GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère
  • Nicolas Virapin

NICOLAS VIRAPIN

 

> EN PISTE POUR BRISBANE

Par Richard Juillet


Neuf heures et déjà 28 degrés à l’ombre ! Ce 26 juillet, au stade de l’ASPTT Grenoble Athlétisme à La Tronche, Nicolas Virapin enchaîne les les sauts sous l’œil attentif de son entraîneur Fred Mangue. La veille, son après-midi avait été consacré à une séance de musculation dans une salle de sport à Eybens.

Pourquoi une telle débauche d’énergie ? Ce Grenoblois de 33 ans fait partie des quatre athlètes isérois avec Aminata Camara, Clément Colomby et Camille Frison qui participeront du 12 au 19 octobre prochain aux Globals Games à Brisbane en Australie, la plus importante compétition mondiale pour les personnes en situation de handicap psychique ou mental. Et Nicolas n’est pas un inconnu dans le circuit ! 
 

« JE VISE QUATRE MÉDAILLES D'OR »
 

Membre de l’équipe de France de sport adapté depuis 2016, reconnu sportif de haut-niveau Élite par le ministère des sports – cela lui permet d’avoir des horaires de travail aménagés –, il enchaîne depuis les titres de champion du monde catégorie T21 en saut en longueur, en 200 mètres, en lancer et en combiné triathlon tout en étant titulaire de plusieurs records du monde.

C’est dire si il est attendu à Brisbane ! Attendu mais aussi ambitieux : « Je vise quatre médailles d’or, deux records du monde en 100 et 200 mètres et puis un saut à 5 mètres, c’est mon plus grand rêve », explique-t-il.

Quand il n’est en compétition, Nicolas pratique le tennis ou se détend avec la Troupe de Pas sages, une formation circassienne qu’il fréquente depuis dix ans.

Ses qualités physiques lui permettent de présenter plusieurs numéros : monocycle, trapèze ou encore jonglage. Piste d’athlétisme, piste aux étoiles : deux endroits où Nicolas excelle, et où il a vu aussi changer le regard des autres.

 

LES AUTRES ISÉROIS SÉLECTIONNÉS POUR LES GLOBALS GAMES

La pongiste Camille Frison
Le nageur Clément Colomby
La lanceuse de poids Aminata Camara
  • Jessica Balazun

JESSICA BALAZUN

 

> TATOUEUSE RÉPARATRICE

Par Annick Berlioz


Il y a trois ans, Marie a été opérée d’un cancer du sein et a gardé de vilaines cicatrices qu’elle a voulu dissimuler. En janvier 2019, elle a poussé la porte du salon de Jessica Balazun pour un tatouage artistique qu’elle arbore désormais avec fierté.

Depuis toute petite, Jessica, 33 ans, est passionnée de dessin. À Sillans, dans la Bièvre, elle a ouvert en 2017 l’un des rares salons spécialisés dans le tatouage post-mastectomie : un petit espace lumineux et confidentiel où l’on se sent à l’aise pour parler.

“Durant la première séance, j’interroge mes clientes sur leur passé chirurgical et la façon dont elles ont vécu la maladie. En fonction de leur envie, je leur propose un dessin décoratif ou une reconstruction de l’aréole du mamelon en trompe-l’œil.”

 

LE TATOUAGE POUR RETROUVER L'ESTIME DE SOI
 

À la différence du tatouage 100 % esthétique, l’intervention est très encadrée.

“Dans tous les cas, il me faut l’autorisation du médecin. Une année complète de cicatrisation est nécessaire et je ne tatoue jamais une patiente en cours de traitement. Les séances sont aussi plus courtes et plus espacées. Pour le geste, j’utilise une technique et du matériel peu intrusifs et respectueux de la peau.”

Jessica peut aussi camoufler toute sorte de cicatrice ou recolorer une partie du corps dépigmentée. Début septembre, elle a ouvert un second salon à Tullins.

Dans le cadre d’« Octobre rose », campagne nationale de sensibilisation au dépistage du cancer du sein, elle présentera son métier à la Clinique de Chartreuse, à Voiron, où exerce le docteur Reinbold, chirurgien plasticien qui lui accorde sa confiance depuis le début de son activité.

 

Contact : 07 70 26 24 30
 

Blues Wallow Tattoo

 

  • Marianne Molina

MARIANNE MOLINA

 

> LA VALSE DES LÉGUMES...

Par Corine Lacrampe


Comment valoriser les produits frais et locaux tout en mangeant mieux au restaurant scolaire ?

Il suffit de les proposer prêts à cuire aux cuisines collectives. Corvée d’épluchage, donc. Marianne Molina est aujourd’hui gérante de la légumerie AB Épluche.

Pour cela, elle a quitté un emploi d’ingénieur en physique, l’objectif étant de donner plus de sens à sa vie professionnelle. C’est chose faite avec cette petite entreprise pionnière qui épluche les légumes que les maraîchers de l’Isère lui livrent rapidement après la cueillette. Et les repas gagnent en saveur et vitamines. 
 

« NOUS ÉPLUCHONS 200 TONNES DE PRODUITS PAR AN »
 

AB Épluche a commencé son activité en 2012 dans les locaux de la cuisine centrale de Saint-Martin-d’Hères.

Désormais hébergé dans un espace reconverti des abattoirs de Grenoble, au Fontanil-Cornillon, AB Épluche poursuit sa mission avec sept salariés : “Nous épluchons 200 tonnes de produits bruts par an et avons pour objectif de doubler notre production. Des producteurs se sont associés à notre démarche. Nous développons un outil au service des maraîchers locaux, essentiellement en production biologique. Parmi nos clients importants, il y a les cuisines du Département qui livrent les repas des collèges du Sud-Isère.” explique-t-elle.

Éplucher, laver, découper, mettre en sachet… C’est la valse des légumes pour Marianne Molina, en charge des achats.

Ne pas croire qu’elle se contente de pommes de terre et de carottes. Elle s’attache à diffuser choux et nouvelles carottes noires, potimarrons verts, céleri-rave et même du rutabaga. Mais pas de tomates car elles ne s’épluchent pas !

 

  • Michaël Herbiet

MICHAËL HERBIET

 

> RÉPARATEUR DE VÉLO NOMADE

Par Richard Juillet


Depuis quelques années, des métiers que l’on croyait disparus – comme réparateur de bicyclettes – ont réapparu dans les villes avec l’engouement pour le vélo, qui plus est à assistance électrique.

Pour se déplacer, faire du sport ou tout simplement pratiquer le cyclisme en mode loisir, le deux-roues est un compagnon idéal, ce qui sous-entend aussi qu’il soit bien entretenu. Si l’on peut compter sur de nombreux ateliers en ville, qu’en est-il en milieu rural ?

Habitant Laffrey, Michaël Herbiet, 37 ans, constate que “pour faire réparer son vélo à la campagne, ce n’est pas si simple. Il faut souvent démonter les roues pour le faire entrer dans la voiture, se rendre au magasin le plus proche, puis venir le rechercher si l’intervention n’a pu être réalisée sur-le-champ”

 

« À LA CAMPAGNE, CE N'EST PAS SI SIMPLE »
 

Depuis six mois, Michaël propose l’inverse. Après avoir fait ses armes dans de grandes enseignes de sport, il s’est mis à son compte et, avec son camion-atelier, il se déplace chez les particuliers et les entreprises pour offrir ses services dans les lieux les plus reculés du département : Matheysine, Trièves, Belledonne, Vercors…

“Depuis mon passage à leur domicile, certains clients, qui avaient délaissé leur vélo, se sont même remis en selle”, poursuit-il. Pour l’heure, sa clientèle s’étoffe surtout grâce au bouche-à-oreille.

Mais Michaël utilise une autre technique tout aussi efficace. “Lorsque j’interviens chez un particulier, je prends le temps de faire le tour du village ou de laisser des flyers dans les boîtes aux lettres. Les gens recherchent la proximité, et moi c’est pile ma démarche !”
 

Contact : 06 45 69 15 66
 

Atelier mobile

 

  • Yann-Gaël Poncet

YANN-GAËL PONCET

 

> IL CHANGE LE MONDE EN MUSIQUE

Par Corine Lacrampe


Poète, violoniste, vocaliste et compositeur, Yann-Gaël Poncet a l’archet généreux, collaboratif et rassembleur. C’est un militant engagé pour changer le monde avec ses moyens.

Camp de base : son village de Frontonas. Pour le reste, il voyage d’un continent à l’autre, avide de rencontres.

En résidence d’artiste au Costa Rica, il organise ainsi un premier festival, en 2011, le Transcontinental Calypso, reliant la France et ce pays d’Amérique centrale autour de la musique.

Son second Transcontinental (2014-2018) se déroule en Argentine où, autour de la musique andine, il embarque le chanteur, Sergent Garcia, Oscar Miranda et son charango, et toujours le guitariste Jean-Paul Hervé.

 

DÉFENDRE LES CULTURES ET L'ENVIRONNEMENT
 

Aujourd’hui, Yann-Gaël Poncet est animé par un nouvel Transcontinental toujours sur la base d’une immersion avec son violon dans une autre culture, en Afrique cette fois : “Il s’agit toujours de rencontrer, échanger, apprendre, se nourrir d’identités fortes pour créer un spectacle vivant qui incarne la rencontre à travers un électro-jazz composé à partir de musiques traditionnelles.”

Ce troisième Transcontinental, intitulé Shajara — arbre en arabe —, a pour invités d’honneur le chanteur tunisien Mounir Troudi et le cinéaste Yann Arthus-Bertrand, dont les images défilent en fond de scène.

Objectifs : défendre les cultures et l’environnement, valoriser l’immatériel et l’expression des intelligences collectives pour résister à la menace de tous, manger, boire, écouter ou penser la même chose. Pourquoi arbre ? Pour dire toute l’importance de l’arbre dans un monde qui se désertifie.

 

Yann-Gaël Poncet

Publié le : 
08 août 2019