GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère

CÉDRIC ROSSERO

 

> UNE VIE EN MUSIQUE

Par Véronique Buthod


Les sons l’accompagnent depuis le couffin. Avec un père trompettiste – directeur du centre musical Accords de Villard-Bonnot depuis 1982 –, une mère flûtiste, une sœur professeure de cor, Cédric Rossero pouvait difficilement échapper au virus.

“Tout petit, j’ai pris un baryton dans le bureau de mon père et j’ai soufflé dedans…”, sourit-il. À 6 ans, il commence l’euphonium – un mini-tuba – et poursuit son parcours aux conservatoires de Grenoble et Villeurbanne, puis au Conservatoire national supérieur de Paris.

Aujourd’hui, la vie de ce passionné de 32 ans se partage entre l’Isère et la région parisienne… quand il ne joue pas, partout en France, avec l’orchestre de la Musique de l’air qu’il a intégré en 2006. Militaire « spécialisé musicien », professeur d’euphonium à Villard-Bonnot, il dirige aussi l’harmonie d’Eybens-Poisat.

“J’ai du plaisir dans cette variété, avec des projets très différents !” 

 

UN COLLECTIF TRÈS FORT

À cette palette s’ajoute une activité moins connue, le brass band. Unique en Isère, le Brass Band Accords de Villard-Bonnot, qu’il dirige, réunit une trentaine de musiciens amateurs.

Un de leurs objectifs : se confronter à d’autres formations, lors d’un concours à l’échelle nationale. “Le mode de jeu est particulier ; il nécessite écoute et autonomie”, souligne Cédric Rossero, également instrumentiste au sein du Paris Brass Band.

En 2018, les Isérois ont remporté le premier prix en Division 1. “C’est un tel bonheur à jouer ! On cherche l’excellence et on partage des moments inoubliables.” Une autre façon de vivre la musique.

 

LAURA TARANTOLA

 

> CHAMPIONNE DU MONDE D'AVIRON

Par Richard Juillet


Il n’y a pas que les Bleus qui ont été sacrés champions du monde en 2018 ! À 24 ans, la rameuse grenobloise Laura Tarantola peut également se prévaloir de ce titre suprême, remporté en septembre dernier sur le plan d’eau de Plovdiv, en Bulgarie.

Pourtant, à l’origine, rien ne la prédisposait à remporter cette course en catégorie skiff poids léger. “Je concours généralement en deux de couple poids léger avec ma partenaire Claire Bové. Mais elle a dû déclarer forfait. C’était une opportunité de tenter quelque chose en individuel pour tester mon niveau à l’international”, explique-t-elle.

Une prise de risque qui s’est avérée gagnante, mais qui ne doit rien au hasard. Sociétaire de l’Aviron grenoblois depuis l’âge de 14 ans – c’est une amie du collège qui lui a fait découvrir ce sport –, Laura enchaîne 11 entraînements par semaine, sept jours sur sept, matins et après-midis, quelles que soient les conditions météorologiques !

 

SE QUALIFIER POUR LES JO DE TOKYO

Le goût de l’effort et de l’excellence, Laura les cultive aussi dans ses études. Étudiante à Grenoble École de management, elle termine un master d’études supérieures en management et se destine aux métiers du marketing et de la communication.

Mais pour l’heure, son objectif est de se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo. Et pour cela, elle doit une nouvelle fois briller lors des prochains championnats du monde, qui auront lieu cet été en Autriche.

Après Xavier Dorfman, médaillé d’or aux JO de Sydney en 2000, Laura ramènera-t-elle à son club formateur, fleuron de l’aviron tricolore, une deuxième médaille olympique ?

Rendez-vous entre le 25 juillet et le 1er août 2020 en baie de Tokyo.

 

Aviron grenoblois

 

MÉLISSA LOSANO

 

> ARTISTE POLYVALENTE

Par Sandrine Anselmetti


À seulement 27 ans, Mélissa Losano possède toute une palette de talents. Cette artiste originaire d’Aoste est à la fois peintre, pastelliste, ébéniste, marqueteuse et restauratrice du patrimoine.

En 2016, elle a créé son propre atelier, après un parcours riche d’enseignements. Tout a commencé à l’âge de 7 ans, lorsqu’elle débute le dessin avec le maître qui la formera pendant dix-huit ans.

“Il m’a tout appris. Aquarelliste et tapissier, il était lui aussi artiste et artisan d’art”, souligne Mélissa. À 12 ans, elle s’initie à l’ébénisterie.

Plus tard, elle obtient un CAP en marqueterie, un bac pro en ébénisterie et un bachelor en conservation et restauration du patrimoine. Depuis, Mélissa offre ses services à des particuliers ou des institutions.

 

L' AMOUR DU BOIS

En Isère, elle a notamment œuvré dans les châteaux de Pupetières, de Moidière et de Vallin, redonnant vie à des tableaux, des encadrements ou du mobilier.

Sa particularité : elle n’utilise pas de solvants, mais une technique à base de plantes, tenue secrète.

“Cette méthode a été inventée en 2015 par le département culturel de la vallée d’Aoste, où j’ai travaillé. Elle a l’avantage d’être moins abrasive et moins nocive.”

Le reste du temps, Mélissa expose dans des salons internationaux. Elle est la seule en France à ainsi faire du pastel sur bois, grâce à une technique de fixation qu’elle a brevetée.

Elle fabrique ses créations de A à Z, avec du bois de récupération pour le cadre et le fond : “Mes tableaux sont la synthèse de tous mes savoir-faire”, conclut Mélissa.

 
 

SÉVERINE BELLE

 

> « BELLE » MOULINIÈRE

Par Sandrine Anselmetti


C’est dans la ferme qui appartenait à son arrière-grand-père, construite en 1802 à Saint-Hilaire-du-Rosier, que Séverine Belle a installé son moulin à huile de noix.

Un retour aux sources pour cette jeune femme issue d’une famille de nuciculteurs. “Après treize ans d’expérience professionnelle, j’ai eu envie de me réorienter. C’est tout naturellement que je me suis tournée vers le domaine agricole”, explique-t-elle.

 

UN RETOUR AUX SOURCES

Ouvert depuis fin novembre, le moulin La Belle Huile permet aux professionnels et aux particuliers de faire presser leurs noix à façon.

Il a la particularité d’être entièrement en Inox, tout en proposant une méthode de pressage traditionnelle : une meule pour écraser les cerneaux, une chauffe pour les torréfier et une presse hydraulique pour en extraire l’huile en une seule poussée.

Séverine a aussi investi dans une sonde pour maîtriser la torréfaction des cerneaux au degré près. Elle peut ainsi proposer une huile plus ou moins corsée, selon le goût des clients. Les locaux appartiennent à son frère, Ludovic, qui a repris en 2005 l’exploitation parentale.

Avec sa compagne, il a développé La Belle Noix, une marque de produits dérivés de la noix. “Je me suis lancée dans la continuité de leur démarche”, poursuit Séverine.

En parallèle, la jeune femme travaille sur la création de sa propre marque d’huile de noix conventionnelle et biologique : La Moulinière.

À terme, elle prévoit aussi de proposer des visites pédagogiques et touristiques du moulin pour faire connaître au plus grand nombre cette tradition du terroir isérois.
 

Contact : 06 68 09 29 88

 

PHILIPPE SEIGLE

 

> PHILIPPE SEIGLE, CHÂTELAIN AU SERVICE DE BARBARIN

Par Corine Lacrampe


Bienvenue à Barbarin ! C’est la formule. La demeure de Philippe Seigle, maison forte des XIVe et XVIIe siècles, dite château de Barbarin, occupe le sommet du village médiéval de Revel-Tourdan, dominant Beaurepaire, la plaine de Bièvre et les étangs. Paysage somptueux pour une majestueuse bâtisse de pierre et de galets roulés que l’on rejoint par une allée arborée.

Philippe Seigle, originaire de Bourgoin-Jallieu, a fait l’acquisition, en 1993, de cette bâtisse alors en bien piteux état.

Depuis, il s’attache à la restauration et à la valorisation de ce patrimoine. Une passion autour de laquelle sa vie s’organise.

Président de l’association Châteaux Alpes Isère, il est également délégué départemental de la vénérable association des Vieilles Maisons françaises

 

PROTÉGER, PARTAGER ET TRANSMETTRE

Cadre dans le milieu hospitalier, originaire d’une famille nombreuse où l’on cultive, par tradition, l’art de recevoir, Philippe Seigle a ouvert son château à la visite et en chambres d’hôtes : “C’est un bonheur de jouir de cet espace, mais ce qui m’importe, c’est de protéger, partager et transmettre ce patrimoine remarquable dans une démarche finalement citoyenne.”

Depuis 1996, l’association Gens de Barbarin s’active autour du maître des lieux pour la rénovation et la promotion du château, désormais protégé au titre des Monuments historiques.

Grâce à leur mobilisation, c’est chaque année un nouveau chantier qui est programmé.

 

Contact : 06 50 07 50 96

 

 LE CHÂTEAU DE BARBARIN EN IMAGES 

La façade principale du château.
Philippe Seigle sur la terrasse du château.
Superbe vue de la terrasse.
La cuisine.
Le salon de musique.
Un vieil appareil photographique.
Publié le : 
01 janvier 2019