Ça s'explique

Ça s'explique

UN NOUVEAU BÂTIMENT POUR PRÉSERVER ET METTRE EN VALEURR NOTRE PATRIMOINE ÉCRIT

 

Le 15 septembre dernier, la première pierre des nouvelles Archives départementales de l’Isère a été posée à Saint-Martin-d’Hères, à proximité du domaine universitaire. Un bâtiment de 15 000 mètres carrés qui va permettre aux agents du Département comme au public accueilli de travailler, dès 2020, dans des conditions optimales de confort et de sécurité. Pourquoi un nouveau site ? Pourquoi à Saint-Martin-d’Hères ? Interview de Patrick Curtaud, vice-président du Département chargé de la culture et du patrimoine.

Interview : Richard Juillet

Patrick Curtaud, vice-président du Département chargé de la culture et du patrimoine.

 

Isère Mag : Pourquoi le Département a-t-il fait le choix de construire un nouveau bâtiment pour les Archives départementales ?

Patrick Curtaud : Le bâtiment principal des Archives départementales de l’Isère, qui date de 1958, ne répondait plus aux normes professionnelles actuellement en vigueur en matière d’archivage. L’absence de lieux dédiés à la partie logistique et au traitement des documents, tri, classement, restauration… devenait également de plus en plus problématique.

À cela s’ajoutait, enfin et surtout, la saturation du linéaire de rayonnages alors que c’est une obligation légale pour le Département d’accueillir les archives à conservation définitive des administrations et les minutes notariales.

Nous estimons à environ 8 kilomètres linéaires les documents en attente d’être versés et conservés ! Pour assurer la continuité de cette mission d’intérêt général, il nous fallait soit réhabiliter et agrandir le site actuel, soit construire de nouveaux bâtiments dans un autre lieu. Dès juin 2015, nous avons pris la décision d’opter pour la seconde solution.  

I. M. : Un projet d’extension a pourtant bien été envisagé par le passé sur le site actuel.  

P. C. : C’est exact, mais il n’était pas très sérieux au regard de l’enjeu !

Pour rattraper notre retard et dimensionner nos archives de façon à répondre à l’accroissement des fonds sur vingt-cinq ans, voire davantage, il nous fallait trouver un terrain d’au moins 1 hectare à proximité du site actuel, ce qui est illusoire dans l’hypercentre de Grenoble.

Sans compter, comme je vous l’ai indiqué précédemment, que certains corps des bâtiments actuels ne sont techniquement pas réhabilitables. Souvent, cela coûte moins cher de construire du neuf que de réhabiliter l’ancien. 

I. M. : Un projet de 37 millions d’euros ? 

P. C. : Un bâtiment d’archives est toujours un édifice imposant. Le projet retenu, conçu par l’agence grenobloise Cr&On Architectes et validé par les Archives de France, est issu d’un concours d’architectes dont le jury était présidé par Jean-Pierre Barbier.

Ce bâtiment, constitué de quatre blocs, est le reflet d’un département dont l’histoire, la superficie, la démographie, la richesse économique et le dynamisme social ne peuvent se satisfaire d’une enceinte ordinaire ou sous-dimensionnée. Ce projet est vraiment représentatif de la richesse de notre patrimoine écrit.

Il devrait même accueillir une petite partie des archives du département des Hautes-Alpes avec lequel nous travaillons à mutualiser certaines politiques.

Quant au site retenu, celui des anciens garages des cars VFD à Saint-Martin-d’Hères, le Département en était déjà propriétaire, ce qui à l’évidence est une bonne opération, car cela n’engendre pas de surcoût foncier. Ce vaste terrain va également nous permettre de bénéficier d’une réserve foncière pour, éventuellement un jour, construire une extension. 

I. M. : Quand les futures archives départementales seront-elles ouvertes au public ?

P. C. : Les travaux, qui ont commencé en juillet, seront achevés à l’automne 2020. Vingt-trois entreprises vont travailler sur ce chantier, dont 15 iséroises. Le déménagement des archives d’un site à l’autre s’effectuera dans la foulée.

Les Isérois pourront dès les premières semaines de 2021 mener leurs recherches dans un bâtiment spacieux, facile d’accès et bien desservi par les transports en commun. Traversé par une « rue intérieure », il forme aussi un trait d’union entre le campus universitaire et la ville de Saint-Martin-d’Hères. 

I. M. : Quels trésors recèlent nos archives ?

P. C. : Il y a plus de 500 000 dossiers ou registres inventoriés et consultables sur place ! Le plus ancien date de 1011.

Il s’agit d’une donation de terres en faveur de l’archevêché de Vienne. Mais nous sommes également très fiers de conserver en Isère des documents qui entrent en résonance avec l’histoire de France, comme l’acte de cession du Dauphiné en 1343, l’un des deux seuls exemplaires des articles secrets annexés à l’édit de Nantes promulgué en 1598, les 65 volumes de la correspondance des frères Champollion ou encore les archives du Laboratoire d’électrostatique et de physique du métal créé par Louis Néel, Prix Nobel de physique en 1970.

 

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Publié le : 
11 novembre 2018