Ça s'explique

Ça s'explique

L'ISÈRE SE MOBILISE FACE À L'URGENCE CLIMATIQUE

 

Le 15 novembre dernier, le Département de l’Isère a présenté sa stratégie Air Climat Énergie, apportant, à son échelle et de façon pragmatique, des solutions concrètes pour réduire son empreinte carbone de 4 % au minimum d’ici à 2020 et s’engager durablement dans la transition énergétique. Interview d’Annick Merle, qui pilote cette démarche transversale et déjà opérante.

Par Richard Juillet

Annick Merle, vice-présidente du Département chargée de l’innovation, de la performance des politiques départementales et des questions européennes.

 

Isère Mag : Pourquoi le Département de l’Isère se mobilise-t-il pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre ?

Annick Merle : Depuis le Sommet de la Terre en 1992, à Rio, les grands pays industrialisés se sont engagés à lutter contre le réchauffement climatique en réduisant, notamment, leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).

Conformément à cet engagement où la France se veut exemplaire, le Département veut prendre toute sa part dans cette démarche et contribuer, à son échelle, à la prise en compte de ce double enjeu environnemental et sociétal.

Car en Isère, comme ailleurs, le changement climatique est une réalité avec des conséquences déjà bien visibles : une diminution du manteau neigeux en hiver et des glaciers qui reculent en été, avec une hausse des températures et davantage de jours de canicule, des périodes de sécheresse qui s’allongent et une ressource en eau sous tension…

 

I. M. : Que va-t-il faire concrètement ?

A. M. : Le Département ne part pas d’une feuille blanche. Un plan de réduction des émissions de GES, destiné à limiter l’empreinte carbone de notre collectivité a déjà été voté l’an passé et des actions engagées. Ce plan prévoit d’ici à 2020 une baisse de 4 % des émissions de GES que nos activités produisent.

 

I. M. : Quelles activités, par exemple ?

A. M. : Le Département est le gestionnaire de 96 collèges en Isère. Le seul fonctionnement de ces établissements produit un tiers des émissions de GES de notre collectivité !

Pour les réduire, outre les travaux d’isolation thermique engagés à travers le Plan pluriannuel de rénovation des collèges – 221 millions d’euros sur le mandat –, nous sensibilisons les élèves à la lutte contre le gaspillage alimentaire tout en augmentant la part de produits locaux dans les assiettes.

Car moins de matières premières à cuisiner, moins de déchets à éliminer, un recours accru aux circuits courts et des équipements frigorifiques plus économes en énergie permettent au final de réduire significativement le bilan carbone de ces établissements.

La restauration dans les collèges, ce sont, je vous le rappelle, 3 millions de repas par an. Avec cette mesure, nous devrions économiser l’équivalent carbone de 2 430 allers-retours Paris-New York en avion !

 

I. M. : En quoi consiste la stratégie Air Climat Énergie ?

A. M. : La stratégie Air Climat Énergie présentée en novembre dernier est destinée à renforcer et à amplifier le plan mis en place depuis 2017 en y associant un volet sur l’amélioration de la qualité de l’air.

Les initiatives que nous avons développées l’an passé en matière de restauration scolaire, par exemple, ou de valorisation de déchets de chantier, seront reconduites mais surtout complétées par d’autres thématiques qui relèvent des compétences du Département.

Le tout dans une démarche transversale. Cela concerne les bâtiments départementaux, les transports (qui représentent un quart de nos émissions de GES), les infrastructures routières, le logement, le foncier ou encore l’agriculture.

Nous associons à cette stratégie Air Climat Énergie nos 4 700 agents mais aussi nos partenaires, collectivités et bailleurs sociaux, ainsi que les bénéficiaires de nos politiques publiques, comme les entreprises avec lesquelles nous passons des marchés.

Nous imposons, par exemple, aux prestataires du réseau Transisère de recourir désormais à des cars roulant au gaz naturel sur les lignes fortes du réseau ou aux entreprises du BTP de privilégier les matériaux recyclés et les enrobés tièdes lorsqu’ils réalisent ou rénovent une route.

 

I. M. : L’objectif de 4 % de baisse des GES d’ici à 2020, n’est-ce pas peu au regard d’autres acteurs qui annoncent des chiffres plus ambitieux ?

A. M. : Les chiffres, on leur fait dire ce que l’on veut ! Certains avancent des objectifs faramineux comme – 40 % de réduction des GES d’ici à vingt ans, mais où seront-ils dans vingt ans ? Comment sont calculées leurs mesures et pour quels coûts ?

En Isère, nous annonçons un objectif de réduction de 4 % d’ici à 2020, voire davantage si cela est possible, avec une approche pragmatique, non punitive et surtout sans effet pour la fiscalité.

Car dépenser moins et mieux, comme nous le faisons depuis notre arrivée aux commandes du Département en 2015, c’est aussi limiter les émissions de GES.

 

CLIQUEZ POUR AGRANDIR 

info_im19.jpg

 
Publié le : 
01 janvier 2019