NATURE

ET AMÉNAGEMENTS

Agriculture, Nature et Aménagements

FABIEN MULYK
vice-président du Département délégué à l’environnement et à la filière bois


L'ISÈRE PROTÈGE SON « POUMON VERT »


Pour protéger et mettre en valeur le patrimoine naturel remarquable de l’Isère, le Département coordonne le réseau des espaces naturels sensibles. Sa priorité : une gestion durable de ce patrimoine, pour préserver les milieux naturels et les faire découvrir à tous les publics.
 
L’Isère a la chance de posséder une faune et une flore d’une richesse exceptionnelle : 83 espèces de mammifères, 2 500 espèces de plantes sauvages, 250 espèces d’oiseaux… Un patrimoine naturel inestimable. Pour le préserver et le mettre en valeur, le Déparement a créé le réseau des espaces naturels sensibles (ENS). “La plupart de ces sitesremarquables sont ouverts au public. Nous souhaitons sensibiliser les Isérois à la biodiversité et à la découverte des milieux naturels de notre territoire. Montagnes, prairies, forêts, zones humides… L’Isère possède une véritable mosaïque de milieux, parfois méconnue”, explique Fabien Mulyk, vice-président du Département délégué à l’environnement. 
 
De mai à septembre, le Département mobilise des animateurs ENS pour proposer des visites guidées gratuites. En 2017, 14 guides répartis sur 21 ENS ont accompagné 10 500 personnes : c’est trois fois plus qu’en 2015 et, face à ce succès, 16 guides nature interviendront cette année, sur une période plus longue.
 
En 2017, le Département a notamment lancé la campagne d’animations « Nature et lien social » pour favoriser l’accès aux personnes à mobilité réduite et aux publics « fragiles » éloignés des espaces de pleine nature : personnes âgées, en situation de handicap, en difficulté d’insertion…
 
Par ailleurs, l’opération « À la découverte des ENS » a permis à 20 000 enfants de visiter un ENS dans le cadre scolaire. Parmi eux, 4 300 collégiens : un nombre qui a été multiplié par quatre depuis 2014.

 

> INVESTIR POUR L'AVENIR

 

En parallèle, les dépenses de fonctionnement des ENS ont diminué de façon conséquente par rapport à 2015, notamment grâce au choix d’une gestion en direct. “Cela a permis de doubler les investissements et d’acquérir le foncier nécessaire à la création de nouveaux ENS”, souligne Fabien Mulyk.

Le montant des investissements réalisés en 2017 s’élève à 1,7 million d’euros. Aménagement d’observatoires, sentiers balisés, panneaux d’information… autant de moyens de rendre la visite agréable et accessible. “L’objectif  est aussi de  valoriser l’histoire de ces espaces, le patrimoine bâti, les pratiques et traditions agricoles, ainsi que les activités économiques”, poursuit-il.

De nombreux bâtiments situés dans les ENS ont ainsi été restaurés, comme la ferme de la tourbière du Peuil, près de Claix, et des vestiges historiques ont été valorisés. Aux Écouges, l’exploitation forestière a été relancée dans une logique de gestion raisonnée, en veillant à la régénération des espèces et au respect du site, pour récol- ter 2 000 mètres cubes de bois. “Les ENS sont des lieux de préservation, d’éducation, mais aussi une vitrine de bonnes pratiques, de partage des espaces et de conservation des usages”, conclut l’élu. 

 

 REPÈRES 

  •  17 ENS départementaux
  • 124 ENS communaux
  • 180 000 personnes par an sur les ENS départementaux
  • 10 500 participations aux animations avec les animateurs ENS en 2017
  • 20 000 scolaires ont bénéficié des visites en 2016-2017

 

 LA FAMILLE DES ENS S'AGRANDIT 

Grâce à une gestion plus durable, les investissements ont augmenté de 120 % depuis 2015 : 288 hectares supplémentaires ont ainsi été acquis et 14 nouveaux sites locaux ont été labellisés.

Parmi eux : l’étang Neuf à Bossieu, en Nord-Isère, les gorges du Nan, dans le Vercors, le marais de Serre-de-Peyraret, dans le Trièves… Des sites répartis sur tout le territoire isérois.

ROBERT DURANTON
vice-président du Département chargé de l’agriculture


LES AGRICULTEURS DOIVENT POUVOIR VIVRE DE LEUR MÉTIER


Le Département, qui consacre chaque année 8,4 millions d’euros à l’agriculture, veut renforcer les filières agricoles en développant les circuits courts et en assurant une meilleure promotion des produits locaux. Objectif : permettre aux agriculteurs de vivre de leur activité.
 
En France, un tiers des agriculteurs touche moins de 350 euros par mois. Conséquence, de nombreuses exploitations sont menacées de disparition. “Cela fait longtemps que les paysans n’arrivent plus à vivre de leurmétier. Cette situation est d’autant plus préoccupante que ce sont eux qui remplissent nos assiettes. Si demain notre agriculture succombe, nous ne  pourrons plus nous nourrir seuls et serons dépendants d’autres pays”, proteste Robert Duranton, vice-président du Département chargé de l’agriculture. 
 
Face à l’ampleur du malaise, le Département s’est engagé dans une politique ambitieuse de soutien aux agriculteurs pour qu’ils écoulent mieux leurs productions. Le premier signal est intervenu en juillet 2015, au pic de la crise laitière et bovine, avec le vote d’une enveloppe de 1 million d’euros sous la forme d’aides directes aux agriculteurs en difficulté. Au total, 915 exploitants en ont bénéficié.

 

> AGIR SUR LE LONG TERME

 

Outre ces solutions d’urgence, le Département a aussi décidé d’agir sur le long terme en renforçant les liens entre les consommateurs et les producteurs grâce à des systèmes plus performants et mieux adaptés aux besoins. “Mieux que des subventions, il s’agit de donner aux agriculteurs les moyens de conquérir de nouveaux clients en développant des circuits de proximité. Il est important qu’ ils puissent vivre de leurs productions !”, explique Robert Duranton.
 
Des aides sont ainsi attribuées à tous ceux qui souhaitent se moderniser et créer des ateliers de transformation fermière pour apporter une valeur ajoutée à leurs produits. Dans cette logique, le Département s’est également engagé à requalifier l’abattoir du Fontanil-Cornillon avec l’objectif d’améliorer sa performance et de développer de nouvelles filières, comme la découpe de viande et la transformation de produits carnés.
 
Autre projet-phare, la création d’un pôle agroalimentaire qui doit permettre de structurer les différentes filières (lait, viande, fruits et légumes et céréales) afin que les agriculteurs retrouvent des marges de négociation dans leurs relations avec les transformateurs et les distributeurs. Le pôle agroalimentaire recrée le lien de confiance, qui s’était distendu ces dernières années, entre l’ensemble des acteurs de la filière.
 
Ce travail d’animation est assuré depuis plus d’un an par Nathalie Garçon dont la principale mission est de faire coïncider le plus possible l’offre et la demande locale en veillant à ce que chacun soit rémunéré à sa juste valeur.
 
Enfin, mieux faire connaître nos produits. Les Français, on le sait, sont les champions du monde du temps passé à table et sont passionnés de gastro- nomie. Pour les inciter à pré- férer les produits de l’Isère, le Département va créer une marque territoriale avec trois promesses : l’origine locale, un prix juste pour le producteur et la garantie de qualité.
 

 EN CHIFFRES 

  • 6 500 exploitations sur une surface agricole représentant 37 % de son territoire
  • 56 % sont consacrés à l’élevage
  • 8,4 millions d’euros

 

 REPÈRES 

L'ISÈRE RÉGALE LES COLLÉGIENS
 

Aujourd’hui, les huit cuisines mutualisées des collèges et leurs 57 cuisines satellites (environ 3 millions de repas) achètent près de 33 % de denrées locales, contre 23 % en 2014. 20 % sont issus de l’agriculture biologique iséroise contre 17 % il y a quatre ans : fruits, légumes, fromages, produits laitiers, viandes. 

Le Département accompagne des initiatives identiques auprès des collectivités pour les cantines scolaires, les établissements d’accueil pour les personnes âgées ou en situation de handicap ainsi que pour la restauration collective dans les entreprises et les administrations.

CHRISTIAN RIVAL
premier vice-président du Département chargé de l’aide aux communes


AUX CÔTÉS DES COMMUNES


Premier partenaire financier des communes et des intercommunalités, le Département soutient leurs projets pour améliorer la qualité de vie partout en Isère.
 
Quel est le point commun entre la construction d’une école maternelle à Monestier-de-Clermont, un grand projet de développement touristique autour du vélo dans le Sud-Grésivaudan ou encore la construction d’un nouveau centre nautique intercommunal à Pontcharra ? Tous ces projets, portés par des communes ou des intercommunalités de l’Isère, sont soutenus par le Département.

 

> UN « ALLIÉ » DES COMMUNES

 

Depuis 2015, 48 millions d’euros de subventions départementales sont accordés chaque année en moyenne pour aider les projets d’investissement des communes et des intercommunalités. Un budget en hausse, malgré le contexte national de raréfaction de l’aide publique.

“Le Département reste le premier partenaire financier des communes et des intercommunalités. Et parfois leur seul ‘allié’. Notre volonté est de les soutenir, dans un souci permanent de proximité, de solidarité et d’équité entre les territoires, pour améliorer partout la qualité de vie des Isérois”, souligne Christian Rival, vice-président du Département chargé de l’aide aux communes.

Pour tenir compte de la diversité des territoires de l’Isère, les subventions d’investissement aux communes se répartissent en deux enveloppes : une « dotation départementale » pour les politiques nécessitant une gestion à l’échelle du département (transports, gymnases, logement social, réseaux…) et, pour les autres, une « dotation territoriale » répartie entre les 13 territoires de l’Isère, en fonction de leur superficie et de leur population. “Celle-ci permet une approche plus fine des besoins locaux et des réalités du terrain, en donnant plus de liberté et de responsabilité aux élus du territoire”, explique Christian Rival.

Ainsi, chaque année, trois conférences sur chacun des 13 territoires permettent aux maires, présidents d’intercommunalité et conseillers départementaux de déterminer ensemble leurs priorités pour le financement de leurs projets. “C’est une décision collective, en concertation, avec des représentants des petites et des grandes communes autour de la table. On choisit des projets structurants pour le territoire, mais aussi des petits projets, importants à l’échelle d’un village”, poursuit l’élu. 

Dans le cadre de son plan de relance, le Département a alloué en 2015 un bonus de 10 % sur les projets d’investissement des communes pour accélérer leur mise en chantier. Il a aussi lancé un appel à grands projets portés par les intercommunalités mobilisant 22 millions d’euros. “D’ici à 2021, notre objectif est que 100 % des communes iséroises aient été aidées pour la réalisation d’un de leurs projets”, conclut l’élu.
 
 

 ZOOM 

SIMPLIFICATION ET EFFICACITÉ

Pour améliorer l’aide aux communes, le Département a procédé à une importante simplification de ses procédures administratives depuis 2015. Il travaille aussi à une meilleure coordination avec la Région et l’État pour faciliter l’accès aux aides publiques et ainsi sécuriser la faisabilité des projets communaux et intercommunaux.

Par ailleurs, pour aider les intercommunalités dans la prise en charge de leurs nouvelles compétences et permettre des échanges sur les grandes problématiques en Isère, il a créé une instance de proximité réunissant les présidents des 19 intercommunalités de l’Isère.

 

 REPÈRES 

DES SERVICES À PROXIMITÉ

En 2017, l’Isère a été le premier département d’Auvergne-Rhône-Alpes, et le quatrième de France, à signer son schéma d’amélioration de l’accessibilité des services au public. Un enjeu majeur, notamment dans les zones rurales. Ce schéma permet une concertation et une mutualisation entre les opérateurs de service.

Cela se traduit notamment par un accès et un accompagnement des usagers (orienter efficacement, éviter la fracture numérique, accompagner les publics en difficulté d’accès…) aux services dont ils ont besoin sur leur territoire.

Depuis 2015, 11 maisons de services au public ont ainsi été labellisées en Isère.

 

CHRISTIAN COIGNÉ
vice-président du Département chargé du logement


UN HABITAT RÉNOVÉ ET DURABLE


Le Département poursuit sa lutte contre le mal-logement et s’attache à agir de manière préventive sur les difficultés de maintien dans le logement.
 
Côté logement, tous les signaux sont au vert pour investir en Isère : des prix stables, des taux bancaires bas et des frais d’acquisition parmi les plus faibles de France – l’Isère étant l’un des trois départements à ne pas avoir augmenté la fiscalité sur les transactions immobilières.
 
Pourtant, dans un département attractif et dynamique sur le plan économique, où la demande de logements est forte et les loyers assez élevés, nombre de ménages ont des difficultés pour accéder à un logement, pour s’y maintenir ou sont touchés par le « mal-logement » : habitat insalubre, indécent, trop cher ou énergivore. En Isère, on estime que 12 000 logements sont « indignes ».
 
Le Département, chef de file de l’action sociale et de la solidarité entre les territoires, joue un rôle-clé dans l’amélioration de l’habitat. “L’une de nos priorités est la lutte contre la précarité énergétique”, souligne Christian Coigné. En Isère, 44 % des logements ont été construits avant 1974, date de la première réglementation thermique, et sont donc souvent énergivores.

 

> EN FINIR AVEC LES « PASSOIRES ÉNERGÉTIQUES » 

 

Chaque année, le Département aide 6 000 foyers en difficulté à régler leurs factures de chauffage. “On s’est aperçu que cela représentait 40 % des aides aux ménages du Fonds de solidarité logement. Plutôt que de continuer à verser des aides « à fonds perdu », nous avons décidé d’investir dans la rénovation thermique”, poursuit l’élu.
 
D’où la décision, dès 2016, de transférer les fonds destinés à la construction de logements sociaux vers la rénovation énergétique. “Des subventions sont attribuées aux locataires et propriétaires du parc privé qui engagent des travaux. L’autre objectif est d’aider les bailleurs sociaux qui souhaitent acquérir et rénover des immeubles construits avant les années 1970”, explique Christian Coigné. Le Département intervient aussi pour soutenir la rénovation des logements communaux, pouvant être utilisés comme hébergements d’urgence.
 
Le logement est un domaine complexe, avec un grand nombre d’intervenants financés par le Département : Soliha, spécialiste de la rénovation, Soleni, qui conseille pour réduire sa consommation d’énergie, ou encore « Un toit pour tous », qui lutte contre le mal-logement.
 
Premier partenaire des communes iséroises, le Département entend accentuer son rôle de conseil auprès des élus et des particuliers, via l’Agence départementale d’information sur le logement (Adil). Il a notamment créé Allô Isère Logement, un numéro unique pour répondre à toutes les questions concernant l’habitat.
 

 REPÈRES 

L'ACTION DU DÉPARTEMENT
  • 12 000 ménages par an accompagnés pour l’accès et le maintien dans le logement
  • 800 rénovations thermiques de logements sociaux aidées
  • 500 ménages du parc privé aidés (travaux d’isolation et d’adaptation)
  • 1 million d’euros investi au titre du dispositif « Mieux habiter et sortir du mal-logement »

 

 ZOOM 

ALLÔ ISÈRE LOGEMENT
 
Ce numéro met en lien les Isérois qui ont des questions sur l’habitat (location, achat, fiscalité, aux, difficultés financières, copropriété…), avec professionnels spécialisés délivrant des conseils gratuits par téléphone ou sur rendez-vous.
Numéro gratuit : 04 58 17 65 09
 
 

BERNARD PERAZIO 
vice-président du Département chargé de la voirie


ANTICIPATION ET RÉACTIVITÉ

Isère Mag : Vous êtes depuis trois ans en charge de la voirie départementale. Quelles sont ses caractéristiques ?
 
Bernard Perazio : Notre réseau routier, soit 4 680 kilomètres, est très contrasté, ce qui nous oblige à mobiliser des moyens conséquents sur des problématiques très diversifiées, que l’on soit proche de la vallée du Rhône, en plaine ou en montagne, où nous comptabilisons plus de 1 000 kilomètres de chaussées à plus de 800 mètres d’altitude. 
 
Nous sommes aussi amenés à gérer des opérations très importantes à proximité des grandes agglomérations comme Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Vienne, La Tour du Pin ou encore Voiron, mais aussi des dossiers tout aussi prégnants pour garantir, notamment en hiver, l’accès à nos villages de montagne. Sachant que la route représente près de 90 % de nos modes de déplacement, le maintien par tout temps et en toutes circonstances du service est essentiel.
 
 
I. M. : Quels sont les dossiers qui vous ont le plus mobilisés ?
 
B.P. : Il n’y a pas de petits ou de grands dossiers. En matière d’aménagement routier, il faut distinguer deux types d’opérations : celles qui ont été programmées à l’avance, comme les déviations de La Mure ou d’Aoste, la sécurisation des routes de Chartreuse ou encore la reconstruction du pont de Saint-Quentin-sur-Isère ; et les chantiers liés aux risques naturels. 
 
Avec nos caractéristiques géographiques et climatiques, nous ne sommes jamais à l’abri de chutes de neige importantes, d’un glissement de terrain, d’un éboulement de falaise ou, pire, de l’effondrement d’un ouvrage d’art, comme celui du tunnel du grand Chambon, en avril 2015. Cette opération de reconstruction a mobilisé nos services pendant 30 mois, et je suis très heureux que l’on ait pu rouvrir cet axe en décembre dernier. 
 
Mais je pourrais citer la sécurisation des gorges de la Bourne, celle des gorges du Furon et du tunnel de Saint-Pancrasse, la réouverture, sous 48 heures, des routes impactées par la tempête Eleanor et encore tout dernièrement à Pont-en-Royans. Nos services, ingénieurs, techniciens et agents ont fait preuve d’une belle réactivité et d’un remarquable professionnalisme !
 
 
I. M. : Quelles sont les opérations programmées d’ici à 2021 ?
 
B.P. : Nous participons au réaménagement de l’A480 et du Rondeau dans l’agglomération grenobloise mais également, en Sud-Isère, à la sécurisation de la RD 1075 entre Monestier-de-Clermont et Lus-la-Croix-Haute. Sur cet itinéraire, les accidents qui se succèdent sont restés trop longtemps sans réponse ! 
 
Il en est de même sur l’axe de Bièvre entre Saint-Siméon-de-Bressieux et Marcilloles, où nous allons entreprendre des travaux de sécurisation. Nous sommes aussi présents dans le Pays voironnais avec d’importants projets, comme l’accès au nouvel hôpital de Voiron, la liaison directe Moirans-Champfeuillet ou encore la déviation de Chirens. 
 
En Nord-Isère, nous poursuivons le chantier de la RD 1006 à hauteur de Bourgoin-Jallieu ainsi que l’amélioration de la traversée de Saint-Savin sur la RD 522. Les problématiques posées par les poids lourds qui arrivent de l’Ain pour se rendre sur les zones logistiques de Chesnes-Saint-Éxupéry sont traitées en étroite collaboration avec nos homologues du Département du Rhône.
 
 
I. M. : Et qu’en est-il des modes doux ?
 
B.P. : En trois ans, nous aurons ouvert près de 90 kilomètres de voies cyclables partagées ou de voies vertes. L’objectif ? Changer les habitudes et accompagner l’évolution des déplacements à deux-roues. Ces équipements représentent également un vecteur important de développement touristique et de loisirs pour les familles iséroises.
 

 

JEAN-CLAUDE PEYRIN
vice-président du Département chargé des transports et de la mobilité


EN CAR OU EN AVION, LE DÉPARTEMENT VOUS TRANSPORTE

Isère Mag : Au moment de votre prise de fonction, quels ont été vos dossiers prioritaires ?
 
Jean-Claude Peyrin : Ma première action a été de rétablir, dès septembre 2015, la gratuité des transports scolaires dans le périmètre de compétence du Département. Cette mesure a concerné 40 000 élèves et a redonné du pouvoir d’achat aux familles ( jusqu’à 231 euros par an et par enfant). 
 
Nous avons aussi volé au secours du syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération grenobloise (SMTC) en prenant en charge une partie de sa dette considérable de 700 millions d’euros, accumulée pendant quarante ans. Cette aide a permis de pérenniser le SMTC, dont la survie était menacée à court terme.
 
Nous avons organisé les « Rendez-vous de la mobilité » à Grenoble, Bourgoin-Jallieu et La Mure, pour faire le point sur la problématique des déplacements, dégager des priorités, comme la relance du projet d’aménagement de l’A480 et du Rondeau (qui a reçu un avis favorable à l’issue de l’enquête publique), et la mise en avant de projets ferroviaires, tel le renforcement de la ligne Grenoble-Lyon (optimisation du TER et réduction du temps de trajet du TGV). 
 
Ces rendez-vous ont également permis de définir les axes d’amélioration de notre réseau de transports collectifs pour l’adapter aux nouveaux besoins des Isérois. Améliorations que nous mettons en œuvre aujourd’hui.
 
 
I. M. : Vous évoquez les transports en commun, mais ce n’est plus une compétence départementale. Qu’en est-il exactement ?
 
J.-C.P. : Avec 125 millions d’euros en 2018, l’Isère est l’un des Départements français qui consacrent le plus de moyens au développement des transports en commun. Notre réseau, Transisère, est d’ailleurs l’un des réseaux interurbains les plus denses de France, avec sept lignes Express, 68 lignes départementales régulières, 382 lignes locales, essentiellement scolaires, et 11 millions de voyages sur l’année scolaire 2016-2017. 
 
Nous avons développé un outil numérique très performant, Itinisère (accessible sur Internet, en agences ou par appli mobile), destiné à faciliter les déplacements des Isérois en les informant sur l’offre de transports disponible en Isère et au-delà : car Transisère, réseaux urbains TAG, TouGo, Ruban, L’va, Voironnais, SNCF… La plateforme intègre également l’usage des « modes doux » : covoiturage, marche à pied, etc.
 
Conformément à la loi NOTRe, votée en 2015, nous avons remis, le 1er janvier 2017, les clés de nos autocars à la Région Auvergne-Rhô- ne-Alpes… qui nous les a aussitôt rendues dans le cadre d’une convention de délégation de compétence. Celle-ci court jusqu’au 31 décembre 2022 et concerne les transports interurbains, scolaires et à la demande. Nous restons en revanche pleinement compétents sur la prise en charge des élèves handicapés, le réseau de navettes Transaltitude, les nouvelles mobilités et la gestion de l’aéroport Grenoble Alpes Isère.
 
 
I.M. : Quid de l’aéroport ?
 
J.-C.P. : L’aéroport Grenoble Alpes Isère est l’une des portes d’entrée stratégique pour l’Isère. Près de 350 000 passagers le fréquentent chaque hiver. Le Département en est le propriétaire et le gestionnaire. Nous voulons que les Isérois bénéficient de son activité toute l’année. C’est pourquoi, nous avons ouvert depuis 2017 une nouvelle ligne régulière vers Londres à un coût très modeste. 
 
D’autres lignes pourraient suivre. Notre objectif est que l’aéroport Grenoble Alpes Isère devienne le deuxième de la Région AURA en dépassant 400 000 passagers à court terme.
 
 

 

Publié le : 
05 mai 2018