DU SKI AUX SPORTS D’HIVER,

LE RÊVE BLANC

Exposition

Après vingt-cinq ans, l’exposition du Musée dauphinois sur la grande histoire du ski devait être remise au goût du jour : le matériel, les glisses, les attentes des visiteurs, tout a changé ! Une épopée que met en scène et en perspective cette nouvelle présentation, d’hier à demain…

 

L’air pur, les grands espaces immaculés, le teint hâlé, le ressourcement familial au coin du feu… Depuis la Belle Époque, les valeurs rattachées à la montagne et aux sports d’hiver restent inchangées !
 
“Huit jours de ski, les joues roses”, clame une affiche. Un petit film du père Gavet, curé d’Autrans dans les années 1930, montre des enfants jouant à la bataille de boules de neige. Fini la vision d’une montagne hostile, où il faut affronter le froid et l’isolement.
 
Les plans de pistes idéalisés de Pierre Novat, ce peintre lyonnais prolifique qui révolutionna la représentation des Alpes, répondent à ce désir des aménageurs de remodeler la montagne pour les besoins d’évasion et de plaisir des citadins. Qu’importent les distances et les profondeurs de champ un peu distordues : le domaine skiable apparaît au centre de la composition, attirant et sécurisant pour les familles.
 
Grâce au fameux « Plan neige », la France dispose enfin dans les années 1970 d’une infrastructure touristique hivernale apte à rivaliser avec les stations autrichiennes, suisses ou italiennes : pas moins de 150 000 lits sont livrés en quatre ans dans 43 stations d’altitude.
 
Beaucoup, comme à Chamrousse, sont créées ex nihilo. Souvent conçues par de grands architectes tels que Laurent Chappis, elles apparaissent comme d’immenses paquebots posés au milieu de nulle part dans les photos aériennes d’Éric Dessert.
 
 
 

> OR BLANC ET ADRÉNALINE


 

Un panorama de 275 stations alpines de la société allemande Marmota Maps témoigne de cette économie européanisée des sports d’ hiver, qui a permis de maintenir toute une population en altitude. Une puissante industrie, concentrée à 80 % au cœur des Alpes, se développe en parallèle autour de l’aménagement de la montagne et des équipements de sports d’hiver : les remontées mécaniques de Pomagalski, les skis Rossignol, les doudounes Moncler s’exportent dans le monde entier…
 
La collection de skis du Musée dauphinois témoigne aussi de l’évolution fantastique du matériel, depuis les premières patinettes de bois testées par Henri Duhamel sur les pentes de Belledonne dès 1878 aux derniers skis paraboliques à taille de guêpe !
 
On fera connaissance avec une galerie de pionniers téméraires : l’exploratrice Marie Marvingt (la « fiancée du danger »), le champion Henri Allais, le Grenoblois Régis Rolland – premier snowboardeur d’Europe et héros d’Apocalypse Snow.
 
Car les gros enjeux d’aménagement du territoire ne doivent pas occulter la dimension plaisir de la glisse : en marge des activités traditionnelles de patinage ou de ski alpin, une foultitude de pratiques nouvelles et toujours plus dosées en adrénaline débarquent chaque hiver sur les pistes. Fat-bike, snake-glisse, snowkite ou snowlercoaster (mélange de bobsleigh, de luge et de descente où l’on s’élance depuis une tyrolienne). La quête d’ivresse n’a de limites que le risque de se retrouver en traumatologie. Qui n’est d’ailleurs pas oublié dans cette exposition !
 
On y rit aussi beaucoup. Les skieuses coquines des boules à neige témoignent de cette légèreté propre aux sports d’hiver. Mais force est de s’interroger également sur les défis imposés à la montagne face au changement climatique, à la mondialisation, à la diversification de l’offre aux quatre saisons.
 
Une série d’entretiens vidéo, “Neuf nuances de blanc”, invite à se projeter par-delà l’ivresse joyeuse des cimes et les nuages d’altitude pour imaginer de nouvelles pistes dès l’horizon 2020. “Pérenniser les Alpes comme le terrain de jeu de l’Europe est bien la prochaine victoire à remporter!”, conclut le commissaire d’exposition, Franck Philippeaux.
 

 

 PRATIQUE 

 
« Le rêve blanc : l’épopée des sports d’hiver dans les Alpes »
 
À partir du 19 avril. Au Musée dauphinois, à Grenoble.
 
 
 

 QUELQUES AFFICHES EN IMAGES 

Publié le : 
05 mai 2018