UN BILAN DE SANTÉ

POUR LES ENFANTS DE 3 À 4 ANS

Santé

Chaque année, des médecins et puéricultrices de la protection maternelle et infantile du Département se rendent dans les écoles maternelles pour effectuer un bilan de santé gratuit auprès des enfants de petite ou moyenne section.

Par Annick Berlioz

 

Du haut de ses 4 ans, Nathan est un peu intimidé. Il parle peu et a du mal à se concentrer. Au bout d’une demi-heure d’échange, Julie Doucet, puéricultrice de la protection maternelle et infantile (PMI) du territoire de l’agglomération grenobloise, diagnostique un léger problème auditif. À l’issue de l’examen, elle enverra un courrier à ses parents pour leur conseiller d’aller voir un médecin ORL dans les plus brefs délais.

Dépister de potentiels troubles ou handicaps, évaluer le bon développement de l’enfant, proposer une orientation vers un professionnel si nécessaire, mais aussi rassurer et conseiller les parents : c’est tout l’enjeu des bilans de santé effectués en petite ou moyenne section d’école maternelle par les services de PMI du Département (ou par le service de santé scolaire pour la ville de Grenoble).

Ce rendez-vous a lieu une fois par an. Durant la consultation, les puéricultrices, qui interviennent parfois en binôme avec le médecin de PMI, vont échanger sous forme de jeu avec l’enfant, seul ou en présence de ses parents. 

 
 

> DES TROUBLES RÉVERSIBLES S'ILS SONT DÉTECTÉS À TEMPS

 

“Nous vérifions qu’il sache dire son nom, nommer des formes, parler de lui-même en utilisant le ʻjeʼ, faire des phrases avec un verbe, un sujet et un complément. C’est aussi l’occasion de contrôler son poids et sa taille, son état vaccinal et de détecter d’éventuels problèmes du comportement. Un compte rendu via le carnet de santé sera systématiquement remis aux parents. Si nécessaire, ils seront renvoyés par un courrier vers un spécialiste ou le médecin traitant”, poursuit Julie Doucet.

Informés par les directeurs d’école, les parents doivent remplir un questionnaire sur l’état de santé de leur enfant et fournir le carnet de santé le jour du bilan. Ce bilan est essentiel pour les enfants.

“Certaines pathologies, comme l’amblyopie, différence d’acuité visuelle entre les yeux, ou les problèmes de langage sont parfaitement réversibles si elles sont décelées à temps. C’est aussi à cet âge que les mauvaises habitudes alimentaires se mettent en place et qu’on peut y remédier”, argumente François-Xavier Leupert, médecin départemental de PMI.

Pour l’enseignant, cet examen est un outil important. “Il permet de confirmer, en dialogue avec les puéricultrices, des problèmes qui peuvent constituer des freins à l’apprentissage”, poursuit Cécile Achard, institutrice à l’école Montfleury de Corenc. En 2018, sur 13 000 enfants testés, 3 % souffraient de troubles auditifs, 9 % avaient des problèmes visuels et 8 % des difficultés de langage.

 

  • Sandrine Martin-Grand, vice-présidente chargée de la famille, de l’enfance et de la santé

 INTERVIEW 

Sandrine Martin-Grand, vice-présidente chargée de la famille, de l’enfance et de la santé

 

> UN ENJEU DE SANTÉ PUBLIQUE

 

Isère Mag : En quoi ce bilan est-il important ?

Sandrine Martin-Grand : Ce bilan est une compétence du Département dans le cadre de ses missions de PMI. Il est proposé à tous les enfants à un âge clé de leur développement. Ce qui plaît aux familles, c’est que l’on fait un bilan de santé de leur enfant, le même jour  et au même endroit.

Chaque année, il permet d’identifier les écoliers en difficulté, ceux qui souffrent de troubles du développement, du langage ou de l’apprentissage, mais aussi ceux qui sont victimes de négligence ou de maltraitance.

 

Publié le : 
08 août 2019