UN FESTIVAL DE CINÉMA

À L'ESPRIT MONTAGNE

Festival

Pour sa 35e édition, le Festival international du film de montagne d’Autrans présente une sélection de documentaires à l’approche très large. Autour du « corps en gage », les projections, spectacles et rencontres en font un événement culturel complet. Avec un esprit village qui rassemble cinéastes, organisateurs et spectateurs.

Par Frédéric Baert

 

C’est la saison des festivals de film de montagne. Après celui de Grenoble, très centré sur l’alpinisme, Autrans propose, du 5 au 9 décembre, une 35e édition au spectre très large.

« Beaucoup de documentaires l’abordent sous l’angle de l’ethnologie, ce qui engage une réflexion générale sur l’évolution du milieu montagnard, explique Anne Farrer, la directrice du festival, qui a accueilli l’an dernier 12 000 visiteurs. Nous cherchons aussi à élargir le regard, en proposant un programme pluridisciplinaire avec des spectacles, des concerts et des rencontres ».

Ayant pour thème cette année « Le corps en gage », la manifestation met en compétition 36 films.

Des documentaires surtout, qu’il a fallu visionner et sélectionner parmi plus de 570 films reçus – « un nombre en augmentation exponentielle », se félicite Anne Farrer.

Le jury, sans président, est composé de professionnels de la montagne, de journalistes et de cinéastes, chaque voix ayant la même valeur.

En parallèle des projections, le public pourra assister à La Voix des clochards célestes (de la compagnie du Chien au croisement), une adaptation théâtrale du livre La Montagne intérieure, de l’alpiniste Lionel Daudet.

Et les Rencontres littéraires rassembleront six auteurs sur le thème de l’engagement, dont Jean-Marc Rochette, auteur de la BD Ailefroide.

 

>  DES PRODUCTEURS... AUX SCOLAIRES

 

« Les participants apprécient l’esprit du festival : la simplicité des rencontres et le côté village où tout le monde se connaît », remarque sa directrice.

Autrans vit durant cinq jours autour de l’événement avec ses cinq salles de projection et les 170 bénévoles adhérents de l’Association du festival du film de montagne.

« Il n’y a pas de VIP, on mange tous ensemble, cela plaît aux invités comme aux gens du Vercors », poursuit  Anne Farrer.

Si le festival présente un côté très pro avec notamment la présentation par les réalisateurs du pitch de leur film aux producteurs ou aux chaînes de télévision, il reste un acteur de la culture pour les habitants du plateau des Quatre-Montagnes.

Il consacre ainsi une matinée de projections aux scolaires sur le thème de la forêt et de la coupe du bois, un thème abordé à l’école en amont. La montagne, c’est ceux qui y vivent aussi bien que ceux qui la vivent, comme les visiteurs du festival, qui y passent souvent tout le week-end.

Évoquant le Festitrail organisé lors de l’événement, Anne Farrer donne l’ultime ingrédient de son succès : « Que tous en profitent pour faire des activités de montagne ! »

 

 PRATIQUE 

  • Festival du film de montagne, du 5 au 9 décembre, à Autrans.
  • Tarifs : 6,50 et 8 euros
  • Contacts : 04 76 95 30 70 - Festival Autrans

 

 ZOOM 


UN PROGRAMME AUTOUR DU « CORPS EN GAGE »

« Le thème du festival devrait apporter du débat en marge, où l’on pourra notamment traiter d’actualité. »

Une soirée est ainsi prévue autour de Libre, un documentaire présenté au dernier Festival de Cannes sur l’agriculteur Cédric Herrou, et son combat pour l’aide aux migrants, en présence du journaliste Olivier Weber.

« Le thème de la migration revient cette année dans plusieurs films, constate Anne Farrer, que ce soit dans la vallée de la Roya ou autour de Briançon.

On mélange une approche géopolitique avec les récits des professionnels de la montagne. » Mais celle-ci n’est pas qu’un piège pour les corps, elle peut aussi être vue comme un refuge.

Ondes noires, d’Ismaël Joffrey Chandoutis, traite des personnes électro-hypersensibles à la recherche de zones blanches (sans ondes) en montagne. Plusieurs films l’abordent sous l’angle de la recherche du bien-être.

 

 QUELQUES TEMPS FORTS DE L'ÉDITION 2017 

Le Festival international du film de montagne d’Autrans, ce sont cinq jours de projections de films, de débats, de rencontres…
Ce sont aussi des expositions photographiques…
… des spectacles…
… des lauréats comme l’équipe de David O’Leske, grand prix du jury du documentaire de montagne pour le film Dirtybag, the legend of Fred Beckey.
… et enfin un Festitrail pour les plus sportifs.
Publié le : 
11 novembre 2018