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BABÉLIENS

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Trois semaines durant partout en Isère, les sons vont franchir allègrement murs et frontières avec des musiciens d’ici ou là-bas, pour les Détours de Babel.

Par Véronique Granger

  • Le Kaladjula Band, l’orchestre féminin-phare de Bamako, à découvrir au Musée dauphinois le 24 mars avec sa chanteuse Naïni Diabaté.
Le Kaladjula Band, l’orchestre féminin-phare de Bamako, à découvrir au Musée dauphinois le 24 mars avec sa chanteuse Naïni Diabaté.
 

Une jeune pianiste française (Ève Risser) et une griotte malienne (Naïny Diabaté), une légende du violon indien (Lakshminayarana Subramaniam) et un virtuose de la kora (Ballaké Sissoko), un chanteur et corniste de jazz (Médéric Collignon) et une rappeuse (Pumpkin) sur fond de hip-hop des années 1980 (Jus de Bocse), des derviches tourneurs (Bab Assalam) et de la poésie circassienne (Sylvain Jullien)…

Voilà, au hasard, quelques-uns de ces « croisements » inouïs repérés entre les 272 artistes de 26 nationalités différentes qui vont débouler avec tambours, trompettes ou orgues aux quatre coins de l’Isère, hors des sentiers battus.

Métisser genres musicaux et couleurs de peau pour de nouvelles saveurs musicales, c’est dans l’ADN de ce festival unique en France. “Face au repli identitaire, la rencontre est une force plus qu’une menace. Appréhender la culture de l’autre, c’est la reconnaître”, défend Benoît Thiebergien, directeur du Centre international des musiques nomades et orchestrateur en chef de ce méga-événement.

 

>  DES CRÉATIONS ET DES CONCERTS FESTIFS

 

L’une des spécificités de ce festival, c’est aussi l’absence de « têtes d’affiche » – même si beaucoup d’artistes sont des stars dans leur pays. La batteuse et compositrice de jazz française Anne Paceo (Victoire de la musique en 2011) et son orchestre franco-birman, Fables of Shwedagon, donneront ainsi leur unique concert en Europe à Vienne, au Manège.

Soutenus par le Département, l’État, la ville de Grenoble et la Région, les Détours font également la part belle à la création en contribuant à faire émerger des talents locaux. Parmi les neuf productions du festival, citons ce carnet de voyage musical entre la comédienne Anne Alvaro et le pianiste François Raulin (à Grenoble, le 22 mars). Ou Pièces à vivre, de la chorégraphe iséroise Sylvie Guillermin, avec le chanteur multi-instrumentiste Arash Sarkechik (à Saint-Paul-lès-Monestier, le 5 avril).  

Danse, transes, groove… Les Détours, ce sont également de nombreux moments festifs et des dimanches en famille à « bruncher » et se prélasser en musique au Musée dauphinois : on se retrouve sous la yourte ou sur les terrasses de l’ancien couvent pour une journée de spectacles, d’installations, de performances et d’autres surprises sucrées ou salées…

Le tarif est libre, donc pas de contrainte, dans l’esprit de ce festival « ouvert » à tous les curieux. Sachant quand même que quasi tous les concerts en salle font le plein, n’oubliez pas de réserver !

 

ZOOM

UN DIMANCHE INOUBLIABLE AU FORT BARRAUX

Pour clore le festival en beauté le 7 avril, les Détours de Babel et Paysage>Paysages vous donnent rendez-vous dans l’une des plus anciennes et prestigieuses places défensives des Alpes, au fort Barraux, au-dessus de la vallée du Grésivaudan.

Un lieu exceptionnel pour tout un dimanche de concerts, de visites guidées ou d’ateliers de découverte, qui nous feront voyager du golfe Persique à la Sibérie, via le Rajasthan ou Bali à travers les différents espaces du fort.

PRATIQUE

 

  • Du 15 mars au 7 avril
  • 117 concerts et spectacles dans 22 communes de l’Isère
  • 272 artistes de 26 nationalités différentes
  • 9 créations internationales et 8 chantiers (appels à projets jeunes créateurs)
     

Détours de Babel

PARMI LES ARTISTES ATTENDUS...

Le Kaludja Band, l’orchestre féminin phare de Bamako avec sa chanteuse NaÏni Diabaté : une diva malienne ! (24 mars,Musée Dauphinois).
L’orchestre franco-birman Fables of Shwedagon et Anne Paceo (28 mars, Manège de Vienne).
Goran Bregović rend hommage à la Jérusalem des Balkans dans ses « Trois lettres de Sarajevo », avec son orchestre des Mariages et des enterrements (15 mars, MC2 Grenoble).
Saeid Shanbehzadh, musicien et danseur renommé du sud de l’Iran, recréera sur scène la fête de ses ancêtres africains telle qu’elle se déroulait dans la vieille ville de Boushehr, sur le golfe persique (7 avril, Fort Barraux).
Arbrassons, des sculptures sonores uniques qui chantent sous la caresse de la main, par le Duo Angeli Primitivi. (7 avril, Fort Barraux).
Olena Uutai, virtuose du chant chamanique de Sibérie et de la guimbarde khomus, s’inspire de la nature et du chant des oiseaux. Ses improvisation sur scène sont époustoufflantes ! (7 avril, Fort Barraux).
Les Bavardes : cinq chanteuses a capella et une récitante qui mixent  joyeusement motets du Moyen âge et pièces du XXe siècle avec beaucoup d’humour (31 mars, Musée dauphinois).
Laurence Bourdin et sa vielle à roue électroacoustique (31 mars, Musée dauphinois).
Avec son quartet Jus de Bocse, le cornettiste de jazz Mederic Collignon invite la rappeuse Pumpkin à revisiter le hip hop des années 80. (22 mars, salle des fêtes de Voiron).
Mieko Miyazaki fait revivre à merveille l’art du koto japonais, en lui unissant le chant et ses propres mélodies (le 29 mars et le 30 mars à Grenoble).
Pixvae, un combo colombo-lyonnais explosif avec voix haut perchées et guitare saturée (le 6 avril à la Bobine, à Grenoble).
Le Jaipur Maharaja brass-band : une fanfare envoûtante du Rajashstan en costumes traditionnels.

LE TEASER EN VIDÉO

Publié le : 
03 mars 2019