, celle-ci a diminué de 160 millions d’euros en quatre ans !

Moins de recettes donc d’un côté, et plus de dépenses de l’autre, avec l’accroissement des dépenses sociales qui ont augmenté de plus de 17 % entre 2011 et 2015. Et comme nous avons pris le parti de ne pas augmenter la fiscalité et de maîtriser nos dépenses de fonctionnement, il nous a fallu être pragmatiques et, pour tenir le cap, nous recentrer sur nos compétences obligatoires : la protection de la famille, le soutien aux personnes âgées et handicapées, l’insertion, les collèges, l’aménagement et l’attractivité du territoire… Des thématiques qui composent ce que j’appelle le « bien vivre ensemble en Isère ». Toutes ces politiques voient leur budget en hausse ou reconduit cette année.

 

IM : La réforme territoriale aura-t-elle des incidences financières pour le Département ?

J.P B : Oui et non. Le transfert de certaines compétences à Grenoble-Alpes Métropole, 442 km de routes, notamment, mais aussi le fonds d’aide aux jeunes, le dispositif de prévention spécialisée et, sur le périmètre métropolitain, les actions touchant au tourisme et à la culture nous obligent à signer un chèque de 18 millions d’euros à partir de cette année. Mais cela ne représente au final que 1,2 % de notre budget !
Par ailleurs, 90 millions d’euros seront versés à la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour les transports interurbains et scolaires, mais cette compétence sera redéléguée au Département jusqu’en 2022.

LE BUDGET 2017 EN VIDÉO

LE BUDGET 2017 : LE REPORTAGE DE TÉLÉGRENOBLE

LE POINT AVEC

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Pierre Gimel, vice-président chargé des finances et des ressources humaines
 

Isère mag : Comment a été construit ce budget 2017 ?

Pierre Gimel : Sur la forme, il faut que les Isérois sachent que ce sont leurs élus qui élaborent le budget aujourd’hui. Si les dépenses obligatoires et principalement celles liées à l’action sociale sont sanctuarisées, toutes les variables sont discutées et arbitrées.

Sur le fond, ce budget a été élaboré comme l’an passé, en fonction des choix politiques de notre majorité. Comme nous avons décidé de ne pas accroître la pression fiscale et donc de ne pas augmenter les taxes sur le foncier bâti et les droits de mutation, les ressources collectées par le Département ne bougent pas. Celles versées par l’Etat sont, en revanche, en forte diminution, ce qui nous oblige à appliquer une politique rigoureuse. Elle se traduit par des arbitrages et une rigueur de gestion dans notre fonctionnement interne.

 

I-M : Les arbitrages ?

P.G : Nous avons recentré les actions du Département sur ses compétences en ne finançant plus celles qui ne sont pas de son ressort comme la politique de la ville, par exemple, ou l’aide aux  missions locales. Effet induit, cela nous permet d’augmenter les budgets alloués à nos compétences obligatoires. Nous avons préféré cette méthode plutôt que passer un coup de rabot dans toutes nos politiques.

 

I-M Comment se traduit la rigueur de gestion ?

P.G : Tous les budgets qui concourent à notre fonctionnement sont stabilisés ou en diminution par rapport à l’an passé : celui consacré aux frais généraux a, par exemple, diminué de 5,4 % par rapport à 2016.

Ce qui n’empêche pas le Département de créer des emplois tout en développant le dialogue social. Depuis l’an passé, nous avons réinternalisé certaines de nos activités qui étaient auparavant sous-traitées à des organismes extérieurs : l’autonomie, l’aménagement numérique, les constructions publiques ou l’environnement. Ainsi, la gestion et la surveillance des Espaces naturels sensibles sont désormais effectuées par des agents départementaux, avec la création d’une dizaine de postes.

Au final, cela coûte moins cher à la collectivité avec plus d’efficacité et une meilleure homogénéité de nos actions sur le territoire.
 

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Publié le : 
01 janvier 2017