GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère

AZIZ BENKAHLA

 

> ENTRAÎNEUR ZEN DU GSMH38

Par Corine Lacrampe


Originaire de Chalon-sur-Saône, Aziz Benkahla est arrivé à Saint-Martin-d’Hères voilà six ans pour entraîner le Grenoble Saint-Martin-d’Hères Métropole Isère Handball – GSMH38.

Depuis, ce handballeur de haut niveau d’un calme olympien, qui exerça à Villefranche-sur-Saône et Valence, passe la majeure partie de son temps sous la halle Pablo-Neruda.

D’autant plus que c’est ici qu’il s’adonne deux à trois fois par semaine à son autre passion : le ju-jitsu brésilien, un art martial de self-défense apparenté au judo : “C’est un sport d’auto-défense à mains nues qui privilégie le combat au sol.” Un art de la concentration et du contrôle qui l’aide à conserver une attitude zen en toutes circonstances. Après sa séance de ju-jitsu, Aziz décompresse quelques minutes avant de passer son sifflet autour du cou et de retrouver son équipe sur le terrain.

Le handball pour lui, c’est une évidence et une histoire de famille : “J’ai commencé tout petit à l’école, comme mes frères. Nous sommes encore trois dans le circuit, deux ont raccroché. J’aime ce sport collectif très technique. C’est une école de la vie où l’on s’éduque, se développe, s’enrichit.” Champion de France de Nationale 1 en 2018, le GSMH38 évolue actuellement en deuxième division. Après quelques échauffements, les 14 professionnels de l’équipe Proligue font cercle autour d’Aziz Benkahla, à l’écoute des consignes.

À 41 ans, il garde la passion, beaucoup d’envie et toujours le rêve d’aller plus haut, même si se maintenir est déjà très bien. Une confiance et une humilité qu’il insuffle à son équipe.

 

GSMH Handball

 

ELSA KUNZLI

 

> FUTURE CHEFFE DE LA GASTRONOMIE

Par Sandrine Anselmetti
Crédit photo : F. Pattou


Une future cheffe étoilée pour l’Isère ? En tout cas, un avenir prometteur s’ouvre d’ores et déjà devant la talentueuse Elsa Kunzli, originaire de Moidieu-Détourbe.

À 17 ans, cette apprentie en cuisine à l’EFMA, un centre de formation de Bourgoin-Jallieu, est sélectionnée en septembre dernier, grâce à ses excellents résultats (19 de moyenne en pratique au CAP !), pour participer au concours “Un des meilleurs apprentis de France.

D’abord sacrée meilleure apprentie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, elle accède à la finale nationale en janvier dernier, où elle termine deuxième, juste derrière l’apprenti du chef Alain Ducasse. Elle remporte par ailleurs le prix d’excellence en pâtisserie, avec comme récompense un stage dans la célèbre maison Lenôtre, à Paris.

“Je ne pensais pas finir deuxième ! J’y suis d’abord allée pour me faire plaisir, gagner aurait été un bonus”, témoigne Elsa, ravie. “Elle a fait un parcours exemplaire !”, poursuit celui qui l’a accompagnée dans cette aventure, Claude Subtil, du restaurant Le Grill, à Villeneuve-de-Marc, où Elsa fait son apprentissage.

Le concours a été un engagement réciproque et un énorme investissement pour Elsa, Claude et son fils Xavier, qui ont préparé d’arrache-pied chaque épreuve. “Le menu du concours nous a été communiqué un mois à l’avance. Nous avons répété toutes les techniques une dizaine de fois et réalisé le menu six fois de A à Z en travaillant le chrono. Durant les deux dernières semaines, je me suis levée tous les jours à 5 heures du matin, sans jour de repos”, raconte Elsa.

Et le jeu en valait la chandelle : “Elle a même fini première à l’épreuve du dessert. Une performance qu’elle doit à sa grande minutie !”, conclut le maître, fier de son élève.

KÉVIN MICOUD

 

> L'AS DE LA MANIPULATION

Par Marion Frison

Crédit photo : Jérome Blanchet


Il lit dans vos pensées ou devine le mot que vous avez choisi dans un livre. Le Sassenageois Kevin Micoud est mentaliste. “Le mentalisme est un divertissement qui repose sur les facultés du cerveau humain. J’utilise les codes de la magie auxquels j’ajoute d'autres compétences pour créer des situations irrationnelles : travail sur la mémoire, les probabilités, les comportements, la double réalité…”, explique-t-il.

Kevin s’est pris au jeu il y a dix ans, devant une vidéo du magicien star Stéphane Vanel. Fasciné, le jeune étudiant décide de percer ses secrets et se livre à un entraînement maladif. “Je pratiquais en geek dans ma chambre, sans imaginer en faire un métier”, précise-t-il. Repéré par le propriétaire du XS, un restaurant de Seyssins, il débute en close up, avant de démissionner de son poste de directeur commercial pour se consacrer à sa passion.

Depuis, il s’est taillé un joli palmarès : finaliste du Spectacle magique de l’année 2017-2018 organisé par la Fédération française des artistes prestidigitateurs, un prix équivalent aux Molières pour le théâtre ou aux Césars pour le cinéma, il a également été sacré champion de France, puis médaillé d’or aux Championnats du monde WCOPA 2018 à Hollywood.

Cet artiste de 30 ans est aussi un homme de cœur. Il parraine depuis 2017 la Maison des parents qui accueille les familles d’enfants hospitalisés au sein de l’hôpital couple-enfant du CHU. Et donne également chaque année des spectacles au bénéfice de la Ligue contre le cancer et de l’association Locomotive.
 

Contact : 06 49 41 50 23

 

ZORAH VIOLA

 

> DE FAMILLE À TRIBU

Par Véronique Granger
Crédit photo : F Pattou


Arrivée à la retraite en 2011, à 63 ans, Zorah Viola a trouvé sa grande maison bien vide à La Mure. Trente ans durant, avec son mari éducateur, elle y a élevé une vingtaine d’enfants placés, en plus de sa fille et de son fils, en tant que famille d’accueil (salariée du Département). “Trente ans de bonheur”, assure-t-elle avec son sourire rayonnant.

Cette ancienne comptable, sûre de ses compétences de mère, a pourtant failli tout abandonner après le premier enfant confié par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) : “Il était très perturbé, avec une mère psychotique qu’il retrouvait tous les week-ends. Il a réactivé mes propres angoisses.”

Heureusement, la psychanalyste Nicole Tréglia, qui travaillait alors à l’ASE, a su trouver les mots pour la rassurer et la conforter dans sa vocation. “J’ai entrepris un travail sur moi-même, qui m’a permis de grandir et de pouvoir m’occuper de ces enfants en grande difficulté. La ‘supervision’ analytique a aussi aidé à nouer des liens de confiance avec leurs familles respectives et à éviter qu’ils ne se sentent tiraillés.”

Cette expérience, Zorah la raconte dans un livre passionnant, édité chez L’Harmattan. Le titre est en soi tout une confession : De famille à tribu, tout le monde n’a pas eu ma chance d’avoir une mère tordue. Si les prénoms ont été changés, ses anciens pupilles, invités à une lecture collective avant parution, se sont tous reconnus… “Ils n’ont pas demandé à changer une virgule”, se réjouit Zorah. “Ce livre, c’était aussi pour leur rendre hommage.”

Un témoignage fort, qui se dévore comme un roman.

LISA BIENVENU

 

> FANTASTIQUE LECTRICE

Par  Annick Berlioz
Crédit photo : F. Pattou


“Ce qui m’étonne le plus chez les enfants, c’est leur soif d’écoute et leur capacité à construire une histoire à partir de quelques images et de quelques mots. À la fin de mes lectures, je leur laisse toujours un peu de temps pour exprimer ce qu’ils ont sur le cœur”, confie Lisa Bienvenu, 41 ans, médiatrice du livre jeunesse.

Titulaire d’une licence de lettres modernes, cette habitante de Vinay a travaillé pendant quatorze ans dans l’édition, en bibliothèque et dans les librairies.

Depuis 2015, elle intervient dans les centres sociaux, les crèches, les caves à vin… pour lire de belles histoires aux adultes comme aux enfants. L’an passé, elle s’est rendue dans les onze centres de protection maternelle et infantile (PMI) de l’agglomération grenobloise pour partager sa passion de la lecture jeunesse avec les usagers.

Ce projet, financé par le Département de l’Isère, fait suite à une demande des puéricultrices et des médecins de PMI. “J’étais présente dans les salles d’attente avec une centaine de bouquins illustrés. Ces lieux sont souvent angoissants pour les familles qui craignent les vaccins et peuvent y trouver le temps long. L’objectif était de leur offrir un moment de tranquillité. Les histoires font toujours beaucoup causer. Et l’émotion que l’on ressent à la lecture d’un texte permet de resserrer les liens entre les enfants et les parents.”

En 2019, cette initiative devrait être renouvelée dans l’agglomération grenobloise et pourrait voir le jour dans d’autres territoires isérois.
 

Contact : 06 30 36 13 19
 

 
Publié le : 
03 mars 2019