ARTURIA

LE SUCCÈS DU SON VINTAGE

Entreprise

À Meylan, Arturia développe depuis près de vingt ans des synthétiseurs et des logiciels de reproduction de sons analogiques. Vendus dans le monde entier, ses instruments doivent leur succès à leur simplicité d’utilisation et à une innovation constante.

Par Frédéric Baert

 

Une main sur un clavier, une main sur un autre, et toujours un casque sur les oreilles. Chez Arturia, à Meylan, 90 % des 70 salariés sont musiciens, et pour cause.
 
Créée en 1999 par deux ingénieurs grenoblois, Frédéric Brun et Gilles Pommereuil, l’entreprise s’est fait un nom à l’international sur le marché des logiciels reproduisant les sons des synthés analogiques des années 1970, puis sur celui des synthétiseurs eux-mêmes.
 
“À l’époque, explique Patrice Martin, chef de zone export, il était très difficile de trouver ces machines, très chères sur le marché de l’occasion. L’idée était de démocratiser leur accès avec des logiciels et cela à prix abordables.”
 
Après avoir développé un studio virtuel de musique électronique, puis développé un algorithme lui permettant de reproduire les sons des machines analogiques qu’elle intégrera à son logiciel Modular V, l’entreprise sort en 2009 son premier clavier « en chair et en notes », l’Origin.
 
Un passage au hardware qui marque une rupture et qui ne va pas tarder à propulser Arturia parmi les acteurs de référence mondiaux des instruments de musique électronique. “Ce qui nous distingue, c’est notre jeunesse, note Patrice Martin, face à des concurrents qui ont parfois 100 ans. Nous avons fait leur chemin inverse, en passant du logiciel à l’instrument physique !”
 
Autre singularité de cette entreprise de digital natives, où la moyenne d’âge est de 34 ans, le souci permanent est d’aller au plus simple sans perdre en performances techniques.
 
“Les vieux passionnés de musique électronique et les jeunes DJ sont très exigeants, remarque Kevin Molcard, le directeur du développement logiciel d’Arturia. Nous devons innover tout en sortant du système complexe.”
 
Les ingénieurs maison ont donc conçu pour chaque produit des fonctions de base, ultrasimples à utiliser pour le novice, mais que le DJ aguerri pourra, lui, approfondir à sa guise. Des logiciels aux synthétiseurs, en passant par les indispensables contrôleurs ou les cartes son, les produits conçus dans les laboratoires de Meylan, font régulièrement le buzz.
 
Arturia, a naturellement trouvé d’efficaces relais porte-voix sur Internet, avec de célèbres Youtubeurs musiciens, comme le Canadien Andrew Huang ou l’Américain Kurt Hugo Schneider et ses millions d’abonnés en Asie.
 
Mais c’est en studio et sur les grandes scènes que les synthétiseurs isérois ont trouvé leurs plus nobles ambassadeurs.
 
Des stars, tels Jean-Michel Jarre, le compositeur de musiques de films Alexandre Desplat ou Steve Porcaro, de Toto (un des pionniers du synthé), utilisent les instruments Arturia. Ces vrais passionnés de la technologie analogique, sont même déjà venus les tester à Meylan, au milieu des équipes.
 
Il se murmure que toutes ont ce jour-là ôté leur casque audio !

 

ARTURIA PRIMÉ À L'INTERNATIONAL

 

Présent sur les plus grands salons internationaux de musique électronique, Arturia a remporté cette année deux awards au Musikmesse de Francfort.

Le jury, composé de 100 journalistes spécialisés du monde entier, a distingué le MiniBrute 2, l’incontournable synthétiseur analogique prisé des plus grands DJ, et la V Collection6, le logiciel-bibliothèque de reproduction de sons.

« C’est une vraie reconnaissance de nos deux savoir-faire, le software et le hardware, et de notre politique d’innovation constante », se félicite Patrice Martin, chef de zone export d’Arturia.

Une stratégie qui permet à l’entreprise de Meylan de vendre ses 50 produits par dizaines de milliers dans 55 pays.

 

CRÉATION : 1989

  • Effectif : 75 (dont 70 à Meylan), 150 musiciens bêta-testeurs à travers le monde
  • CA 2017 : 15 millions d'euros (dont 25 % pour le software et 75 % pour le hardware)

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Publié le : 
08 août 2018