HAUTES GLACES

UN WHISKY HORS PISTES

Distilleries made in Isère

À Saint-Jean-d’Hérans, l’atypique ferme-distillerie du domaine des Hautes Glaces fabrique un whisky 100 % bio et local, à partir des céréales du Trièves. Un single malt de terroir au goût de l’Isère.

Par Sandrine Anselmetti
Crédits photos : DR ; Ugo Retornaz ; Nicholas Sikorsky
 
Des champs de céréales aux pieds des montagnes enneigées, à 900 mètres d’altitude. C’est ici, au col d’Accarias, entre les falaises du Vercors et le massif des Écrins, que Frédéric Revol s’est installé en 2009 pour créer le domaine des Hautes Glaces.
 
Parti de rien, cet ingénieur agronome de formation réalise un rêve un peu fou : produire sur ces terres de moyenne montagne un whisky local, avec des céréales bio cultivées par ses soins. 
 
L’histoire commence par un coup de foudre pour le lieu : une grande ferme faisant partie d’une ancienne maison forte du XVIIe siècle. “Tout était réuni pour accueillir mon projet”, résume Frédéric : 50 hectares de terres cultivables, un premier étage, sous une charpente de bois de 58 mètres de long, idéal pour installer les silos et les alambics, une cave en pierre voûtée pour le vieillissement du whisky et même une source naturelle d’eau cristalline.
 
 

 >  UN WHISKY « À LA VIGNERONNE »

 
Dès le départ, déterminé par sa vision du terroir, Frédéric cherche à faire du whisky autrement : “Mon idée, c’est de faire des single malts, mais pas un copier-coller de ce que font les Écossais, plutôt une réinterprétation à la française, avec l’envie de faire tout de bout en bout, de la terre à la bouteille. Je veux interroger la notion de terroir appliquée au whisky, faire en quelque sorte du whisky… à la vigneronne.” S’il n’existe pas de tradition du whisky en France, chaque étape de la production fait appel à des savoir-faire français séculaires.
 
Pour son process de fabrication, Frédéric s’est ainsi appuyé sur chaque métier : cultivateur, malteur, brasseur, distillateur, vigneron… Ne laissant rien au hasard, il a dessiné lui-même les machines (malteuse, cuve, alambics), réalisées sur mesure et adaptées à la taille modeste de la distillerie. Ses récoltes de seigle, d’orge ou de grand épeautre y sont maltées, brassées et distillées, avant de vieillir en fûts.
 
Les céréales sont stockées séparément en fonction de la parcelle dont elles proviennent, pour conserver les spécificités du terroir, à l’image d’un vignoble. Sur chaque bouteille est ainsi mentionné le nom de l’un des cinq « climats » du domaine – terme bourguignon qui désigne une parcelle en fonction de ses particularités (géologie, exposition, pente…). 
 
“De la terre, des hommes et du temps” : voilà la devise de Frédéric, qui travaille avec deux fermes associées et trois salariés. Il vend ainsi 12 000 bouteilles par an, entre 70 et 150 euros : une petite production, mais déjà un grand nom chez les amateurs. Le groupe Rémy Cointreau ne s’y est pas trompé et vient d’acquérir le domaine des Hautes Glaces pour élargir son offre haut de gamme. 
 
 
Visites-dégustations (8 euros) en juillet et août du lundi au vendredi à 11 h et le week-end sur réservation.
 
 

 

DIAPORAMA : LES HAUTES GLACES

Frédéric Revol, dirigeant du domaine des Hautes Glaces, produit son whisky “de la terre à la bouteille” en cherchant à exprimer un terroir.
Dans la salle de distillation « julesvernesque », deux alambics chauffés au bois produisent la base de la future eau-de-vie qui, une fois vieillie, deviendra du whisky.
Le whisky vieillit au minimum trois ans dans des fûts de chêne français. Certains sont neufs, d’autres sont d’anciens fûts de cognac, de vin jaune du Jura ou de vins des Côtes-du-Rhône.
Moissons est un single malt de caractère, fruité, suave et frais. C’est une eau-de-vie d’orge, issue de l’assemblage de trois moissons différentes.
Le domaine des Hautes Glaces est situé à 900 mètres d’altitude, au col d’Accarias, entre les falaises du Vercors et le massif des Écrins, sur la commune de Saint-Jean-d’Hérans, dans le Trièves.
Le whisky du domaine des Hautes Glaces est fabriqué à partir de céréales du Trièves cultivées en agriculture biologique (seigle, orge, grand épeautre), qui sont maltées, brassées et distillées sur place.

LE REPORTAGE DE TÉLÉGRENOBLE

 

REPÈRES

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Publié le : 
06 juin 2017