ENTREPRISE-RECHERCHE-INNOVATION

Entreprise, Recherche et Innovation

ANNICK MERLE
vice-présidente du Département chargée de l’innovation, de la performance des politiques départementales et des questions européennes


L'INNOVATION AU CŒUR DE NOS ACTIONS


Malgré la suppression de sa compétence économie, le Département veut continuer à contribuer au développement des territoires. Attractivité, innovation, recherche, fonds européens…,
il intervient partout où il peut soutenir les porteurs de projets.
 
En charge de l’économie au Département jusqu’en 2016, date à laquelle la loi NOTRe a positionné la Région comme le chef de file de l’action économique, Annick Merle a pris ses nouvelles délégations avec un maître mot : la transversalité !
 
“J’interviens dans de nombreux domaines où le Département est mobilisé, l’éducation, la recherche, l’autonomie des personnes fragilisées, l’insertion, la modernisation de l’administration ou encore l’Europe. Mon rôle est de développer des synergies pour nos territoires, de créerdes partenariats avec la société civile, de flécher l’argentpublic, pour qu’il soit dépensé là où il se doit, et d’analyser l’impact des politiques du Département.”
 
Une mission qu’elle mène avec une nouvelle approche dans certains secteurs. “Comme nous ne pouvons plus agir directement en faveur des entreprises, nous avons passé des conventions avec les chambres de commerce et d’industrie de Grenoble et du Nord-Isère ainsi qu’avec la chambre de métiers et de l’artisanat pour mener des actions ciblées en direction des TPE-PME”, poursuit-elle. Des programmes de formation sont ainsi conduits pour qu’elles puissent mieux accéder aux marchés publics.
 
Des réunions d’information sont également organisées pour présenter les chantiers du Département et expliquer dans quel cadre elles pourraient s’y associer.“Avec ma collègue Laura Bonnefoy, en charge de la dépendance et des handicaps, nous allons ainsi à la rencontre des artisans pour leur présenter l’outil IsèreADOM et, plus globalement, la silver économie afin qu’ils se positionnent davantage sur les marchés de la domotique, de la santé ou encore des loisirs...”

 

> L'INNOVATION EST PARTOUT

 

Autre univers, toujours en lien avec l’entreprise, les collèges. Avec les chambres consulaires, des animations sont menées dans les établissements comme l’opération « JPO School » pour sensibiliser les jeunes aux métiers de l’entreprenariat et de l’innovation.

Le secteur de la recherche n’est pas oublié avec, notamment, cette convention de partenariat avec le CEA. Parmi les actions fléchées : un soutien au programme Nano 2017, à PV Alliance, aux pôles de compétitivité et clusters ainsi qu’au futur Open Innovation Center (Centre d’innovation ouvert). Ce projet, financé à hauteur de 4 millions d’euros par le Département, a pour objectif d’ouvrir la recherche et l’innovation, créateurs de valeur ajoutée et de compétitivité, à l’ensemble des acteurs : chercheurs, start-ups, entreprises, étudiants… 

Enfin, au moment où l’argent public se fait rare, Annick Merle anime un comité d’évaluation interne au Département pour identifier et résoudre les éventuels dysfonctionnements de ses politiques publiques ainsi qu’une cellule de veille, baptisée « Europe, recherche et grands projets », destinée à repérer les fonds européens susceptibles d’accompagner les initiatives du Département : en matière d’éducation, par exemple, avec le programme Erasmus+ ou de déplace- ments, avec le projet Samba qui promeut le covoiturage et les transports en commun dans les pays de l’arc alpin ou encore Scoop, projet relatif aux véhicules connectés. 

 

DAMIEN MICHALLET
vice-président délégué du Département chargé de l’aménagement numérique


TRÈS HAUT DÉBIT : UNE FILIÈRE CRÉATRICE D'EMPLOIS

 
Avec l’ambition de raccorder 100% du territoire isérois au Très Haut Débit (THD) d’ici à 2024, le Département poursuit le déploiement de la fibre optique. Un chantier qui contribue à l’émergence d’une nouvelle filière économique. 
 
Depuis janvier 2017, le chantier Isère THD bat son plein aux quatre coins de l’Isère. Objectif : construire une « autoroute » de fibre optique, capable de véhiculer à très grande vitesse (plus de 30 mégabits par seconde) jusqu’à notre écran les énormes masses de données (documents, vidéos, photos…) nécessaires pour le travail, les loisirs, les démarches administratives…
 
SFR Collectivités, délégataire du Département, s’est engagé à faire travailler en priorité, via sa filière Isère Fibre, des entreprises disposant d’une implantation locale pour créer ce réseau. Parmi elles, ERT Technologies, à Moirans, a déjà constitué une équipe de 20 personnes dédiée au projet – dessinateurs-projeteurs, négociateurs, personnel administratif… “Nous serons une cinquantaine d’ici à la fin de cette année, plus 350 emplois en sous-traitance sur le terrain”, précise son responsable, Fabrice Mounier.
 

 

> DES OPPORTUNITÉS POUR LES PERSONNES EN INSERTION

 

Ce sont ainsi 2 200 emplois qui devraient être créés d’ici à 2020 dans cette filière. Monteurs-raccordeurs, tireurs de câbles ou techniciens de réseau : “La demande de profils spécialisés est en train d’exploser !”, affirme Jérôme Boulle au groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification dans le BTP (GEIQ BTP) Isère-Drôme-Ardèche.
 
Pour répondre aux besoins, cet organisme a mis au point avec Isère Fibre (une filiale de SFR-col- lectivités) et ERT Technologies, en partenariat avec le Département de l’Isère, un programme de formation destiné aux publics éloignés de l’emploi. Les 15 premiers candidats ont dernièrement signé un contrat de formation en alternance au métier de raccordeur-soudeur, avec un diplôme et une promesse d’embauche durable à la clé.
 
Le Département veut en effet s’appuyer sur le projet THD pour impulser une dynamique d’insertion avec les entreprises partenaires. Depuis le lancement du chantier, plus de 20 personnes en parcours d’insertion, dont un tiers d’allocataires du RSA, ont déjà été recrutées, tous profils confondus (dessinateurs en bureau d’études, techniciens, opérateurs de travaux…).
 
Au total, sur ce projet, 264 000 heures de travail seront réservées à ces publics. Une aubaine pour l’emploi et le retour à l’emploi en Isère !
 
 

INTERVIEW

Isère Mag : Quel est l’enjeu de ce projet Isère THD ?

 
Damien Michallet : Isère THD est l’un des réseaux les plus ambitieux portés à l’échelle nationale, dans le cadre du Plan France Très Haut Débit.
 
Il s’agit du réseau d’initiative publique le plus important mis en œuvre par un Département : ce sont 300 millions d’euros d’investissement public qui résultent d’un partenariat qui fédère autour de l’Isère, l’Europe, l’Etat, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et l’ensemble des intercommunalités du Département.
 
Il est à la hauteur des enjeux, car l’accès au Très Haut Débit est stratégique pour les collectivités, les habitants et, surtout, les entreprises.
 
Sans initiative publique, en l’occurrence du Département, 92 % du territoire isérois serait resté privé d’accès au THD.
 
En mars de cette année, ce sont déjà 13 000 prises, dont 1 428 destinées aux entreprises, pour lesquelles les travaux de raccordement aux abonnés ont débuté.
 
Et d’ici à 2024, 100 % des communes iséroises seront desservies.
 

JULIEN POLAT
vice-président du Département chargé du plan de relance, des grands projets et du contrat de plan État-Région


INVESTIR POUR L'ISÈRE AVEC LES ISÉROIS


Plan de relance, charte de la commande publique, soutien à l’agriculture et au tourisme… le Département encourage l’activité économique locale et favorise l’emploi. Partout et pour tous.
 
Si la loi NOTRe a confié aux Régions et aux intercommunalités la compétence économie, le Département a gardé les moyens de rendre le territoire attractif et de créer les conditions d’investissement pour les entreprises et les collectivités locales. “Indépendamment de la redis- tribution des compétences, le Département a une  responsabilité importante en matière économique et sociale. Il entend poursuivre ses actions pour développer les territoires et soutenir l’emploi, affirme Julien Polat. Pour cela, il dispose de plusieurs leviers, avec en premier lieu son plan de relance, voté en avril 2015.”
 
À un moment où l’activité économique était morose et les chiffres du chômage à leur plus haut niveau depuis quinze ans, le Département a décidé d’injecter 100 millions d’euros sur trois ans pour soutenir notamment le secteur du BTP. Premier partenaire des communes et des intercommunalités, c’est tout naturellement vers ces collectivités qu’il s’est tourné en leur offrant la possibilité de débloquer les programmes d’investissement en attente, avec des subventions majorées.
 
En trois ans, cette mesure a permis l’ouverture de près de 1 100 chantiers partout en Isère, des travaux qui ont profité aux petites entreprises comme aux plus grandes : chantiers de restau- ration d’édifices patrimoniaux, comme l’église de Goncelin ou la tour Rambaud à Bressieux ; équipements structurants, comme la mise aux normes et l’extension de la station d’épuration Aquavallées en Oisans ; aménagements routiers, comme l’accès au futur hôpital de Voiron ou l’aménagement d’un carrefour à Morestel.
 
Ce plan a généré au total 400 millions d’euros de travaux qui ont profité à 75 % aux entreprises iséroises et à 20 % aux entreprises de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
 

 

> FACILITER LES PROCÉDURES

 

Autre levier, la charte de la commande publique. Avec un budget d’investissement de 338 millions d’euros voté en 2018, le Département est un prescripteur important : marchés de travaux, de services, de fournitures… “On constate pourtant que les petites et moyennes entreprises ont des difficultés à répondre aux marchés publics, jugés trop complexes et difficiles d’accès”, poursuit Julien Polat.
 
Pour augmenter leur part dans l’obtention des marchés départementaux, le Département a coécrit et cosigné avec les organisations professionnelles et les chambres consulaires une charte qui apporte plusieurs améliorations : la facilitation des procédures, l’accélération de l’achat et des paiements et un meilleur ciblage des entreprises. Elle intègre également des critères sociétaux au bénéfice des allocataires du RSA et des jeunes en apprentissage.
 
Enfin, dernier levier, la constante économique est sous-jacente dans toutes les politiques du Département : l’agriculture, par exemple, avec la création d’un pôle agroalimentaire, la culture et le patrimoine, qui jouent un rôle important pour la vitalité des territoires, ou encore le tourisme, qui bénéficie d’un soutien très offensif.
 
 
Publié le : 
05 mai 2018