LE CHÂTEAU DE ROUSSILLON

BERCEAU DU NOUVEL AN

Notre histoire

L’édit royal qui a instauré le 1er janvier comme premier jour de l’année civile a été signé le 9 août 1564 en Isère, au château de Roussillon. Pourquoi ? Retour en arrière.

Par Marion Frison
Crédit photo : R.Juillet

Dans la salle de l’Édit, le maire de Roussillon, Robert Duranton, aux côtés  de membres de l’Association de l’édit de Roussillon en costumes Renaissance.

 

Le château de Roussillon a été le théâtre d’un événement majeur. C’est là, en effet, que le 9 août 1564, le roi Charles IX a imposé la date du 1er janvier comme premier jour de l’année calendaire.

“Pour promouvoir ce pan de l’Histoire méconnu et rendre à notre ville ses lettres de noblesse, nous préparons, en copartenariat avec l’Association de l’édit de Roussillon, une grande fête Renaissance à l’occasion du 455e anniversaire de cette décision”, explique Robert Duranton, maire de Roussillon et vice-président du Département.

Rien ne laissait présager que la cité roussillonnaise connaîtrait cette heure de gloire. Rien, si ce n’est un de ces caprices inattendus de l’Histoire.

 

> UNE COUR NOMADE
 

Le 24 janvier 1564, à peine couronné roi, le jeune Charles IX, 14 ans, entreprend un tour de France dans les jupons de sa mère, Catherine de Médicis, pour découvrir son royaume et pacifier le pays au lendemain de la première guerre de Religion.

Parti pour quelques mois, sans itinéraire précis, le cortège va passer deux ans et demi sur les routes et parcourir près de 4 000 kilomètres. Le convoi ne passe pas inaperçu.

Les princes, les ducs, les barons, les prélats qui suivent la cour, les uns par devoir, les autres par ambition, sont si nombreux qu’à chaque voyage le cortège de 8 000 chevaux et d’autant de personnes (peine) à trouver ses logements… Les villes peuvent même parfois ne pas loger la cour tout entière, qui s’arrange dans les villages environnants”, raconte Jérôme Lippomano, ambassadeur de Venise à la cour de France.

Mais à proximité de Lyon, l’équipée vire au cauchemar. Une épidémie de peste contraint le roi et sa mère à se réfugier à Crémieu, puis à Roussillon, dans le château du cardinal de Tournon, où ils vont séjourner du 17 juillet au 15 août.

La cour s’étourdit de fête en fête. Entre deux ripailles, le roi et son conseil gouvernent. Charles IX cherche des idées pour réaffirmer le pouvoir monarchique.

Pourquoi ne pas uniformiser le calendrier pour gommer les particularités régionales ?

 

> UN PREMIER JOUR DE L'ANNÉE VARIABLE SELON LES DIOCÈSES
 

À l’époque, l’année commençait le 25 décembre dans le Poitou, la Normandie, l’Anjou ou encore à Lyon, mais le 25 mars à Vienne, à 30 kilomètres plus au sud. Ailleurs, c’était à Pâques.

Si bien que quand l’année 1564 débute à Lyon, une partie du royaume est encore en 1563 pour plusieurs mois. Pas facile de gouverner dans ce contexte.

En optant pour un jour qui ne correspondait à aucune fête religieuse, reprenant par ailleurs le nouvel an défini par Jules César dans son calendrier julien en 45 av. J.-C., Charles IX pensait apaiser les tensions entre catholiques et protestants.

 

> DE L'ÉDIT DE ROUSSILLON AU CALENDRIER GRÉGORIEN
 

L’édit, signé le 9 août dans la salle haute du château par le ministre Sébastien de l’Aubespine, en présence de Charles IX et de sa mère, puis enregistré par le parlement de Paris le 22 décembre 1564, devait s’appliquer à compter du 1er janvier 1565.

En réalité, il faudra attendre 1580 pour qu’il s’impose à tout le royaume. En 1582, le pape Grégoire XIII étend cette mesure à l’ensemble de la chrétienté. La généralisation de cette date s’est ensuite imposée au Moyen-Orient, en Asie, puis, plus tard, en Amérique et en Afrique.

À Roussillon, l’équipée royale s’achève dans la confusion comme elle a commencé, lorsque au lendemain d’une nuit agitée, Mademoiselle de La Mare, une demoiselle de compagnie de la Médicis, rend l’âme.

Ambroise Paré, le chirurgien du roi, est formel. La peste l’a emportée. La cour reprend la route et se met à l’abri à Valence, puis dans le Comtat venaissin, avant de faire un détour par Salon-de-Provence où Catherine de Médicis consulte le mage Nostradamus.

Cette grande épopée s’achèvera à Paris le 15 mai 1566. 

 

 VISITE DU CHÂTEAU DE ROUSSILLON 

Le château de Roussillon, ancienne demeure du cardinal de Tournon.
La cour d’honneur.
Le château de Roussillon abrite l’hôtel de ville de la commune.
La salle de l’Édit.
La chambre de Catherine de Médicis.
Tapisserie de la Dame à l’orgue (XVe siècle).
Détail de fresque murale.
Autre salle d’apparat.

 REPÈRES 

 >  ROUSSILLON : SEUL CHÂTEAU RENAISSANCE EN ISÈRE

Ce château Renaissance, conçu par l’un des grands maîtres de l’architecture italienne, Sebastiano Serlio, a été construit entre 1548 et 1555 pour le cardinal François de Tournon, haut dignitaire de l’église et conseiller personnel du roi François Ier.

Le bâtiment, classé monument historique, présente des caractères architecturaux inédits dans la vallée du Rhône : façades de style florentin, escalier à balustres, plafond à la fougère, mur ajouré et grotesques du XVIe siècle. La visite guidée permet de découvrir la magnifique salle de l’Édit et la chambre de Catherine de Médicis, où sont conservées quelques tenues lui ayant appartenu.
 

Contacts : 04 74 29 01 00 ou 04 74 29 01 18

 

Ville de Roussillon

 
  • Portraits du roi Charles IX et de sa mère Catherines de Médicis.

 ZOOM 

 >  UNE FÊTE RENAISSANCE

Le 10 août, Roussillon célébrera son édit. La municipalité, les associations de l’édit de Roussillon, des Casse-Cou, des Galops d’histoires et le cirque Patoche vous invitent à vivre quelques heures à l’époque de la Renaissance.

  • Dès 8 h : rassemblement au parking des chasseurs, chemin de la Sanne, et départ du convoi royal vers le château.
  • De 10 h à 12 h : conférences suivies d’un concert de mandoline (salle S.Serlio).
  • De 12 h à 13 h : remise des clés de la ville au roi Charles IX.
  • Temps de midi : repas à déguster auprès des stands des commerçants roussillonnais.
  • Dès 18 h 30 : signature de l’édit en présence de Charles IX et de sa cour.
  • Dès 19 h : grand apéritif (sur réservation).
  • Dès 20 h : repas Renaissance (sur réservation), suivi d’une descente aux flambeaux.
     

Mais aussi :

  • Dès 13 h 30 : visites du château entrecoupées d’intermèdes musicaux.
  • De 13 h 30 à 18 h 30 : déambulations, saynètes, cirque, spectacles de danse, balades en calèche…

 

 

Publié le : 
05 mai 2019