Ça s'explique

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SÉCURITÉ ROUTIÈRE : C'EST L'AFFAIRE DE TOUS !

 

La sécurité routière est au cœur des préoccupations du Département de l’Isère qui gère un réseau routier départemental de 4 680 kilomètres. Mais il n’est pas le seul aménageur des voiries. Communes et intercommunalités ont aussi leurs propres projets, ce qui peut parfois engendrer des disparités en matière d’aménagement routier et impacter le comportement des automobilistes. Un document a été élaboré par le Département pour harmoniser les pratiques sur son réseau. Présentation par Bernard Perazio, vice-président du Département chargé de la voirie.

Bernard Perazio, vice-président du Département chargé de la voirie 

 

Isère Mag : Quels sont les principaux acteurs compétents sur les routes départementales ?

Bernard Perazio : On distingue deux acteurs majeurs de la route départementale.  En premier lieu, le Département. Gestionnaire d’un réseau routier de 4 680 kilomètres, il garantit la conservation du domaine public et délivre avis et autorisations de voirie. Le deuxième acteur, ce sont les communes.

Pour la partie des routes départementales située en agglomération, le maire exerce son pouvoir de police de circulation pour assurer la sécurité sur ces sections de voiries*. Cela concerne la limitation de vitesse, le stationnement, les gabarits et les interdictions.

En agglomération, ces deux collectivités détiennent donc des responsabilités croisées. Hors agglomération, c’est le président du conseil départemental qui exerce l’ensemble des pouvoirs de police de la circulation. Enfin, un troisième acteur à ne pas oublier, ce sont les riverains. Ils ont également des obligations comme celle de ne pas laisser empiéter la végétation sur le domaine public routier.

 

I.M : Pourquoi avoir élaboré un document de référence sur les aménagements de sécurité routière ?

B.P. : Lorsque l’on prend la route, on s’aperçoit assez vite que les aménagements essentiels à la sécurité des usagers ne sont pas tous réglementés ou normés de la même manière, qu’il peut y avoir, par exemple, des disparités en entrée ou en traversée d’agglomération en ce qui concerne la signalisation horizontale, c’est-à-dire le marquage au sol, les dispositifs de ralentisseur ou les bandes cyclables.

Pour assurer une meilleure cohérence des aménagements de sécurité routière, les services du Département ont élaboré un outil technique, le « Référentiel départemental des aménagements de sécurité routière » à destination des collectivités locales et des bureaux d’études.

 

I.M : Qu’est-ce que cela va changer dans notre quotidien ?

BP : À terme, nous devrions avoir des infrastructures routières qui limiteront les impacts d’une erreur de conduite involontaire grâce à des aménagements offrant une meilleure perception de la route et de ses dangers : aux intersections, par exemple, avec une augmentation de la distance de visibilité ou encore en supprimant des obstacles latéraux, facteurs potentiels d’aggravation de sortie de route.

Les aménagements recommandés permettront aussi aux usagers de mieux partager la route avec des bandes ou des pistes pour les modes doux, une uniformisation des ralentisseurs dans les zones de fréquentation piétonne – agglomérations, hameaux…– ou encore la suppression du marquage axial lorsque l’on pénètre en agglomération pour mieux signifier le changement d’environnement au conducteur. On sait que l’absence de signalisation routière au sol incite les automobilistes à réduire leur vitesse. Cette mesure appelle à plus de vigilance.

 

I.M : Le gouvernement envisage de donner la possibilité aux conseils départementaux de revenir sur la mesure des 80 km/h tant décrié notamment en milieu rural. Quelle est la position du Département sur un possible retour à 90 km/h sur certaines routes départementales ?

B.P : Concernant  la limitation à 80 km/h, nous avons dénoncé le fait que cette mesure avait été prise sans aucune concertation. Si le passage à 80 km/h aurait pu s’expliquer à certains endroits, il est au contraire inadapté voire dangereux dans d’autres. C’est pourquoi, plutôt qu’un abaissement systématisé et aveugle de la vitesse autorisée, nous avons toujours privilégié la sécurité de nos usagers par des efforts dans la prévention et des investissements conséquents dans les infrastructures routières.

Nous savons que les accidents mortels sont dus aux délits de très grande vitesse, à l'alcoolisme, à la consommation de drogues... Cela ne peut pas être solutionné par une baisse uniforme de 10 km/h sur l’ensemble de notre réseau.

Pour nous, de nombreuses incertitudes demeurent sur cette mesure car aujourd’hui, nous restons toujours suspendus à la communication des dispositions législatives et réglementaires correspondant à cette annonce.

 

* ou l’intercommunalité si la commune l’a transféré.

 

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Publié le : 
08 août 2019