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Découvertes

On compte près de 800 édifices religieux catholiques en Isère, chapelles, prieurés, églises, monastères, cathédrales… dont 62 classés tout ou partie au titre des monuments historiques. Un patrimoine, témoin de notre histoire, que le Département soutient fortement – 3,7 millions d’euros ont été consacrés depuis 2015 à sa restauration. À découvrir sans modération.

Par G.M Moreau et R.Juillet

Crédits photos : F.Pattou, C.Grandpierre, R.Juillet

L'abbatiale de Saint-Antoine l'Abbaye.

 

Passer de la clandestinité au grand jour, c’est ce qui est arrivé à la communauté chrétienne à la fin du IVe siècle. Après avoir subi des périodes de persécution, le christianisme est toléré en 313 dans l’Empire romain avant d’en devenir la religion officielle.

L’une des conséquences les plus visibles de cette décision fut la multiplication des églises à mesure de l’expansion du christianisme : au Moyen Orient, en Afrique et en Europe.

Au Moyen-Âge, on compte ainsi plus de 600 paroisses en Isère soit autant de lieux de culte qui, pour la plupart, ont été détruits durant les guerres de Religion mais surtout au XIXe siècle pour faire place à des édifices plus modernes. Certains ont quand même traversé les siècles jusqu’à nous.

Dans les années 1960-1970, quelques églises ont également été bâties pour répondre à l’augmentation de la population. Tour d’horizon des édifices les plus emblématiques – que le Département s’attache à préserver et à valoriser.

 

  • La plus ancienne : située sous le musée archéologique Saint-Laurent de Grenoble, la crypte Saint-Oyand (VIe-VIIe siècles) est l’un des très rares monuments de cette époque à nous être parvenu en élévation.

De cette période mérovingienne, on peut aussi citer certaines parties de l’église Saint-Pierre de Vienne qui remontent également au VIe siècle.

 

  • La plus décorée : ancienne abbaye fondée au VIe siècle, l’église Saint-Theudère, à Saint-Chef, abrite les plus anciennes peintures murales de l’Isère.

La chapelle des Anges ou de la Jérusalem céleste a conservé dans leur presque totalité ses fresques du XIIe siècle qui représentent le Christ en gloire, les archanges, la Vierge, les prophètes, les matyrs, les élus...ou encore saint Georges, patron du Dauphiné.

 

  • La plus papale : le 2 février 1119, Guy de Bourgogne, archevêque de Vienne depuis plus de trente ans, est élu pape et prend le nom de Calixte II.

Il est couronné dans sa cathédrale le 9 février et comblera de bienfaits son ancien diocèse, conférant aux archevêques le titre de « primat des primats ». Construite du XIIe au XVIe siècle, la primatiale Saint-Maurice est riche de nombreux chefs-d’œuvre, dont ses trois portails et ses chapiteaux romans.

 

  • La plus curative : église-mère de l’ordre des Antonins, l’abbatiale de Saint-Antoine-l’Abbaye fut édifiée de la fin du XIIe au XVe siècle à la place d’une précédente église consacrée il y a tout juste 900 ans par le pape Calixte II.

Elle a vu passer papes, souverains, mais aussi simples pèlerins venus dans l’espoir de guérir du mal des Ardents ou feu Saint-Antoine, cette maladie due à l’ergot de seigle. Elle abrite un beau mobilier, un trésor remarquable, et un orgue autour duquel ont lieu de nombreux concerts.

 

  • La plus internationale : érigée à partir de 1852 à la suite de l’apparition de la Vierge à deux bergers, la basilique Notre-Dame-de-la-Salette voit passer chaque année plus de 250 000 pèlerins venus du monde entier.

Plus généralement, les différents massifs de l’Isère abritent de nombreux sanctuaires de montagne, depuis les simples chapelles dont certaines remontent au Moyen Âge jusqu’à la contemporaine église Notre-Dame-des-Neiges à l’Alpe-d’Huez.

 

  • La plus sonore : dédiée à la Vierge Marie, l’église de Châtenay affiche une sobre architecture extérieure qui constraste avec sa riche décoration intérieure. De style néogothique, sa construction, achevée en 1862, a été financée par un enfant du pays, l’abbé Théodore Combalot, qui a mis sa fortune au service de sa communauté.

Décors peints au pochoir, mobilier en fonte et en bois sculpté, vitraux… rien n’était trop beau pour le père Combalot ! Au plaisir des yeux s’ajoute aussi celui des oreilles car l’église possède l’un des plus anciens ensembles campanaires de France avec ses 19 cloches.

 

  • La plus haute : bâtie à 1 800 mètres d’altitude, Notre-Dame-des-Neiges est la plus haute église de l’Isère. Édifiée à partir de 1970, elle a la forme d’une tente, rappelant celle d’Abraham dans le désert, avec un mât central, un puits de lumière et une assemblée assise en rond autour du chœur.

Achevée en 2002 avec la pose du dernier des 13 vitraux créés par l’artiste Arcabas, elle dispose d’un orgue représentant une main dressée vers le ciel.  

 

  • La plus vaste : édifiée de 1922 à 1943 à la suite d’un vœu fait à la fin de la Première guerre mondiale, la basilique du Sacré-Cœur de Grenoble peut accueillir près de 1 500 personnes.

Cette grande église de l’époque art déco, située en face de la gare, a été récemment rénovée, et une campagne de mécénat vise à y installer des vitraux conçus par Arcabas.

 

  • La plus résistante : la chapelle de Valchevrière est le seul bâtiment à avoir été épargné lors de l’attaque du village par les troupes allemandes en juillet 1944.

Un chemin de croix de 14 stations y mène depuis Villard-de-Lans. Le village en ruines rappelle aux générations futures l’héroïsme et le sacrifice de la Résistance française durant l’occupation nazie.

 

  • La plus secrète : conformément à l’esprit de l’ordre cartusien, l’église du monastère de la Grande Chartreuse se caractérise par son austérité, mais possède un beau parquet à losanges.

Elle n’est accessible qu’aux Pères et aux frères chartreux, qui y célèbrent jour et nuit les offices.

 

LES ÉDIFICES CULTURELS CATHOLIQUES LES PLUS EMBLÉMATIQUES DE L'ISÈRE

L’abbatiale de Saint-Antoine-l’Abbaye abrite une horloge solaire du XVIe siècle, unique en Europe, ainsi qu’un riche trésor conservé dans ses sacristies.
L’abbatiale de Saint-Antoine-l’Abbaye abrite une horloge solaire du XVIe siècle, unique en Europe, ainsi qu’un riche trésor conservé dans ses sacristies.
L'ancienne église Saint-Laurent, à Grenoble, où se trouve la crypte Saint-Oyand, d’époque mérovingienne (VIe-VIIe siècles).
La crypte Saint-Oyand, à Grenoble, d’époque mérovingienne (VIe-VIIe siècles).
La basilique Notre-Dame-de-la-Salette accueille plus de 250 000 pèlerins chaque année.
La basilique Notre-Dame-de-la-Salette accueille plus de 250 000 pèlerins chaque année.
La primatiale Saint-Maurice, à Vienne, où, en 1119, fut couronné le pape Calixte II, seul souverain pontife issu de notre département.
La primatiale Saint-Maurice, à Vienne, où, en 1119, fut couronné le pape Calixte II, seul souverain pontife issu de notre département.
L’extérieur et l’intérieur de l’église Notre-Dame-des-Neiges, à l’Alpe-d’Huez, son orgue et ses vitraux signés Arcabas.
L’extérieur et l’intérieur de l’église Notre-Dame-des-Neiges, à l’Alpe-d’Huez, son orgue et ses vitraux signés Arcabas.
À Saint-Chef, l’église Saint-Theudère abrite des peintures murales du XIIe siècle.
À Saint-Chef, l’église Saint-Theudère abrite des peintures murales du XIIe siècle.
La chapelle du hameau de Valchevrière, seul édifice épargné par les nazis le 23 juillet 1944.
L'une des 14 stations du chemin de croix qui mène à Valchevrières depuis Villard-de-Lans.
Le monastère de la Grande Chartreuse, siège de l’Ordre cartusien.
Le monastère de la Grande Chartreuse, siège de l’Ordre cartusien.
L’intérieur de la basilique du Sacré cœur à Grenoble et ses vitraux signés Arcabas.
L’intérieur de la basilique du Sacré cœur à Grenoble et ses vitraux signés Arcabas.
L’intérieur richement décoré de l’église de Châtenay et son carillon, unique en France.
L’intérieur richement décoré de l’église de Châtenay et son carillon, unique en France.
Le monastère de Currière, en Chartreuse, près de Saint-Laurent-du Pont
  • La chapelle de Dionnay

ZOOM

 

> PARMI LES AUTRES ÉDIFICES RELIGIEUX INCONTOURNABLES
 

  • Le monastère de Currière, à Saint-Laurent-du-Pont (boutique).
  • L’abbaye Notre-Dame-de-Chalais, à Voreppe.
  • La basilique de Notre-Dame-de-l’Osier.
  • La cathédrale Notre-Dame, à Grenoble.
  • La collégiale Saint-André, à Grenoble.
  • L’église Saint-Bruno, à Voiron.
  • L’église Saint-Jean-Baptiste, à Vif.
  • L’église Saint-Pierre, à Moirans.
  • L’église romane de Marnans.
  • La chapelle de Dionnay (photo ci-dessus)

 

Sources : Églises de l’Isère, de Paul Hamon, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1977. Calixte II, de Gilles-Marie Moreau, L’Harmattan, Paris, 2019.

 

Publié le : 
08 août 2019