ARAYMOND

APPUIE SUR LE BOUTON

Economie

Après avoir inventé le bouton pression il y a 150 ans, le Grenoblois ARaymond est devenu aujourd’hui leader mondial dans la fixation pour l’automobile et pourrait bien s’imposer aussi dans la santé.
 

Par Annick Berlioz

  • Antoine Raymond , 5e génération d’une lignée d’entrepreneurs.
  • Parmi les innovations, RayDyLyo, un système de fermeture tout plastique pour l’industrie pharmaceutique.

 

« Il n’y a pas un constructeur automobile dans le monde qui n’utilise nos produits. Sur certains véhicules, on dénombre jusqu’à 1 000 pièces qui sortent de nos usines pour fixer les câbles électriques, le tableau de bord ou encore les garnitures d’habillage », précise Antoine Raymond, actuel gérant du réseau ARaymond, le 5e de la génération d’une entreprise familiale résolument tournée vers l’avenir.

ARaymond, c’est l’histoire d’une lignée d’entrepreneurs qui a su relever tous les défis. L’aventure débute à Grenoble en 1865 : la ganterie est alors à son apogée. Pierre-Albert Raymond, un mécanicien compagnon du tour de France, surfe sur la vague en inventant le premier bouton à hélice pour la maroquinerie. Avec Benoît Allègre et Alexandre Guttin, il fonde une entreprise au centre de Grenoble, qui deviendra quelques années plus tard ARaymond.

En 1886, il est au sommet de sa gloire avec l’invention du bouton-pression, un procédé breveté et révolutionnaire basé sur le boutonnage mécanique. Dès lors, la société n’aura de cesse d’imaginer des solutions de fixations innovantes applicables à d’autres industries.

 

> UNE GRANDE CAPACITÉ D'INNOVATION
 

Dans les années 1950, ARaymond entre dans une nouvelle ère avec l’achat de premières presses à injection plastique. Elle conçoit alors de nouvelles pièces pour l’automobile et s’impose progressivement comme un fournisseur de premier plan en matière de solutions d’assemblage et de fixation pour de nombreuses filières ; elle a aussi mis au point des adhésifs ultra-performants.

Aujourd’hui, l’entreprise est présente sur les cinq continents dans 25 pays et dispose d’un catalogue de 35 000 produits. Pour autant, elle a conservé son siège historique dans la capitale des Alpes et reste implantée en Isère, où se trouvent cinq usines, dont trois à Saint-Egrève, une à Grenoble et une à Chatte dans le Sud-Grésivaudan.

A plus de 150 ans, son succès est toujours lié à sa capacité d’innovation. Outre l’automobile qui représente 90 % de ses activités, ARaymond met son expertise au profit de nombreux secteurs, comme l’agriculture (il est l’un des leaders pour la fixation des plans de tomates), le photovoltaïque (fixation rapide des panneaux solaires) ou encore le bâtiment (mise au point d’une « agrafe tigre » pour supporter les faux-plafonds).

Plus récemment, le spécialiste de la fixation s’est développé dans la santé, avec une usine dédiée à Saint-Egrève. Parmi ses innovations, RayDyLyo, un système de fermeture tout plastique (alternative aux capsules aluminium) pour flacons stériles destinés à l’industrie pharmaceutique. Un nouveau relais de croissance qui pourrait la propulser sur ce nouveau marché en pleine santé.

 

LES CHIFFRES CLÉS

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  • Chiffre d’affaires : 1 milliard d’euros en 2015.
  • 6 200 salariés, dont 1 000 en France et 900 en Isère
  • 11 bureaux d’étude et 25 sites de production
  • 1 300 nouveaux produits par an
  • 1865 : invention du bouton pression

 

 ARAYMOND EN IMAGES 

Le siège social ARaymond à Grenoble, cours Berriat.
A l’intérieur de l’usine de Saint-Egrève
ARaymond, ce sont 900 salariés en Isère …
… et 6 200 dans le monde.
L’entreprise dispose d’un catalogue de 35 000 produits…
… et sort 1 300 produits nouveaux par an.
Publié le : 
01 janvier 2017