DES PAPIERS PEINTS

QUI NE FONT PAS TAPISSERIE

Actualité

Alors que le papier peint opère un retour en force dans l’art et la décoration, la Maison Bergès lui consacre une passionnante exposition, de ses origines à la fin du XVIIIe siècle jusqu’aux années 1920. 

Par Véronique Granger

 

À la fin du XIXe siècle, quand Maurice Bergès, fils d’Aristide, entreprend de réaménager la maison familiale de Villard-Bonnot, le papier peint connaît son âge d’or.

Après William Morris en Angleterre, de nombreux artistes, comme Maurice Denis, Édouard Vuillard ou son ami Alfons Mucha, s’emparent de ce médium. Et les grandes manufactures françaises, rivalisant de virtuosité dans le rendu des couleurs et des textures, jouissent d’une réputation internationale.

Néo-rococo, néomédiéval ou Art nouveau : les murs entièrement tapissés de cette maison d’industriel papetier témoignent des styles en vogue à la Belle Époque avec leur floraison d’arabesques chamarrées, de fruits rouges ou d’animaux exotiques…

“Avec pas moins de cinq papiers peints encore en place, dont quatre de style Art nouveau, et une vingtaine d’échantillons datés de 1896 à 1901 retrouvés dans la villa, nous avons ici un ensemble exceptionnel”, assure Sylvie Vincent, conservatrice de la Maison Bergès.


 

> DES MAÎTRES DE L'ILLUSION

 

Après l’exposition consacrée à Alfons Mucha, le musée départemental braque les projecteurs sur cet art ornemental un temps oublié, qui connaît aujourd’hui un vrai regain dans l’art et le design. Des premiers papiers « dominotés » – de petites images assemblées les unes aux autres à la mode au XVIIIe siècle, qui sont imprimées à la planche puis colorées au pochoir ou au pinceau – aux papiers peints raboutés (collés bout à bout de manière à former un rouleau), avant les papiers fabriqués en continu, le musée dresse un panorama complet des tendances et des techniques de fabrication.

Une trentaine de modèles, prêtés en grande partie par la bibliothèque Forney à Paris et par le musée du Papier peint de Rixheim, sont présentés en plus des papiers d’origine de la maison.

Papiers peints soyeux à motifs de Damas, imitant la toile de Jouy ou la dentelle, chinoiseries de l’aquafortiste Jean Pillement, papiers gaufrés, estampés au cylindre et dorés à l’or fin de Paul Balin, jardins d’hiver inspirés de celui de la princesse Mathilde Bonaparte ou papiers peints panoramiques : les dessinateurs, graveurs de planches et imprimeurs se révèlent de véritables maîtres de l’illusion et de la composition.

En 1860, grâce à la mécanisation, le papier peint s’impose dans les demeures les plus modestes. Rien qu’à Paris, pas moins de 300 ateliers se partagent le marché !

L’invention de la machine à imprimer 24 couleurs puis 26 en continu par le manufacturier Leroy va accélérer encore sa popularisation. À partir de 1900, il échappe à la banalisation grâce au nouvel élan apporté par le mouvement Art nouveau.

Cent ans plus tard, le revoici plus que jamais au goût du jour !

 

REPÈRES

Jusqu’au 3 novembre.

Maison Bergès. Villard-Bonnot. Entrée libre.

Ouvert du mercredi au vendredi de 13  h à 18 h. Week-end et jours fériés de 10 h à 18 h.

Contact : 04 38 92 19 60 
 

Maison Bergès

 

 PAPIERS PEINTS... 

Publié le : 
09 septembre 2019