DU JAPON

À L'ISÈRE

Exposition

Il y a cent soixante ans, la France et le Japon établissaient leurs relations diplomatiques. S’inscrivant dans la célébration nationale, l’Isère, sous l’impulsion du Musée dauphinois, propose une année d’immersion au pays du Soleil-Levant, jusqu’en juin 2019.

Par Véronique Granger

 

À la fin de 1868, quand l’empereur Meiji retrouve Tokyo et ses pouvoirs, l’archipel du Japon sort à peine de deux siècles et demi d’isolationnisme.

Mais les mentalités ont commencé à évoluer depuis 1854 sous la pression des Américains, forçant la réouverture des ports aux navires occidentaux.

Fini le féodalisme, place à un Japon moderne et capitaliste, qui va mettre les bouchées doubles pour rattraper son retard économique et industriel face à l’Occident.

Une vraie révolution pour une société soumise depuis le XIIe siècle aux diktats des shogunats et interdite de voyages à l’étranger.

En même temps que les marchandises affluent, les savants et techniciens du monde entier sont invités à venir au Japon pour diffuser rapidement la modernité. Poste, transports, armement, monnaie, droit, université… En quelques années, tous les ingrédients sont mis en place pour hisser le pays du Soleil-Levant au rang des grandes puissances..


 

> L'ENGOUEMENT POUR LE JAPONISME

 

Réciproquement, les Occidentaux, fascinés, découvrent la culture nippone et ses traditions préservées. Car si les Japonais adoptent à marche forcée les mœurs occidentales, ils conservent à la maison les rituels et les valeurs qui ont forgé leur identité durant des décennies.

L’Exposition universelle de Paris de 1867, première à recevoir une délégation officielle japonaise, provoque un véritable engouement pour le pays, le « japonisme ». Vincent Van Gogh, Auguste Rodin, Claude Monet ou les Frères Goncourt, les plus grands artistes et intellectuels s’entichent de l’esthétique raffinée du « monde flottant ». Le Japon marquera toute la production artistique occidentale de la seconde moitié du XIXe siècle.

Au milieu du XXe siècle, les bombes d’Hiroshima et Nagasaki ont stoppé de façon tragique l’expansionnisme forcené du Japon, qui s’était rapproché de l’Allemagne nazie dans les années 1930.

Le tremblement de terre de Kobe, le tsunami ou la catastrophe nucléaire de Fukushima ont encore durement éprouvé la société japonaise. En ce troisième millénaire, sa culture populaire, des mangas au cosplay (les costumes players inspirés de ses héros) en passant par les jeux vidéo, rayonne pourtant dans le monde entier, générant une économie prospère.

« Des samouraïs au kawaii » (la culture du « mignon »), c’est cette longue histoire, du XVIe siècle à nos jours, que nous conte l’exposition du Musée dauphinois à travers une série d’objets, films et documents d’archives – dont 65 pièces provenant du musée des Confluences à Lyon.


 

> UNE EXPOSITION D'ESTAMPES JAPONAISES

 

L’autre temps fort, parmi la centaine d’événements qui se dérouleront dans le cadre de cette Année du Japon en Isère, aura lieu au musée de l’Ancien évêché du 8 décembre au 31 mars. 

Remontant à l’ère Edo (1600-1868), cette longue période qui précéda la révolution Meiji, il nous entraînera à travers les paysages de montagnes des estampes japonaises du XIXe siècle magnifiés par les mains des plus grands maîtres – tels Hiroshige et Hokusai.

La grande vague du japonisme n’est pas près de retomber en Isère !   

 

 EN IMAGES AU MUSÉE DAUPHINOIS 

L'exposition s'intitule : des samouraïs au kawaii, qui veut dire "mignon" en japonais comme ces personnages.issus de la culture contemporaine japonaise.
... ou ces déguisements.
Armure de samouraï. Kawari kabuto (casque spectaculaire). Époque Edo (1603-1868). Acier, cuir laqué, soie, métal. Collection musée des Confluences.
Masque de théâtre no. XIXe siècle. Bois peint, laque. Collection musée de Grenoble.
Album de scènes de kabuki. Vers 1850. Konishi Hirosada (ca. 1810-1864). Estampes. Collection musée Marcel-Sahut de Volvic.
Le 29e relais du Tokaïdo : Hamamatsu, copie d’après l’estampe de Hiroshige. Huile sur carton, vers 1898. Collection Georges Flandrin.
Cabinet-écritoire nanban. Entre 1580 et 1620. Bois laqué noir, poudre d’or, incrustations de nacre et ferrures de cuivre. Collection musée du monastère royal de Brou, Bourg-en-Bresse.
Plat. Vers 1880-1886. Emaux cloisonnés sur cuivre. Collection musée de Grenoble (fonds général de Beylié).
Boîte à décor de libellule rouge et liseron en bois. Laqué et en nacre, signée Ogawa Haritsu (1663-1747). Collection musée des Confluences.

REPÈRES


DES EXPOSITIONS :

  • Des samouraïs au kawaii, en partenariat avec le musée des Confluences, au Musée dauphinois (du 26 octobre au 24 juin 2019).
     
  • L’art ukiyo-e. Montagne et paysage, au musée de l’Ancien évêché (du 8 décembre 2018 au 31 mars 2019).
     
  •  Esprit Japon, carte blanche à Martine Rey, artiste en laque, et  « Esprit Japon, Hébert et le pays du Soleil-Levant » au musée Hébert (du 22 décembre 2018 au 25 mars 2019)

 

Des films, des conférences, des animations, un colloque…

  • Toute l’Année du Japon en Isère sur isere.fr

VIDÉO : DES SAMOURAÏS AU KAWAII AVEC TÉLÉGRENOBLE

Publié le : 
11 novembre 2018