Ça s'explique

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POURQUOI LE DÉPARTEMENT SOUTIENT-IL L'AÉROPORT DE GRENOBLE-ALPES-ISÈRE

 

Le Département de l’Isère doit-il continuer de soutenir financièrement l’aéroport international de Grenoble-Alpes-Isère ? Alors que certains dénoncent “un gaspillage d’argent public pour maintenir un équipement structurellement déficitaire”, Jean-Claude Peyrin, qui pilote ce dossier depuis 2015, revient sur cette appréciation qu’il qualifie de dogmatique et de non conforme à la réalité des chiffres. Interview.

Par Richard Juillet

Jean-Claude Peyrin, vice-président du Département chargé des transports et des mobilités

 

Isère Mag : Pourquoi le Département gère-t-il un aéroport comme celui de Grenoble-Alpes-Isère ?

Jean-Claude Peyrin : Le Département a hérité de cette infrastructure en 2001 à la suite d’une décision de l’État qui nous en a transféré la propriété domaniale. C’est important pour notre territoire d’avoir un tel outil de développement économique et touristique.

Nous l’avons modernisé en construisant un terminal affaires et une nouvelle aérogare plus confortables et en entreprenant de nombreux travaux de mise aux normes : pistes, terminaux, parkings, signalisation… Ces investissements, que nous poursuivons de concert avec notre délégataire, ont permis de faire de cette plateforme aéroportuaire une porte d’entrée moderne et performante sur les Alpes.

 

I. M. : Pourquoi avoir confié sa gestion à une entreprise privée ?

J.-C. P. : Gérer et développer un aéroport demandent des compétences très spécifiques et du personnel rompu aux négociations commerciales avec les compagnies aériennes et les tour-opérateurs !

C’est pour cela qu’en 2004 un appel d’offres a été lancé pour confier, dans le cadre d’une délégation de service public, la gestion et le développement de l’aéroport à un opérateur spécialisé.

C’est la Seag qui sera retenue pour exploiter l’aéroport et depuis 2008, c’est la Seagi, filiale de Vinci Airports, qui remplit cette mission sous le contrôle du Département de l’Isère.

 

I. M. : En contrepartie, le Département verse à cet opérateur une rétribution financière : la « contribution au service public ». Quel est son montant et comment est-elle calculée ?

J.-C. P. : Le contrat qui nous lie avec l’opérateur prévoit que le Département lui verse une contribution fixe au moins égale à 500 000 euros chaque année, complétée par une part variable calculée en fonction du nombre de passagers.

Cette contribution a atteint 2 millions d’euros environ en 2018, mais elle n’était que de 1 million en 2003 alors que les chiffres de fréquentation étaient au plus bas – 178 516 passagers. Nous restons parfaitement dans le cadre de cette disposition contractuelle avec 350 000 passagers enregistrés en 2018.

Il faut mettre en perspective ces 2 millions d’euros, représentant moins de 1 % du budget mobilité du Département, avec les 150 millions d’euros de chiffre d’affaires générés sur notre département. Avoir un aéroport dans le département est un atout.

 

I. M. : Quels arguments opposez-vous à ceux qui remettent en cause le bien-fondé de l’aéroport de Grenoble-Alpes-Isère ?

J.-C. P. : L’aéroport de Grenoble-Alpes-Isère est l’une des portes d’entrée du Département à l’international. Plus de 350 000 passagers l’ont fréquenté l’an passé avec, depuis trois ans, une fréquentation à la hausse. Avec notre délégataire, nous travaillons à atteindre 400 000 passagers à l’avenir.

D’autant qu’il doit devenir aussi, et c’est notre ambition, une porte de départ des Isérois vers l’Europe. À cela s’ajoutent les vols d’affaires, 1 300 recensés l’an passé, qui, avec le nouveau terminal, permettent à nos entreprises de recevoir délégations et clients étrangers.

L’aéroport de Grenoble-Alpes-Isère est aussi un outil stratégique pour l’économie iséroise. Nos partenaires, dont les chambres de commerce et d’industrie de Grenoble et du Nord-Isère, sont très satisfaits de son existence et des activités qu’il induit. Grâce à l’aéroport, les stations de ski iséroises attirent une très grande partie de clientèle internationale, notamment anglo-saxonne.

Et les projets sur site ne manquent pas. Nous sommes en train d’élaborer un nouveau projet d’accueil de l’École nationale d’aviation civile pour l’installer dans de nouveaux locaux, plus modernes et fonctionnels, permettant de répondre à leurs missions de formation.

D’autre part, des entreprises aéronautiques s’intéressent de plus en plus à ce pôle aéroportuaire qui dispose d’un potentiel de développement à mi-chemin des métropoles grenobloise et lyonnaise.

 

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Publié le : 
03 mars 2019