BOURGOIN-JALLIEU

CITÉ EMBLÉMATIQUE DU NORD-ISÈRE

Territoires

Posée entre deux collines, la cité garde la mémoire de ses années textiles et déploie des quartiers typés, du centre historique à l’étang paisible, de parcs en stades, de friches réhabilitées au château. 

Par Corine Lacrampe

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Centre urbain et pôle de services pour l’important bassin de vie du Nord-Isère, Bourgoin-Jallieu, un peu plus de 28 000 habitants, est une vaste cité toujours en développement, au sein de la Communauté d’agglomération porte de l’Isère (Capi).

Sur l’axe routier, autoroutier et ferroviaire qui relie Grenoble à Lyon, elle jouit d’une position stratégique et, presque aux portes de Lyon, connaît une croissance démographique soutenue depuis les années 1970.

La possibilité d’extension a joué en sa faveur, alors que Vienne, la capitale historique du Nord-Isère, reste contenue, notamment par la proximité du Rhône.

 

> UNE CITÉ DE (BEAUX) QUARTIERS

 

Parmi les repères qui participent à l’identité de Bourgoin-Jallieu, citons sa mairie en son petit château à tourelles, son église à deux tours, ses quartiers commerçants, son marché cinq jours par semaine et ses zones d’habitation reliées par de grands axes sillonnés par les transports en commun.

Bourgoin-Jallieu, qui réunit les communes de Bourgoin et de Jallieu depuis 1967, offre un centre-ville riche en monuments historiques, des versants de collines où grimpent des quartiers pavillonnaires et plusieurs quartiers populaires agréables, dont Champ-Fleuri, Champaret, Pré-Bénit, la Grive…

Ancienne cité ouvrière aux usines réhabilitées, d’un secteur à l’autre, l’ambiance et les affectations changent.

Au nord-est, l’étang de Rosière apporte sa touche verte et romantique. La cité a même ses quais le long de la Bourbre.

Les artères urbaines font référence à l’histoire locale : rue du Premier-Atelier, allée des Soyeux, avenue du Grand-Tissage, avenue Frédéric-Dard, hommage à l’auteur de polars natif de Jallieu, et jusqu’à l’avenue d’Italie qui rappelle que l’empereur Napoléon fit escale à Bourgoin, en route vers Milan pour y recevoir la couronne d’Italie.

Quant à l’avenue du Médipôle, elle dessert, à l’ouest, le nouvel hôpital, édifié en 2011 sur les marais et tout un pôle dédié à différents services médicaux et sanitaires.

Pour le maire, Vincent Chriqui, il s’agit d’accompagner, voire d’anticiper, le changement : “Notre vision de l’avenir consiste à façonner une ville respectueuse de l’humain et de l’environnement, ce qui passe par la construction d’une ville solidaire et durable, tout en faisant le pari de favoriser une ville pour tous.

LE CANTON DE BOURGOIN-JALLIEU ET LE DÉPARTEMENT

 

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Évelyne Michaud, maire de Saint-Savin, et Vincent Chriqui, maire de Bourgoin-Jallieu, sont les deux conseillers départementaux du canton de Bourgoin-Jallieu.

Dans le domaine routier, ils sont à l’origine de deux dossiers importants : la modernisation de la RD 1006, avec, sur certaines portions, le doublement des voies, et les travaux de sécurisation de la RD 522 qui traverse la commune de Saint-Savin.

Dans le cadre du Plan de relance du Département, ils ont aussi porté un dossier emblématique, avec les nouveaux aménagements du stade Pierre-Rajon et, notamment, la construction de la nouvelle tribune nord.

 

 

 DYNAMIQUE 

 

UNE VILLE POUR TOUS ET UNE TEAM SPORTIVE

 

Bourgoin-Jallieu est toujours dans les starting-blocks ! Alors que s’achèvent les travaux du centre piéton débutent ceux de la rénovation des tribunes du « chaudron », le stade de rugby Pierre-Rajon. La ville n’en finit pas de s’embellir et de développer de nouveaux équipements.

Les HLM des années 1970 ont été pour certains détruits, pour d’autres joliment rénovés, les friches industrielles réhabilitées pour accueillir, comme dans le quartier Plein-Centre, halles, commerces et restaurants dans une ambiance vintage branchée.

Aux équipements culturels, dont le musée, le conservatoire Hector-Berlioz, le théâtre Jean-Vilar ou Les Abattoirs, Scène de musiques actuelles, s’ajoutent près de 30 sites et équipements sportifs de proximité, pour la pratique de nombreuses activités.

La cité est réputée pour ses résultats sportifs et sa compétence à former des champions. Il y a eu les heures de gloire du rugby, celles de la boxe anglaise.

Parmi les 11 sportifs de haut niveau de la Team BJ, soutenue par la ville depuis 2015, on peut citer Yanis Mehah (boxe), Audrey Courand (athlétisme), Brandon Vial (lancer de disque), Tony Ray (tennis de table), Gloria Taofifenua (volley-ball), Antoine Subra (skateboard), Florent Campeggia (rugby). Autant de champions qui donnent des espoirs olympiques berjalliens !

 

 

 RACINES 

 

IMPRESSIONS : UN MUSÉE EXCEPTIONNEL

 

Au service des soyeux lyonnais, Bourgoin et Jallieu constituèrent l’un des tout premiers centres français pour l’impression sur étoffe.

Durant deux siècles, cette industrie marqua le territoire. Après la crise des années 1970, les usines fermèrent. Reste une activité liée à l’impression pour le luxe.

Quant aux procédés anciens, cadres, modèles, ils sont au musée occupant deux monuments historiques, l’ancienne chapelle des antonins et l’hôtel-Dieu, magnifiquement mis en valeur.

Original, riche et dynamique, le musée retrace de manière remarquable l’histoire de l’industrie textile locale.

C’est le seul à présenter celle de l’impression sur étoffes. Ses expositions temporaires sont de très grande qualité et son entrée est gratuite.

 

Musée de Bourgoin-Jallieu

 

 PORTRAIT 

 

FRANCK ASENSI : PROFESSION GRAFFEUR, BOMBE À LA MAIN

 

Lyonnais installé à Bourgoin-Jallieu depuis sept ans, Franck Asensi œuvre, bombe à la main, mais pacifiquement, depuis plus d’un quart de siècle.

Concernant la fresque du hall des sports Cassan, inauguré dans le quartier de la gare, tout a été réalisé en plein jour et dans les règles de l'urbanisme.

En amont : la réponse à un appel d’offres imposant de ne pas dénaturer le bâtiment, de garder la mémoire de sa première affectation (vente de machines agricoles) tout en évoquant sa nouvelle fonction d’accueil du Basket-Club des Portes de l’Isère, du club sportif Bourgoin-Jallieu Handisport et de l’Association Nord-Isère du sport adapté.

Mission accomplie au terme de quinze jours de travail remarquable. Franck Asensi, Impackt de son nom de graffeur, a réalisé une fresque splendide et évocatrice.

BOURGOIN-JALLIEU EN IMAGES

Vue panoramique de Bourgoin-Jallieu.
La façade de la gare.
L’avenue du professeur Tixier, artère commerçante.
La place du 23 août 1944 ou se trouve la belle maison des Anglancier de Saint-Germain.
La rue de la Liberté, artère piétonne commerçante de Bourgoin-Jallieu.
Le marché.
Le parc commercial La Folatière.
Quartier Plein-Centre, la place Jean-Jacques Rousseau avec sa médiathèque, ses commerces et son cinéma.
Quartier Plein-Centre, les halles berjalliennes.
D’anciennes friches industrielles réhabilitées et transformées en commerces.
L’étang de Rosière, paradis des promeneurs et des pêcheurs.

FIGURES DE BOURGOIN-JALLIEU : CLIQUEZ SUR LES PHOTOS

Franck Berger, trente ans de chocolat, travaille avec passion et dans les règles de l’art. Il a repris en 2007 la maison Marchand, où il avait débuté à 15 ans. Sa magnifique boutique abrite chocolats divins, fruits confits et pâtisseries d’excellence.
Belinda Limuka, 20 ans, prépare un BTS de notariat en alternance tout en pratiquant la boxe anglaise de haut niveau. Licenciée au sein du Ring berjallien, habituée des championnats du monde, d’Europe et de France, elle vise les JO de Tokyo.
Éric Vergne dirige Elcom, 80 employés, entreprise à forte croissance, fondée en 1986, qui conçoit et réalise des systèmes de transport de pièces et d’aiguillage au sein des ateliers de production pour Valéo, Seb, Schneider Electric...

 

PATRIMOINE

 

UN PATRIMOINE À DÉCOUVRIR EN 24 STATIONS

En 1995 furent apposées 24 plaques commémoratives pour enrichir une découverte du patrimoine berjallien.
 
Parmi les monuments commentés, la belle maison des Anglancier de Saint-Germain, place du 23-Août-1944, fut édifiée au XVIe siècle par Claude Anglancier, ami de Jean-Jacques Rousseau.
 
L’église gothique Saint-Jean-Baptiste, place Carnot, a été construite entre 1866 et 1873 sur le modèle de celle de Voiron. Les halles de la place Grenette, qui datent de l’époque médiévale, étaient le centre de la vie communautaire et marchande de la cité.
 
Aujourd’hui, elles accueillent des expositions, des séminaires et des salons. L’église Notre-Dame, rue de la Libération, a été́ construite en 1859, à la place d’une église datant du XIIe siècle.
 
Le tribunal, dans la rue du même nom, était à l’origine une chapelle construite en 1658 par des pénitents blancs, unis dans un élan de charité́ et d’altruisme à une époque où la peste faisait rage.
 
Cédée à la ville en 1790, elle y accueillit l’année suivante le tribunal civil. En 1854, le bâtiment principal fut reconstruit dans le style de la chapelle primitive.
 
Mais le fleuron patrimonial de la ville reste peut-être l’ancienne chapelle des Antonins et l’hôtel-Dieu, qui abrite aujourd’hui le musée et a bénéficié d’une réhabilitation remarquable.

 

 

REPÈRES

 

  • L’empereur Napoléon passa deux nuits à Bourgoin, en 1805, sur la route de son couronnement en Italie, en 1815, de retour de l’île d’Elbe.
  • 15 % d’augmentation de la population en 10 ans.
  • 30 sites et équipements sportifs.
  • 3 500 écoliers scolarisés dans 15 écoles publiques et 3 privées.
  • 350 000 habitants pour le bassin de vie nord-isérois.
  • 35 sportifs de haut niveau (selon les critères nationaux).
  • Quatre labels : Ville fleurie 3 fleurs, Ville Internet 2 arobases@@, Ville active et sportive niveau 2 sur 4, Ville Santé de l’OMS.
 

 

GASTRONOMIE

 

UNE BRIOCHE ROYALE ET DES CHAUDELETS POPULAIRES

 

La plus célèbre des spécialités locales est la brioche de Bourgoin, dont l’origine remonte à 1449.

Alors que le futur roi Louis XI séjournait à Bourgoin, les boulangers de la ville, voulant honorer leur Dauphin, préparèrent un gâteau en forme de couronne pétrie à base de farine, lait, miel, œufs et levain.

Ornée de granulés de sucre rouge et blanc et de pralines, cette couronne garde fière et joyeuse allure. On la trouve dans plusieurs boulangeries berjalliennes.

Et c’est une tradition de l’offrir. L’autre douceur de la ville, le chaudelet, est beaucoup plus récente. Petite galette sèche individuelle aromatisée de grains d’anis, il aurait été inventé à la fin du XIXe siècle par un vendeur ambulant qui officiait sur les quais de la gare.

Cette pâtisserie typique était appréciée de Frédéric Dard, qui l’évoqua dans plusieurs de ses romans policiers.

 

Publié le : 
11 novembre 2018