PRENONS SOIN

DES AIDANTS !

Autonomie

Avec le vieillissement de la population, de plus en plus d’Iséroises et d’Isérois sont amenés à soutenir un proche dépendant, souvent au détriment de leur santé. Le Département les aide à surmonter cette épreuve et à prendre soin d’eux.

Par Annick Berlioz
Crédit photos : F. Pattou

 

  • Monique, 71 ans, qui s’occupe de son compagnon Gilbert, a trouvé du réconfort au Café des aidants.

 

Monique, 71 ans, qui réside au Touvet, s’occupe de son compagnon atteint d’une paraplégie spastique héréditaire, une maladie neuro-dégénérative qui atteint les membres inférieurs.

“Gilbert a de plus en plus de problèmes d’accessibilité et se déplace en fauteuil roulant. Au fil du temps, j’ai dû faire face à de nouvelles difficultés et m’adapter en permanence à ses besoins. À la longue, c’est très fatigant !”   

Comme 11 millions de Français et près de 20 000 Isérois, Monique est « aidant familial » . Elle intervient de manière régulière et à titre non professionnel auprès d’un proche dépendant.

“Les aidants jouent un rôle fondamental dans la société. Sans eux, des milliers de personnes ne pourraient plus vivre chez elles. Mais leur présence au côté du malade est très éprouvante physiquement et moralement. Bien souvent, ils s’imposent un rythme infernal et finissent par s’épuiser, explique Laura Bonnefoy, vice-présidente du Département chargée de la dépendance et du handicap.

Un constat confirmé par une étude réalisée en 2017 par la Fondation April qui indique que 38 % des aidants sont soumis au stress et à l’anxiété et qu’un sur trois souffrirait de dépression.

 
 

> S'OFFRIR UNE PAUSE SALVATRICE

 

Face à cet enjeu de société, le Département de l’Isère a mis en place plusieurs dispositifs d’aide. Groupes de parole, « cafés des aidants », conférences, ateliers d’écriture, formations…

Depuis 2015, de nombreuses actions voient le jour partout dans les territoires. Objectif : proposer des lieux d’échange où il est possible de parler librement de ses problèmes et de se donner des conseils mutuellement.

Monique y a trouvé beaucoup de réconfort. “Je me rends régulièrement au café des aidants. J’ai appris à me protéger sans culpabiliser. Depuis, je m’accorde plus facilement du temps pour moi.”

De nouvelles formes d’intervention à domicile sont aussi expérimentées, comme cette aide de 500 euros octroyée par le Département dans le cadre de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et de la Prestation de compensation du handicap (PCH), qui offre la possibilité de faire appel à une structure professionnelle pour prendre le relais.

Enfin, l’ouverture de 42 places en hébergement temporaire et de 41 places en accueil de jour d’ici à 2020 permettra aux aidants de prendre un peu de répit et de vivre aussi pour eux.

 

Plus d'infos

 

VIDÉO : AIDER UN PROCHE JUSQU'À L'ÉPUISEMENT 
(Reportage de France 5)

 

 REPÈRES 

 

> LES AIDANTS EN FRANCE (CHIFFRES 2018)

  • Plus de 11 millions d’aidants
  • 58 % sont des femmes
  • 52 % ont une activité professionnelle
  • 86 % aident un membre de leur famille
  • 67 % des aidés vivent à domicile

 

> PRINCIPAUX PROBLÈMES DE SANTÉ RENCONTRÉS :

  • 38 % des aidants sont soumis au stress
  • 32 % ont un sommeil perturbé
  • 30 % souffrent de douleurs physiques (mal au dos)

 

Publié le : 
01 janvier 2019