BEAUREPAIRE

CITÉ PIONNIÈRE ET COQUETTE

Territoires

Voici un beau repaire, au sens propre. Un bourg de plaine méconnu qui ne manque pas de cachet. Ni de chaleur humaine. Quelques pépites s’y cachent et des usines innovantes bordées par des champs de maïs. 

Par Corine Lacrampe

Mitoyenne du département de la Drôme, à 20 kilomètres de l’A7 Valence-Lyon et 15 kilomètres de l’aéroport de Grenoble, Beaurepaire – 4 900 habitants – se déploie au milieu des champs et des bois.

Cette commune rurale de la Valloire fut édifiée sur une zone marécageuse assainie par les paysans et les moines. Ancien bourg fortifié en damier autour de son église, comme les villes nouvelles du Moyen Âge, la cité fait belle figure.

 

> PATRIMOINE ET VITALITÉ À LA CAMPAGNE

 

Fleuron patrimonial, la tour carrée qui abrite aujourd’hui l’office de tourisme est un vestige du couvent des augustins (XVe siècle) accolé aux murailles de la ville. Cet ancien clocher ouvre sur une belle cour flanquée de monuments historiques.

L’église Saint-Michel, de la même époque, autre joyau de Beaurepaire, abrite en sa sacristie une pietà peinte sur bois de la seconde moitié du XVe siècle.

En surplomb, le château de Barrin et son parc arboré dominent la ville.

S’ajoutent au centre-bourg des bâtisses pittoresques, maisons médiévales avec leurs fenêtres à meneaux, échoppes en rez-de-chaussée, élégantes constructions Renaissance, édifices aux façades colorées, charmantes avec leur clocheton, leurs frises et leurs génoises.

Il y avait aussi l’ancienne maison, aujourd’hui détruite, où se dissimula le contrebandier Louis Mandrin (1725-1755).

Pour le maire Philippe Mignot, Beaurepaire est avant tout une ville où il fait bon vivre : “Le tissu associatif est dense et varié. Sport, culture, loisirs… chacun trouve l’activité de son choix. Des temps forts ponctuent la vie de la cité : Fête de la musique en juin et Rencontres du cinéma en octobre.”

C’est aussi un bourg attractif pour une quinzaine de communes rurales alentour. On va à Beaurepaire le mercredi matin pour le marché, mais aussi au cinéma, au restaurant, au collège, à la bibliothèque, chez le garagiste, ou encore pour travailler, nager, jouer au foot ou au rugby, au tennis ou à la pétanque.

Un sacré beau repaire sur les terres de Mandrin et de Berlioz !

 

Ville de Beaurepaire

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LE DÉPARTEMENT ET LE CANTON DE ROUSSILLON

 

Sylvie Dezarnaud, maire de Revel-Tourdan, et Robert Duranton, maire de Roussillon, sont les deux conseillers départementaux du canton de Roussillon qui regroupe 27 communes dont Beaurepaire et près de 49 000 habitants.

Parmi les dossiers du qu’ils suivent particulièrement : le développement de l’espace industriel multimodal Inspira à Salaise-Sablons, la réhabilitation de la friche industrielle Pichon à Beaurepaire, la rénovation de la cité scolaire de L’Édit à Roussillon, en lien avec la Région, et la construction de la clinique, du centre de radiologie et de la maison de santé de Roussillon. 

REPÈRES

  • 1309 : octroi aux habitants d’une charte de franchise qui signe la fondation et la prospérité du bourg.
  • 1987 : jumelage avec la ville allemande d’Auenwald.
  • 12 salles et 200 élèves pour l’école de musique Manu-Dibengo.
  • 84 associations sportives, culturelles ou de solidarité.
  • 200 commerçants, artisans et professions libérales.
  • 69 km de Grenoble, 62 km de Lyon.
  • 50 000 entrées par an pour le cinéma L’Oron.
  • 1 500 cabines sortent de l’usine Sarrazin chaque année.
  • environ 1 400 salariés et 200 non-salariés (indépendants ou employeurs).

 DYNAMIQUE 

UNE VILLE QUI ENFILE DES PÉPITES

Pionnière de l’électricité et du cinéma fixe, la cité a d’autres spécificités enracinées ou récentes. Depuis 1940, la distillerie du domaine de Pied-Menu produit une eau-de-vie de poires williams et commercialise ses fameuses bouteilles enserrant le fruit mûri sur l’arbre.

Ici, l’agriculture reste vivace avec des cultures céréalières et de petits producteurs de fromages, volailles, fruits et légumes en circuit court.

La maison Sarrazin, fondée en 1958, produit quant à elle des cabines de protection pour les tracteurs, les élévateurs et autres engins de chantier. Cette société familiale, très réactive et à la pointe de la technologie, est leader sur le marché européen (photos).

D’autres entreprises tirent leur épingle du jeu en proposant un service sur mesure et des productions très pointues, comme Copal Aerocan (aérosols).

Pointue aussi, la société Resurgence est l’une des seules au monde à fabriquer des sacs spécialisés pour le canyoning et la spéléologie.

D’autres passionnés ouvrent un café-restaurant associatif en s’appuyant sur les producteurs locaux, des bénévoles tiennent une épicerie solidaire et cultivent un potager collectif, c’est tout un réseau citoyen et convivial qui fait de Beaurepaire une ville attachante.

 

 RACINES 

CINÉMA : 106 ANS D'ÂGE ET 30 ANS DE RENCONTRES

À l’orée de Beaurepaire, le cinéma L’Oron, du nom d’un des cours d’eau qui traversent la cité, fait bonne figure dans son bâtiment moderne.

La ville fut l’une des toutes premières en France à se doter d’un cinéma fixe. C’était en 1913. Aujourd’hui inter-communal après être resté longtemps associatif, L’Oron, estampillé art et essai, organise depuis trente ans déjà les Rencontres du cinéma, mi-octobre.

En 2018 ce fut autour du film L’Incroyable Histoire du Facteur Cheval, avec la présence de Clémentine Célarié, Jean-Pierre Darroussin et Pascal Légitimus. Mais c’est tout au long de l’année que des animations ont lieu, débats, films en avant-première, rencontres avec des réalisateurs.

Jeoffrey Formont, directeur de L’Oron, qui a commencé comme projectionniste en 2002, transmet sa passion du septième art : “De toute façon, avec six films programmés par semaine, des plus confidentiels au plus grand public, personne ne peut pas dire : il n’y a rien qui m’intéresse au cinéma cette semaine.”

BEAUREPAIRE EN IMAGES

Vue panomatique de Beaurepaire, 4 900 habitants, aux portes de la Drôme.
Jour de marché à Beaurepaire sur fond de maisons pittoresques, en galets roulés ou médiévales, avec leurs fenêtres à meneaux.
La tour carrée qui abrite l’office de tourisme est un vestige du couvent des augustins (XVe siècle) accolé aux murailles de la ville.
L’église Saint-Michel, autre joyau de Beaurepaire, abrite en sa sacristie une pietà peinte sur bois de la seconde moitié du XVe siècle.
L’intérieur de l’église Saint-Michel.
L’école primaire Gambetta.
Le collège Jacques Brel.
La mairie de Beaurepaire.
Coquettes maisons.
Le Plan B, café-restaurant culturel.
Le cinéma l’Oron où se déroulent les Rencontres internationales du cinéma. Un rendez-vous très attendu des cinéphiles.
Beaurepaire de nuit.

FIGURES DE BEAUREPAIRE : CLIQUEZ SUR LES PHOTOS

Sid et Bassat, amis d’enfance, ont quitté la fonction publique pour ouvrir Plan B, un café-restaurant culturel et familial, face au cinéma. Un plan gourmand, chaleureux et vivant. Tendance bio et festive.
Marie Sarrazin et son frère Édouard travaillent chez Sarrazin, entreprise familiale fondée en 1958 par leur aïeul, qui conçoit et fabrique des cabines pour tracteurs, balayeuses, chariots élévateurs, etc.
Bénévoles du Potager solidaire, un jardin et une boutique où sont produits et commercialisés, selon les revenus des clients, des fruits et légumes, mais aussi de la charcuterie et des fromages locaux de qualité.

ASSOCIATION

LE POTAGER SOLIDAIRE, UNE ÉPICERIE À DEUX TARIFS

Fondée en 2012, cette association placée sous la présidence de Jacqueline Jolivet a pour objectif de fournir une alimentation saine pour tous et particulièrement pour ceux qui se nourrissent mal par manque de moyens.

Ce n’est pas une banque alimentaire avec des boîtes de conserve. Ce n’est pas une épicerie sociale ouverte aux seules personnes en difficulté.

Mais une jolie boutique aux allures de primeur et de magasin biologique, ouverte à tous, qui affiche deux tarifs, celui « normal », mais juste et abordable, et celui des bénéficiaires aux revenus faibles. La boutique fonctionne avec des bénévoles tout comme le jardin potager où sont produits les fruits, légumes, herbes fines vendus en rayon. S’ajoutent fromages, condiments, huiles, bières, œufs, pains de petits producteurs, en circuit court.

Exemple de double étiquetage : « sauce bolognaise 1,50 €/0,95 € », « bouquet de plante aromatique 1 €/0,60 € ». C’est de mixité sociale qu’il s’agit et d’un réseau d’amitié qui participe, à deux pas du cinéma L’Oron et du café-restaurant culturel Le Plan B, à animer Beaurepaire d’une dynamique sympathique.

L’association du Potager solidaire a même réussi à créer trois emplois.

 

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ENTREPRISE

RÉSURGENCE : SACS DE SPÉLÉO ET DE RAFTING

 

En 2015, Emmanuelle et Gérald Fréchin ont racheté la petite marque pyrénéenne Résurgence de fabrication de sacs pour les amateurs de canyoning et de spéléologie.

Son fondateur venait de prendre sa retraite après trente ans d’exercice dans ce créneau pointu. Le jeune couple a délocalisé l’affaire au sous-sol de sa maison familiale de Beaurepaire.

Ici, les Fréchin conçoivent, dessinent, coupent, cousent, assemblent la gamme des sacs jaune vif à fond percé et PVC perforé pour laisser écouler l’eau inhérente à ces loisirs humides.

Ces deux entrepreneurs sportifs sont ravis de vivre en Isère, site pionnier de la pratique du canyoning, avec des spots mondialement connus : “C’était cohérent que Résurgence s’y installe, d’autant qu’à une grosse pratique locale du canyoning s’ajoute celle de la spéléologie, particulièrement en Vercors.”

Les sacs Résurgence s’envolent néanmoins de Beaurepaire vers le monde entier ! On trouve aussi sur leur site bidons étanches, cordes, harnais, mousquetons et tout pour l’assurage, l’éclairage, le bivouac… Car s’ils sont leaders dans leur créneau de fabrication de sacs, ces deux passionnés, assidus de canyoning et de spéléo, connaissent les besoins spécifiques à ces loisirs.

 

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HISTOIRE

ET LA LUMIÈRE FÛT À BEAUREPAIRE

Toute modeste qu’elle semble être, Beaurepaire a été une ville pionnière en de nombreux domaines.

Elle fut, par exemple, l’une des premières communes d’Europe à avoir bénéficié de l’éclairage électrique. Cela dès 1883 grâce à un artisan-mécanicien, Louis Michel-Villaz (1843-1911), originaire de Tullins, marié à une jeune femme de Beaurepaire où il se fixa.

Ce mécanicien astucieux et perspicace développa un système d’éclairage en produisant du courant avec une dynamo. À l’aide de lampes à arc, il réussit à éclairer quelques rues de la ville.

L’inauguration de son système branché sur des lampes Edison eut lieu le 14 juillet 1886. L’installation fonctionna jusqu’en 1902. Fort de son expérience, Michel-Villaz se lança dans l’électrification de communes voisines.

Son fils prit sa suite, devenant un « producteur » à part entière jusqu’à la nationalisation de l’électricité en 1946 et la création d’EDF.

 

Publié le : 
01 janvier 2019