GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère

CLOTHILDE VERMONT-MALLET

 

> ELLE RÉANIME LE CHÂTEAU DE LA SÔNE

Par Véronique Granger


Fièrement dressé sur son piton rocheux, au-dessus de l’Isère et du Jardin des fontaines pétrifiantes, dans le village de La Sône, ce château médiéval se repère de loin, avec ses trois tourelles d’angle aux chatoyantes toitures vernissées et ses mâchicoulis.

Mentionnée dès le XIe siècle, transformée et agrandie aux XIVe et XVIIe siècles, la forteresse imprenable a échappé miraculeusement à l’ordre de destruction donné lors de la Révolution française, laissant en héritage son pont-levis, sa chapelle ornée de fresques, son parc de 5 hectares aux arbres remarquables…

Quand la Drômoise Clothilde Vermont-Mallet, 48 ans, a visité les lieux avec son mari, ça a été le coup de foudre : “Je recherchais un lieu atypique, sans rêver spécialement de devenir châtelaine ! Mais passé le porche, on se sent hors du temps…”

L’édifice, en vente depuis six ans, semblait pourtant laissé à l’abandon, totalement vidé de son mobilier et vandalisé, et avec un parc envahi par la végétation.

Coordonnant seule les travaux, cette passionnée de restauration – elle en est à sa quatrième maison ! – s’attache ainsi depuis vingt mois à redonner vie à cet édifice chargé d’histoire qui vit passer Louis XI, Jacques Vaucanson ou Françoise Sagan…

Il est déjà possible de séjourner dans l’ancienne conciergerie transformée en gîte, et on pourra bientôt déguster les vins de Tain-l’Hermitage dans la superbe cave voûtée, en attendant les cours de cuisine, séminaires et autres événements imaginés par Clothilde.

ZOOM

 

DE LOUIS XI À VAUCANSON

Édifiée au XIe siècle en pierre de tuf locale à l’emplacement d’un ancien poste de guet romain, sur la route reliant le Viennois au Diois, cette maison forte fut longtemps le fief des familles de La Reffrerie puis du Rivail.

Louis XI ne manquait pas de séjourner dans les lieux chaque fois qu’il venait chasser dans les forêts environnantes. En 1602, Félicien de Boffin, avocat général au parlement de Grenoble, récupéra la demeure fort endommagée par les guerres de Religion.

Il en fit un château de plaisance, avec le corps de logis actuel sur trois niveaux et son beau parc à la française. Jacques Vaucanson, inventeur du métier à tisser, vint à plusieurs reprises y tester ses machines au XVIIIe siècle : parmi les rares objets laissés dans le château figurent ainsi les restes d’une machine à organsiner la soie (photo).

Durant les XIXe et XXe siècles, le château de La Sône fut investi par des industriels, comme les familles Jubié et Morel, avant d’être racheté en 1975 par Jean-Louis Pons, qui y résida jusqu’en 2012.

 

LA CHÂTEAU LA SÔNE EN IMAGES

Le château La Sône sur les bords de l’Isère.
Le château de La Sône, côté sud.
On y accède grâce à un pont-levis.
On y accède grâce à un pont-levis.
Les remparts.
La tour et ses mâchicoulis.
La chapelle, ornée de fresques.
Les jardins et le bassin.
La cuisine, avec son piano installé dans une cheminée monumentale.

ÉVRARD WENDENBAUM
 

> EXPLORATEUR DES MONDES PERDUS

Par Véronique Granger


Dans ses films, on le voit escalader les icebergs du Scoresby au Groenland, sympathiser avec un bébé lémurien dans le Makay, à Madagascar, pagayer dans des rapides…

Tout à la fois géologue, alpiniste, spéléologue, photographe et chef d’expédition, Évrard Wendenbaum, 39 ans, s’est donné pour mission, avec son association Naturevolution, basée à Séchilienne, d’explorer et de protéger les dernières Terras incognitas de la planète.

Des édens difficilement accessibles au commun des humains, où se concentrent 80 % du patrimoine biologique de la planète… et qui sont pourtant menacés.

“Partout où nous allons, on se rend compte que nous avons été précédés par des compagnies minières… Il y a urgence ! Notre objectif est d’étudier ces coffres forts de biodiversité pour les valoriser et sensibiliser à la nécessité de les préserver”, explique ce natif de Saint-Ismier, qui a déjà monté une demi-douzaine d’expéditions pluridisciplinaires au bout du monde.

“Les populations locales n’ont pas forcément conscience de cette richesse et de l’intérêt qu’elles peuvent en retirer.” 

Passionné de nature depuis l’enfance – la Chartreuse a été son premier terrain d’aventure –, Évrard a découvert le Makay (et sa vocation) en voyant un épisode d’Ushuaïa nature en 2002.

Dix ans après une première expédition sur les lieux, il a obtenu le classement de ce coin de paradis en « aire protégée ». Première victoire…

Aujourd’hui, il repart avec 40 personnes sur l’île de Sulawesi, en Indonésie, merveille de la nature en péril… Il est toujours en quête de sponsors et d’écovolontaires pour l’accompagner dans cette nouvelle aventure !

 

contact@naturevolution.com

DÉCOUVREZ LES TRÉSORS CACHÉS DE SULAWESI

Quelques images du massif karstique de Matarombeo et de la splendide baie adjacente de Matarape, sur l’île indonésienne de Sulawesi : une zone quasi jamais explorée, refuge d’une biodiversité riche mais déjà menacée.

Longeant le cours labyrinthique de la rivière, de forêt dense en grotte souterraine, l’équipe emmenée en repérage par Évrard Wendenbaum a déjà découvert un nombre impressionnant d’espèces endémiques, mais aussi des fresques rupestres et des masques (en cours de datation).

Ce « hotspot » de biodiversité planétaire est toutefois menacé par l’invasion des déchets plastiques (dont l’Indonésie est le premier consommateur au monde !), les boues rouges issues de l’extraction du nickel (qui se développe à un rythme effréné sur le littoral et asphyxie les coraux), les plantations de palmiers à huile qui grignotent le couvert forestier…

L’objectif est d’obtenir une mesure de classement en « aire protégée ».

 

 

 VOYAGE AU SULAWESI 

Un tiers des oiseaux au Sulawesi sont endémiques (comme ici l’Ivory-backed Woodswallow (Artamus monachus). Le massif de Matarombéo constitue un véritable refuge pour la faune aviaire.
Certaines poteries encore intactes soulignent l'intérêt ornemental qu'avaient ces populations ancestrales.
Edwin sur un passage délicat en plein cœur du massif.
Exploration d'un réseau aquatique souterrain inconnu.
Les reptiles sont très furtifs : il est toujours exceptionnel de pouvoir croiser une magnifique vipère arboricole !
Remontée de la rivière Matarombéo jusqu'à la découverte de sa source, qui est une résurgence au pied du massif.
Rencontre surprenante avec le couscous, un marsupial endémique du Sulawesi.
Une des nombreuses et impressionnantes arches qui permet l'entrée du massif par la rivière Lalindu.
Vestiges archéologiques découverts dans une grotte suspendue surplombant la forêt.

JEAN-CHRISTOPHE HOUDE

 

> COMPRENDRE LE CINÉMA D'ANIMATION

Par Annick Berlioz


“Il y a une véritable magie dans le cinéma d’animation. Les personnages en pâte à modeler et les décors en carton nous plongent dans un univers irréel où l’imaginaire est roi”, explique Jean-Christophe Houde, habitant d’Apprieu, réalisateur de films d’animation.

Dans le cadre d’une résidence d’artiste pour trois ans dans l’agglomération grenobloise et notamment au cinéma Le Méliès, initiée et financée par le Département, il nous invite à découvrir toutes les phases de la création, de l’écriture au tournage, en passant par la fabrication des personnages et des décors.

“Je réalise actuellement un court-métrage sur la place des femmes durant la Première Guerre mondiale et invite tous ceux qui le souhaitent – adolescents et adultes – à venir me donner un coup de main. C’est d’ailleurs comme cela que j’ai appris, en travaillant aux côtés de réalisateurs.”

À 59 ans, Jean-Christophe a créé plus d’une centaine de courts-métrages, dont certains ont été diffusés dans de célèbres festivals, comme les Rencontres internationales du film d’animation de Wissembourg, en Alsace.

Depuis 1991, il collabore avec différentes sociétés audiovisuelles, dont Folimage à Valence et Pierre Veck Films à Grenoble. Avec ces ateliers, gratuits et ouverts à tous, il entend populariser cet art accessible mais exigeant. Le film sera diffusé au Méliès à la fin de la résidence, en 2020.  

 

POLA GOMEZ

 

> VIRTUOSE DU FOOT FREESTYLE

Par Sandrine Anselmetti


En quelques mois, Pola Gomez, 17 ans, a connu un succès fulgurant: 50 000 fans sur sa chaîne YouTube, 40 000 sur Instagram et 220 000 vues pour sa vidéo la plus populaire. 

Cette jeune habitante de Trept est une star montante du foot freestyle. Une discipline qui consiste à enchaîner des figures techniques mêlant adresse et chorégraphie, en jonglant avec un ballon.

Passionnée de football, Pola a commencé à jouer à l’âge de 5 ans : “Je rêvais d’atteindre le haut niveau, mais deux ruptures des ligaments croisés à un an d’intervalle m’ont obligée à renoncer.”

Coup dur, mais pas question d’abandonner le ballon rond ! Durant sa convalescence, Pola se prend d’intérêt pour le foot freestyle sur le Net.

Elle « jongle » même avec ses béquilles et poste des vidéos sur Instagram. Très vite, elle est repérée par un youtubeur star du freestyle, qui compte 2 millions d’abonnés. 

“Il m’a proposé de participer à un show à Paris, puis on a fait une vidéo ensemble où il me lançait des défis”, raconte Pola.

Coup de projecteur : en quelques semaines, son nombre de fans monte en flèche et une marque de ballon de foot freestyle la choisit pour être sa première égérie.

Depuis, la Fifa l’a sélectionnée pour participer à une publicité pour la coupe du monde féminine 2019.

Pola propose aussi des shows pour des événements : “C’est une discipline peu connue qui impressionne le public, dans laquelle on peut avoir son propre style et progresser très vite si on a de la persévérance.

Elle s’entraîne six heures par jour pendant les vacances et huit heures par semaine quand elle est au lycée.

“Mon rêve, c’est de devenir championne du monde… et avant cela, de réussir mon bac de français !”

 

polafreestyle@outlook.fr

YANIS MEHAH

 

> CHAMPION DE BOXE ANGLAISE

Par Corine Lacrampe


L'entraînement du soir dans la salle du Ring berjallien est soutenu. Toutes les cinq minutes, au coup de sifflet, Yanis Mehah, 20 ans, change d'exercice : lever de poids, pompes, escaliers, poings, sauts, corde... Et on recommence.

La team est motivée. Le célèbre entraîneur Papou Ouajif est rigoureux. Pas question de faiblir ! Puis comme les autres boxeurs et boxeuses, il bande méticuleusement ses mains et enfile ses gants, prêts à monter sur le ring.

L'ambiance est sérieuse mais fraternelle. « J'ai commencé avec des copains, un peu par hasard, en 6e, au Ring berjallien et ça m'a tout de suite plu », explique Yanis Mehah, triple champion de France en 2016, 2017 et 2018, dans la catégorie des moins de 64 kilos.

Après quelques années passées à Villefontaine, Yanis Mehah est revenu à Bourgoin-Jallieu, voici quatre ans, pour profiter de l'excellence de ce club d'où est sorti, notamment, Brahim Asloum, champion olympique à Sydney en 2000.

Réputé comme le meilleur club formateur de France, le Ring berjallien fait rêver toute la team. Au régime pour garder son poids, fidèle aux entrainements, calme et concentré, Yanis Mehah est un boxeur vif, qui sait canaliser son énergie.

Paradoxalement, il émane en lui beaucoup plus de douceur que de violence : « La boxe n'est plus le sport de brute qu'il fut. C'est un sport technique, plein de finesse et de stratégie qui se pratique dans le respect de l'autre, même sur le ring, et surtout qui demande de se dépasser. Bien sûr, c'est dur. Mais c'est aussi très gratifiant ».

Surtout quand on gagne !

MATHIEU MELO

 

> UNE DISTINCTION BIEN MÉRITÉE

Par Annick Berlioz


Le 11 octobre dernier, Mathieu Melo, 33 ans, participait à la quatrième édition du  concours Talents Gourmands, organisé par le Crédit Agricole et le Bottin gourmand. 

A l’issue de cette compétition qui veut valoriser, les métiers de l’agriculture, de l’artisanat et de la restauration, Mathieu Melo a remporté le prix spécial « Coup de cœur du jury ». Une distinction bien méritée pour ce restaurateur grenoblois atypique.

À la tête du Mets cliché, une table qu’il a ouverte en 2017 avec sa compagne, il a été victime d’une attaque cérébrale dont il a gardé quelques séquelles et avec laquelle il s’est beaucoup battu.  

Dotée d’une très grande force de caractère, il ne s’est jamais découragé. « Je suis très fier d’avoir représenté l’Isère avec une recette 100 % Iséroise « Mignon de porc en croûte de feuillage au saint-marcellin et légumes du marché », l’une de mes spécialités. C’est aussi une belle revanche sur la maladie. Cela me permet de prouver que les personnes en situation de handicap ont autant de compétences que les valides. »

Avec ce prix, Mathieu a gagné 2 000 euros qu’il compte investir dans son restaurant.

 

Contact : 09 83 35 27 77.

Publié le : 
11 novembre 2018