CIRCULER AUTREMENT

EN ISÈRE

Dossier

 

Franky Zapata a fait sensation cet été avec son Flyboard. Pendant ce temps, le gouvernement japonais annonce la commercialisation des premières voitures volantes dès 2023 et l’entrepreneur américain Elon Musk teste à Toulouse la capsule passagers de son futur tunnel Hyperloop (où l’on circulerait à 1000 km/heure sous les villes !).

En attendant ces modes futuristes, les Isérois continuent massivement de rouler… en voiture ! Selon le sondage réalisé le mois dernier pour le Département, un sur deux l’utilise tous les jours - et le plus souvent, seul à bord.

Plus économiques, plus respectueux de l’environnement, plus sûrs, plus confortables : les arguments en faveur des transports en commun ne manquent pourtant pas en Isère, où l’on dispose d’un réseau quasi unique en France.

Face aux enjeux d’accessibilité des métropoles, de lutte contre les fractures territoriales (fortement exprimées dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes) et de qualité de l’air, le Département est à la manœuvre avec la Région, en lien avec les intercommunalités, pour proposer une nouvelle offre globale et plus incitative, intégrant les mobilités alternatives (vélo, covoiturage, autopartage…), avec une organisation simplifiée.

Et si on anticipait sur l’avenir, en Isère ? 

  • L’engorgement des entrées de ville (comme ici à Grenoble) nuit gravement à la qualité de vie des habitants. Des alternatives pourtant existent pour lutter contre l’autosolisme : covoiturage, transports en commun, vélo…
  • L’engorgement des entrées de ville (comme ici à Grenoble) nuit gravement à la qualité de vie des habitants. Des alternatives pourtant existent pour lutter contre l’autosolisme : covoiturage, transports en commun, vélo…
  • L’engorgement des entrées de ville (comme ici à Grenoble) nuit gravement à la qualité de vie des habitants. Des alternatives pourtant existent pour lutter contre l’autosolisme : covoiturage, transports en commun, vélo…
  • L’engorgement des entrées de ville (comme ici à Grenoble) nuit gravement à la qualité de vie des habitants. Des alternatives pourtant existent pour lutter contre l’autosolisme : covoiturage, transports en commun, vélo…
  • L’engorgement des entrées de ville (comme ici à Grenoble) nuit gravement à la qualité de vie des habitants. Des alternatives pourtant existent pour lutter contre l’autosolisme : covoiturage, transports en commun, vélo…

L’engorgement des entrées de ville (comme ici à Grenoble) nuit gravement à la qualité de vie des habitants. Des alternatives pourtant existent pour lutter contre l’autosolisme : covoiturage, transports en commun, vélo…

 

 DÉPLACEMENTS : ÇA BOUGE EN ISÈRE !

 

Comme l’a confirmé un récent sondage, la mobilité est au cœur des préoccupations des Isérois. Acteur majeur des déplacements en Isère, le Département enclenche la vitesse supérieure. Objectifs : diversifier l’offre de mobilités, améliorer les infrastructures indispensables… et mieux coordonner les réseaux existants. 
 

Car, train, tram, vélo, covoiturage… Depuis quelques années, les Isérois ont appris à jongler entre différents modes de transports pour leurs déplacements quotidiens. Pour se rendre au travail tous les matins, Caroline, habitante d’un petit village des collines du voironnais, covoiture ainsi avec son voisin jusqu’à la gare de Voiron pour récupérer la ligne Express Transisère qui la mène au centre ville de Grenoble avant de poursuivre à pied ou en tramway…

Les Isérois, qui sont loin de tous vivre en milieu urbain, ont en effet la chance de disposer avec le réseau de cars Transisère d’un maillage de transports collectifs quasi unique en France (hors Ile de France), avec des lignes Express conçues sur le mode du RER qui disposent pour partie de voies réservées en cas de bouchons.

Près de 60 000 élèves bénéficient aussi de la gratuité des transports scolaires départementaux instaurée en 2015 – une mesure plébiscitée par les parents ! 1 400 élèves à mobilité réduite utilisent également le service de transports adapté, organisé par le Département. Et le gros chantier de mise en accessibilité (et de sécurisation) des points d’arrêts Transisère se poursuit partout sur le territoire pour des transports utilisables par tous.

En dépit de son coût et tous les soucis qu’elle engendre, la voiture, comme le révèle le sondage orchestré cet été auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 habitants de l’Isère,* reste pourtant le moyen de transport incontournable d’un Isérois sur deux au quotidien (toutes zones du département confondues).

Ils ne sont que 15 % à rouler à vélo « plusieurs fois par semaine », et 15 % d’adeptes réguliers des transports collectifs (la proportion augmentant avec la densité de l’offre).

Quant au  covoiturage et à l’autopartage (de voitures en libre-service, disponibles à des bornes moyennant un abonnement), s’ils rentrent peu à peu dans les mœurs, leur utilisation reste très marginale.

Avec l’essor des outils connectés, le Département a pourtant adopté une politique volontariste en faveur de ces nouvelles mobilités, dans le double objectif d’apporter une vraie alternative et répondre aux enjeux environnementaux.

« 74 % des kilomètres sont parcourus en voiture dont plus de la moitié avec un conducteur seul ! », constate Jean-Claude Peyrin, vice-président des transports et des déplacements.

Création de parking-relais ou de lignes de covoiturage (comme Illicov dans le Grésivaudan), incitations au télétravail : plusieurs projets innovants sont en cours, en collaboration avec les différentes autorités organisatrices de mobilités, pour booster ces mobilités émergentes.

Pragmatique, le Département pour autant va continuer d’œuvrer à l’amélioration des infrastructures routières et ferroviaires jugées indispensables pour une majorité d’Isérois  – comme l’A480 à l’entrée de Grenoble, ou la ligne de train Grenoble-Lyon.

« Aucun investissement n’a été fait depuis vingt ans ! Leur développement est indissociable de la performance des transports collectifs », poursuit Jean-Claude Peyrin.

De plus, pour favoriser la pratique du vélo, le Département a aménagé à ce jour plus de 450 km de routes départementales (bandes, pistes, accotements revêtus…) et réalisé 35 km de voies vertes en consacrant en moyenne 2 millions d’euros environ par an. Il cofinance également les projets cyclables des collectivités le long des routes départementales.

L’autre grand chantier pour le Département, c’est aussi une refonte totale de l’organisation des transports en Isère avec un pilote unique : « Actuellement, nous avons plusieurs autorités organisatrices de mobilités dont les réseaux ne sont pas interconnectés entre eux, avec des tarifs et des fonctionnements différents. Le projet, c’est de créer une structure unique, avec une offre globale qui sera bien plus simple d’accès pour les utilisateurs, intégrant le train, le covoiturage, le car, le vélo… »

En attendant, la rentrée étant le moment propice aux bonnes résolutions, vous pouvez déjà consulter le site transisere.fr pour découvrir l’offre existante…

 

* Sondage MV2 sur la mobilité des Isérois, juillet-août 2019. Retrouvez l'intégralité de cette enquête ici

 

Jean-Claude Peyrin, vice-président du Département chargé des transports et de la mobilité
 
 

>  « POUR UNE NOUVELLE ORGANISATION DES TRANSPORTS EN ISÈRE »

 

Isère Mag : Le Département a lancé cet été une grande consultation des Isérois, élus et habitants pour mieux connaître leurs pratiques et leurs attentes en matière de mobilité. Quels sont les premiers enseignements ?

Jean-Claude Peyrin : Les premiers éléments de l’enquête grand public montrent que la voiture reste incontournable au quotidien pour un Isérois sur deux ! Près de 60 % d’entre eux déclarent utiliser un transport collectif de manière occasionnelle – cette proportion augmentant fortement en zone urbaine.

Les autres pointent notamment le manque de desserte de leur zone d’habitation et le fait que les transports collectifs sont moins rapides. Quant à l’utilisation des nouvelles mobilités, elle reste très marginale : seulement 7 % pratiquent le covoiturage !
 

IM : Comment comptez-vous répondre à ces attentes ?

J-C. P : Nous ne pourrons pas amener des transports publics au pied de chaque habitation à un coût acceptable ! En revanche, nous avons une carte à jouer en matière de confort d’utilisation et d’attractivité de l’offre.

Parmi les leviers incitatifs, les Isérois mettent en avant la possibiité de voyager avec un titre unique pour tous les transports, une intermodalité facilitée, moins de correspondances… Nous misons aussi sur le développement du transport à la demande, qui me paraît une alternative plus porteuse d’avenir pour les transports collectifs, et sur le développement des mobilités alternatives.

Dans le cadre de notre plan climat air-énergie, nous avons mis en place une politique volontariste pour expérimenter de nouvelles solutions comme les lignes de covoiturage Illicov dans le Grésivaudan.   
 

IM : Et sur l’organisation des transports ?

J-C. P : C’est sans doute la grande révolution à venir ! Avec la Région, en lien avec les intercommunalités, nous travaillons à la mise en place pour 2022 de grands syndicats (*) à l’échelle des bassins de vie – sans doute 2 pour l’Isère – qui fusionnent l’ensemble des réseaux pré-existants et suppriment les barrières administratives avec une tarification simplifiée et unifiée – en réaffirmant la gratuité des transports scolaires pour tous les élèves, une mesure plébiscitée par les Isérois !

Demain, on pourra souscrire un abonnement intégrant le bus, le train, le covoiturage ou le vélo, avec un système de billettique et d’informations voyageurs centralisés. De plus, le regroupement des réseaux devrait permettre de redistribuer les économies générées au profit d’une offre de mobilité plus adaptée aux besoins des usagers.

 

(*) Syndicats : structures prévues par la loi pour l’organisation, la gestion, la tarification et l’information dans le domaine des transport.

 

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ÉLUS, SALARIÉS, COLLÉGIENS... À CHACUN SA SOLUTION POUR SE DÉPLACER MIEUX !

 

Luc Rémond, maire de Voreppe, vice-président du Pays voironnais chargé des déplacements

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> IL AMÉNAGE DES PARKINGS-RELAIS

 

En 2010, le Pays voironnais a créé un parking-relais de 100 places à Rives près du péage autoroutier de l’A 48. Relié aux lignes Express 7320 et 7330, il est utilisé à 65 % par des habitants de la Bièvre et du Pays voironnais qui se rendent en car à Grenoble.

L’autre partie est constituée de covoitureurs qui se dirigent principalement vers les agglomérations grenobloise et lyonnaise.

“Avec une fréquentation en augmentation de 10 % par an, cet équipement est victime de son succès. Nous avons décidé de porter sa capacité à 313 places d’ici à 2020. Cela permettra de répondre à cette forte demande et de désengorger cet axe qui absorbe près de 100 000 véhicules par jour. Le Département nous a attribué une subvention de 111 000 euros, Area de 145 000 euros, La Métro et de la communauté de communes de Bièvre-Est de 55 000 euros chacune. À terme, d’autres parkings-relais verront le jour sur les entrées d’autoroute de l’A 48 et de l’A 49”.

 

Véronique Émin, bénévole associative, blogueuse, grand-mère…

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> L'ÉLARGISSEMENT DE L'A 480 EST INDISPENSABLE

Les déplacements sur l’agglomération grenobloise, c’est un vrai engagement pour Véronique Émin.

Depuis 2008, en tant qu’élue à La Tronche puis comme simple citoyenne, elle a suivi assidûment tous les dossiers et toutes les enquêtes publiques, du projet de rocade Nord (finalement retoqué) à la révision du plan de déplacements urbains (PDU) jusqu’au réaménagement du carrefour du Rondeau et de l’A 480.

“On a perdu trop de temps, faute d’une vision à l’échelle de la métropole. Résultat, Grenoble a perdu son attractivité et la qualité de vie s’est dégradée. L’élargissement de l’A 480 est indispensable, on n’a plus le choix. Je suis soulagée que le Département ait pu débloquer enfin ce chantier. Nature, riverains et usager ont tout à y gagner !”

 

Jérôme Urth, technicien au Département

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> IL COVOITURE COMME CONDUCTEUR
 

Quand il a vu que le service Illicov ouvrait une nouvelle ligne de covoiturage dans le Grésivaudan, Jérôme Urth n’a pas hésité :

“Le premier point d’arrêt est situé en face de chez moi, à Tencin, et le dernier à côté de mon lieu de travail, boulevard Jean-Pain à Grenoble ! Je me suis inscrit comme conducteur. Ça évite de rouler tout seul et ça rend service à quelqu’un, en préservant la planète.”

Pour ce technicien routier de 41 ans, le gros attrait d’Illicov réside dans sa souplesse d’utilisation : “On annonce son horaire de passage à l’arrêt par SMS (via l’application) juste avant de partir, pas besoin de s’engager à l’avance. Ce qui me convient, car il m’arrive d’avoir des suivis de chantier.”

Aucune motivation financière : en tant que conducteur, Jérôme cumule simplement des points cadeaux ou réductions via l’application Libravoo. Et côté passager, c’est gratuit !

 

Manolie, lycéenne à Villard-Bonnot

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> LE CAR LA REND PLUS INDÉPENDANTE
 

Résidant en alternance entre Villard-Bonnot (chez sa maman) et Grenoble (chez son papa), Manolie, 15 ans, est une habituée des lignes Express Transisère.

“Je prends le car les mardis et jeudis pour aller du lycée à la maison. Mais aussi les lundis et mercredis soir pour me rendre à mes cours de danse, à Crolles et à Bernin. C’est pratique, les cars passent très souvent, toutes les vingt minutes en journée et il y a pas mal d’arrêts. Ça me permet d’être moins dépendante de mes parents, qui ne peuvent pas toujours me ramener !

Avec mon pass Transisère en plus, je peux circuler gratuitement sur tout le réseau de la TAG. Les chauffeurs sont sympa en général et puis c’est climatisé : que des avantages !”

 

Éric Bouchet, directeur de l’office de tourisme des Deux-Alpes

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> SON AMBITION : MOINS DE VOITURES EN MONTAGNE
 

Chaque semaine en hiver, 15 000 personnes en moyenne se rendent aux Deux-Alpes, au cœur du massif des Écrins.

Soucieuse de préserver son cadre de vie et son air pur, la station se mobilise pour faire venir ses visiteurs en transports en commun :

“De décembre à avril, la station est déjà bien desservie par la ligne Transaltitude depuis Grenoble. Nous négocions actuellement avec la SNCF une liaison directe en train + bus de Paris ou de Lyon qui fera des Deux-Alpes une destination à part entière, explique Éric Bouchet, le directeur de l’office de tourisme. Ce qui rendra le car plus attractif.”

La commune agrandit aussi le parking de Venosc, pour privilégier l’accès en télécabine, et va créer des parkings souterrains au centre de la station. L’objectif est d’éliminer les voitures en surface d’ici à deux ans. 

 

 

Aurélie Monterrat, usagère de la ligne Express n° 1

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> ELLE SE REND AU TRAVAIL EN LIGNE EXPRESS
 

“Le car me fait gagner une heure de sommeil tous les matins mais aussi beaucoup d’argent”, témoigne Aurélie qui habite Montferrat dans le Pays voironnais et travaille au centre de Grenoble.
 
Pour réduire son temps de trajet, elle emprunte la ligne Express n° 1 qui relie Voiron à Grenoble, l’une des trois lignes Express du réseau Transisère. Je prends un premier bus à Montferrat qui me conduit jusqu’à la gare de Voiron. De là, je monte dans la ligne Express qui me dépose place de Verdun, à quatre minutes à pied de mon bureau. J’arrive très détendue : j’ai eu le temps de lire et d’écouter de la musique.”
 
Les lignes Express ont été conçues pour les usagers qui font quotidiennement le trajet domicile-travail : elles proposent un car toutes les quinze minutes aux heures de pointe et circulent sur une voie spéciale partagée (VSP) qui permet d’éviter les bouchons.   
 

 

Laurent Lejeune, PDG des cars VFD

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> IL ÉQUIPE SES CARS DE VIDÉOSURVEILLANCE
 

Depuis quelques années, une recrudescence des incivilités et du vandalisme a été constatée sur certaines lignes scolaires où quelques jeunes sont très dissipés..

Pour protéger les passagers, les conducteurs et le matériel, le Département a demandé aux transporteurs du réseau Transisère d’équiper leurs véhicules de systèmes de vidéosurveillance.

Ce dispositif est semblable à ceux que l’on trouve sur la voie publique. Deux ou trois caméras sont installées dans le véhicule pour enregistrer les faits. Visionnées après coup, les images retranscrivent ce qui s’est dit et produit, mais permettent surtout de retrouver les fauteurs de troubles ou les responsables de dégradation, preuve à l’appui.

Ce système a déjà montré son efficacité partout où il a été expérimenté. Il est très utile en termes de prévention et freine les incivilités”, explique Laurent Lejeune, le PDG des VFD. 

 

Sophie Escoffier, maman d’une enfant handicapée

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> SA FILLE VA AU COLLÈGE EN TAXI
 

 “Ce service de transport est essentiel pour permettre à ma fille Éva-Lune de poursuivre sa scolarité”, témoigne Sophie.

Grâce au Département, qui finance à 100 % les frais de déplacement, cette habitante de Champ-sur-Drac est rassurée. “Ma fille peut se rendre quotidiennement au collège Marc-Sangnier, à Seyssins, situé à 15 kilomètres de chez nous et bénéficier ainsi d’une scolarisation adaptée en Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire).”

Depuis qu’Éva-Lune est en sixième, un taxi vient la chercher tous les matins, à sa porte, à 7 h 30, pour la déposer devant le collège et la ramener le soir à 16 heures.

Ce dispositif contribue à l’inclusion scolaire des élèves reconnus handicapés et apporte une solution indispensable à leurs parents, surtout lorsqu’ils travaillent. Il est aussi très facile d’utilisation. “C’est le même chauffeur qui la conduit à l’école depuis trois ans, ce qui sécurise Éva-Lune autant que nous.”

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Publié le : 
08 août 2019