DES EHPAD

NOUVELLE GÉNÉRATION

Autonomie

En 2015, le Département de l’Isère a mobilisé 10 millions d’euros supplémentaires pour construire et moderniser des établissements accueillant des personnes âgées dépendantes. Avec ses partenaires et les usagers, il mène aussi une réflexion pour expérimenter de nouvelles formules d’hébergement. 

Par Annick Berlioz

 

Quitter sa maison pour entrer en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) est toujours un passage délicat. Pour que cette transition se fasse en douceur, de nouveaux concepts ont vu le jour un peu partout en France.

En Isère, l’un des derniers exemples en date est l’Ehpad L’Eden de La Côte-Saint-André. Ouvert en avril 2019, cet établissement, qui accueille une centaine de personnes âgées, a été conçu comme un hôtel.

“Ici, on est un peu chez soi et on a tout sur place : un espace de balnéothérapie, un salon de coiffure, une salle de détente et de décompression, un restaurant où sont concoctés de bons petits plats”, se réjouit une résidente.

Financé à hauteur de 2 millions d’euros par le Département, ce projet a bénéficié du plan engagé en 2015 pour réhabiliter les Ehpad de l’Isère.

“Au total, nous avons débloqué 10 millions d’euros supplémentaires pour aider les établissements à se moderniser. Depuis, 23 Ehpad et cinq résidences ont déjà été soutenus pour près de 25 millions d’euros, rappelle Laura Bonnefoy, vice-présidente chargée de la dépendance et des handicaps. Le principal objectif était d’améliorer leur niveau de confort, tout en limitant le prix de séjour, qui plafonne en moyenne à 1 900 euros par mois.”

 
 

> DE RÉELS LIEUX DE VIE

 

Pour financer leurs projets, les directeurs d’établissement peuvent demander des prêts aux banques et à l’Etat. Le Département peut aussi les aider sous forme de subventions. Grâce à ce plan, un financement correspondant à 20 % des dépenses d’investissement pourra leur être attribué, évitant ainsi de faire supporter aux familles les surcoûts engendrés par les travaux.

Outre ces aides qui relèvent de ses compétences, le Département mène un travail avec la profession et les usagers pour répondre aux nouveaux besoins. “Même en établissement, les personnes âgées souhaitent conserver une vie sociale. L’une des pistes serait d’ouvrir les Ehpad vers l’extérieur en mettant des salles à disposition des associations, voire en y intégrant des restaurants accessibles à tous et des espaces de travail partagés”, poursuit Laura Bonnefoy.

Autre enjeu, améliorer la prise en charge de la dépendance et les conditions de travail des salariés. Lors d’une journée organisée par le Département, des start-up iséroises ont présenté aux directeurs des Ehpad des solutions à la pointe de l’innovation : analyse de sang immédiate, douche connectée permettant de maîtriser les dépenses d’eau et de donner l’alerte en cas de malaise…

Afin de maintenir les personnes âgées le plus longtemps possible chez elles, le Département envisage plusieurs pistes dont celle de favoriser les liens entre les ehpad et le domicile.

 ZOOM 

 

> FAVORISER L'ACCUEIL DE JOUR

 

Ces derniers mois, de nombreuses places d’accueil de jour ont été créées en Ehpad.

“Concrètement, la personne âgée peut être accueillie sur demande en journée dans la structure de un à cinq jours par semaine. Durant son séjour, elle participe à des activités de type atelier mémoire, gymnastique adaptée, chant, sorties… Cette formule permet de soulager les aidants. C’est aussi un excellent moyen pour faire connaissance avec l’établissement”, explique Espérance Rama, directrice de la résidence mutualiste Les Orchidées, à Seyssins.

À chaque fois, la personne est accueillie sur la base d’un projet d’accompagnement individualisé travaillé avec les professionnels. Le coût peut être pris en charge par le Département.

 

Publié le : 
08 août 2019