GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère

FRANCK ET YANN FONTAINE

 

> DEUX CHEFS DE RENOM À L'AUBERGE DE L'ABBAYE

Par Véronique Granger


Ils ont en commun la passion de la cuisine, un goût certain de l’aventure et déjà un brillant parcours, à 48 ans et 40 ans. Franck, son CAP de cuisine du Clos d’or en poche, était déjà chef d’un deux-étoiles à l’âge de 23 ans.
 
De La Tour d’Argent à Alain Ducasse, en passant par Philippe Groult, il a été à bonne école ! Yann, de huit ans son cadet, a marché sur ses traces, faisant ses armes chez Paul Bocuse ou Bernard Loiseau.
 
Ensemble, les deux frères de Vatilieu ont ensuite travaillé pendant quatre ans dans l’une des plus grandes brasseries de Munich, jusqu’à ce que Yann prenne son sac à dos pour aller rouler sa bosse en Australie.
 
L’aventure durera onze ans, de Sydney (où il officiera notamment au « piano » du Quay, un des meilleurs restaurants du monde) jusqu’au cœur du désert, chargé de gérer les menus de 2 000 mineurs en tant que responsable hôtelier du Compass Group. 
 
De retour sur leur terre natale, les deux frères ont repris l’Auberge de l’abbaye, au pied de l’église abbatiale. À quatre mains, ils entendent jouer avant tout la carte du terroir et de l’authenticité : les menus sont élaborés à base de produits 100 % locaux, sur une partition gastronomique tout en audace et raffinement.
 
“Notre unique spécialité, c’est la gourmandise”, affirme Yann. Le premier menu est à 35 euros en semaine avec un ticket moyen entre 40 et 80 euros.
Une belle table à découvrir à Saint-Antoine-l'Abbaye, l’un des plus beaux villages de France !
 
 

 

CAROLINE NICOLAS

 

> TRADUCTRICE D'ÉMOTIONS

Par Véronique Granger


Toute petite déjà, elle faisait office de traductrice entre son père, français, et sa mère, grecque.
 
Plus tard, diplômée de la Sorbonne via l’Institut français à Athènes, Caroline Nicolas s’est installée en France en 2002, à Grenoble, et a donc continué en tant que traductrice littéraire – elle compte parmi les rares personnes exerçant ce métier de l’ombre à avoir été invitées chez Bernard Pivot !
 
Depuis deux ans, cette amoureuse des mots a ouvert une nouvelle page en créant les Éditions Brandon.
 
“J’aide des auteurs à traduire leurs émotions et leur histoire sous une forme qui soit publiable, explique-t-elle. Comme une mécanique, un manuscrit nécessite des réglages pour bien fonctionner.”
 
Après avoir démarré avec des carnets de lecture nomades (60 pages pour 5 euros environ), Caroline Nicolas lance ses premiers livres à dos carré : Les Vies inférieures, de Gilbert Vincent-Caboud, dans la collection de luxe Square Brandon ; et trois titres de trois auteurs, également de la région, pour la série Brandebourg : Les Brèches du temps, de Michel Massit, Sur les traces de Kali, de Bernard Fauren, et Love is Strong, mon amour, de Laurent Bagnard.
 
Les livres sont tous édités à compte d’éditeur (l’auteur ne paie rien), grâce aux bénéfices retirés des ateliers littéraires qu’elle anime en parallèle à la brasserie L’Albatros, à Grenoble.
 
De l’initiation à la nouvelle aux cycles spécialisés en roman, scénario, traduction ou poésie (qui démarre à la rentrée), elle suit ainsi une quinzaine de plumes en herbe qui un jour, peut-être, figureront sur une couverture de livre.
 

 
 

DOMINIQUE VUILLERMET

 

> SÉANCES DE BIEN ÊTRE POUR CHIENS

Par Richard Juillet


C’est une spécialité peu répandue en France et pourtant, les besoins sont réels.
 
Depuis 2014, Dominique Vuillermet, qui habite Charvieu-Chavagneux, propose des séances de bien être pour chiens. Après trente ans passés dans la coiffure, elle s’est reconvertie dans ce métier qu’elle vit avec passion tant son amour pour les toutous est intense.
 
“C’est en participant à des courses de chiens de traîneau que j’ai pris conscience de ma dextérité. À l’époque, je massais toujours mes huskies avant l’effort pour prévenir d’éventuels traumatismes musculaires.”
 
Consciente de ses capacités, Dominique se rapproche du docteur vétérinaire Guigardet et suit une formation de physiothérapie et de comportementaliste. “Car avant de masser un chien, il faut d’abord qu’il accepte vos mains. S’il a été battu, par exemple, ce n’est pas évident”, poursuit-elle.
 
Elle exerce son activité principalement au bénéfice de chiens atteints d’arthrose – parfois de chats –, mais aussi de canidés nécessitant une rééducation à la suite d’un accident, d’une fracture ou encore de chiens sportifs victimes de douleurs musculaires.
 
“Récemment, je suis allée masser un cocker. Il ne marchait plus de l’arrière et était sous cortisone. Après mes soins, ses maîtres ont pu stopper le traitement et l’animal a retrouvé de la mobilité.”
 
Son rôle consiste aussi à éduquer les propriétaires qui n’ont pas toujours conscience des préjudices qu’ils créent : lorsqu’ils veulent les faire courir à tout prix ou quand ils leur donnent trop à manger.
 
“L’obésité chez un chien se traduit par un problème de hanches qui va déséquilibrer son corps. En le massant, je sais que je lui fais du bien.” Sa clientèle repose avant tout sur le bouche-à-oreille, et ses prestations à domicile coûtent de 20 à 40 euros. 

 
Contact : 06 72 86 13 87

 

LAURY SAMUEL

 

> PASSION BOULES LYONNAISES

Par Corine Lacrampe


Plusieurs générations de boulistes ont été formées à l’AS Fontaine Boules Curie. Parmi les bons éléments de l’école : Laury Samuel, 16 ans, plusieurs fois championne de France en tir progressif comme en tir de précision.
 
Depuis dix ans, cette jeune fille, dont on identifie d’emblée le pouvoir de concentration et l’esprit d’équipe, passe son temps extrascolaire sur un jeu de boules.
 
Ne pas se fier à son apparence frêle : lorsqu’elle tire ou pointe une boule, la détente est puissante, le geste juste et efficace. Et Nicolas Samuel, son père, président de l’école de boules et entraîneur, n’est jamais bien loin.
 
C’est avec bienveillance et exigence que ce bouliste accompli coache les jeunes au sein d’un club très dynamique fondé en 1969, doté d’une école de boules depuis 1980 et d’une section féminine dès 1990 qui fut la première en France. Les boules lyonnaises, ou sport-boules, diffèrent de la pétanque provençale.
 
À la lyonnaise, les boules sont plus lourdes et plus grosses et le terrain plus long (27,50 m). Mais il s’agit toujours, en doublette ou quadrette, de placer le maximum de boules le plus près possible du cochonnet.
 
Laury Samuel, en plus de ses aptitudes et d’un environnement favorable, possède cette humilité et cette persévérance qui font les bons sportifs. “J’aime l’ambiance de ce sport dont la passion m’a été transmise par mon père. C’est une discipline très stimulante. Et nous avons des exemples avec les deux champions du monde fontainois que furent Valérie Maugiron et Jérémy Micoud !”
 
 
 

JEAN-CLAUDE PEYRIEUX

 

> CRÉATEUR DE MUSÉE

Par Sandrine Anselmetti


Collectionneur de minéraux depuis l’enfance, Jean-Claude Peyrieux, 64 ans, a créé seul un véritable musée pour faire découvrir au public ses plus beaux trésors… dans un château !
 
À Villemoirieu, près de Crémieu, le château de Montiracle, labellisé « Patrimoine en Isère », est une ancienne commanderie templière dont la première mention date de 1276. Propriétaire de cette bâtisse depuis 2005, Jean-Claude Peyrieux l’a choisie pour en faire l’écrin de son musée des Minéraux, Mineralogica.
 
Ouvert depuis 2012, il abrite aujourd’hui plus de 1 400 échantillons : des minéraux extraits de 1800 à nos jours, provenant d’Isère, mais aussi de toute la France et de l’étranger (Mexique, Brésil, Chine, Etats-Unis…).
 
“Des pièces parfois rares ou remarquables par leur taille, et d’une grande diversité, avec 200 espèces minérales représentées, précise Jean-Claude. Sans oublier de nombreux objets liés à l’histoire des mines et des minéraux : cartes postales anciennes, documents d’époque, lettres de minéralogistes célèbres, médailles, maquettes…”
 
Passionné, Jean-Claude possède plusieurs dizaines de milliers d’échantillons et en a sélectionné les plus beaux pour les exposer.
 
Aujourd’hui, il partage volontiers ses connaissances sur le monde minéral et son histoire avec les visiteurs.
 
Il propose aussi des visites guidées pour les groupes, sur réservation. Au fil du temps, il continue d’étoffer sa collection et a aménagé le site, avec un bar-glacier en terrasse et un espace pique-nique ombragé.
 
Idéal pour profiter des belles journées de fin d’été !
 
 

 

PATRICK MÉRIGOT

 

> ENTREPRENEUR ET MÉCÈNE... LOCAL !

Par Richard Juillet


Dirigeant d’un supermarché à Seyssins, Patrick Mérigot privilégie tout ce qui est local et le revendique.
 
Un attachement au territoire qui se traduit par de nombreuses actions concrètes : professionnellement d’abord, en apportant son expertise de la grande distribution au développement de la marque Is(h)ere, qui garantit au consommateur une provenance iséroise des produits et une juste rémunération aux agriculteurs.
 
Humainement ensuite, avec la création, en 2016, avec ses frères, d’une fondation en hommage à ses parents, Jeannine et Maurice Mérigot, dont l’objet est de soutenir des associations caritatives… locales.
 
“Aider les personnes fragilisées par la maladie, la dépendance ou l’exil est une démarche qui s’est imposée naturellement pour quelqu’un comme moi qui a été gâté par la vie et par sa famille, explique-t-il. C’est pour transmettre ces valeurs de solidarité que nous avons créé cette fondation qui aide les associations qui n’ont pas les moyens ou les structures de collecte de fonds nécessaires à la conduite de leurs actions.”
 
Depuis juin 2017, il a financé 13 projets du quotidien, comme le loyer d’un appartement pour sans-abri de l’association Le Habert, l’achat d’une brodeuse pour l’entreprise d’insertion La Remise ou encore celui d’un camion-plateau pour le garage solidaire Solidarauto38.
 
Plus récemment, ce sont des juke-box numériques qui ont été offerts à l’association Cueille la vie, qui propose des animations aux résidents des maisons de retraite de Corps et de Mens. D’autres structures, comme Locomotive, Entourage ou la Maison des familles à Grenoble, ont également bénéficié d’un accompagnement financier.
 
Au total, 120 000 euros ont été injectés dans des projets locaux auxquels s’ajoutent cette année 100 000 euros pour une action en direction des aidants familiaux. 
 
 
 
 
Publié le : 
08 août 2018