LE GRAND-LEMPS :

DE PISÉ, DE GALETS ET DE SOIE

Territoires

Capitale des Terres-Froides, elle régna sur le cours du grain, produisit de l’absinthe et des patins à glace, accueillit des artistes et poursuit dans l’art de créer des roses et de tisser la soie. 

Par Corine Lacrampe
Crédit photo : C. Lacrampe/ F.Pattou

 

Cette commune rurale desservie par l’autoroute et la voie ferrée se déploie dans la plaine, côté Bièvre, et sur un versant de collines boisées qui culminent à 726 mètres d’altitude. Au nord, elle s’ouvre sur la zone humide de l’étang du Grand-Lemps, site naturel et romantique.

Ici, les maisons arborent des murs de pisé sur socle de pierre et galets roulés, et un toit dauphinois couvert de tuiles écaille. Totalisant à peine plus de 3 000 habitants, cette petite cité commerçante et industrieuse n’en rayonne pas moins de longue date. Ses belles bâtisses évoquent l’Histoire.

 

> DES FOIRES AUX GRAINS, DES MARCHÉS ET DES FABRIQUES

 

Le magnifique beffroi du centre-bourg est un vestige de la chapelle des Pénitents érigée au XIVe siècle par les abbés de Bonnevaux. Autre repère : la tour du château qui avait été construit au XVIIe siècle par le seigneur Prunier de Lemps. En 1800, ce château devint la résidence des Virieu. Par la suite, il fut transformé en usine de soierie, puis en distillerie et fabrique de liqueurs. Aujourd’hui, il se partage entre bâtiments agricoles, commerces et appartements.

Autre référence historique forte, les halles évoquent l’importance commerciale du Grand-Lemps. Cette ancienne halle aux grains régulait le cours des céréales. Grâce aux franchises accordées par Aymard VIII de Bressieux, un marché s’était implanté dès 1336. La halle fut construite en 1614 par la famille Prunier. Perdurent au Grand-Lemps deux grands marchés par semaine, le mardi et vendredi, et un petit marché bio le samedi.

Mais comme son blason en fait foi, la vocation industrielle du Grand-Lemps, c’est le tissage. Algoud, un soyeux lyonnais, ouvrit une usine-pensionnat en 1864 avec 180 métiers et autant d’ouvrières. Rapidement, deux autres fabriques de soierie, Mézin et Couturier, s’implantèrent. Puis, après la Première Guerre mondiale : Perrin et Fils, Pipon et Cie, Frachon… Restent aujourd’hui deux fleurons : la Société d’impression sur étoffe du Grand-Lemps (Siegl), acteur du luxe, et les tissages Perrin, experts en soieries originales et de très grande qualité.

Pour le nouveau maire du Grand-Lemps, Nicole Berton, l’attachement que les habitants portent à leur ville participe à son identité et son charme : “Ils sont toujours prêts à participer, s’investir, se mobiliser dans des rencontres, des associations, des consultations publiques. Alors c’est toute une vie sous les halles les jours de marché, sur la place du Château les jours de fête, à la terrasse d’un café…

 

 

LE GRAND-LEMPS ET LE DÉPARTEMENT

julien-polat-iseremagcdr_2.jpganne-gerin-iseremagcdr_2.jpg
 

Sylviane Colussi, adjointe au maire de Chirens et Didier Rambaud, sénateur de l’Isère, sont les deux conseillers départementaux du canton de Le Grand-Lemps.

Parmi les dossiers qu’ils suivent particulièrement, citons les réhabilitations de l’Ehpad de Virieu et du collège Liers & Lemps, le projet de musée archéologique à Paladru et le contournement de la commune de Chirens.

Au Grand-Lemps : la réhabilitation des écoles primaire et maternelle, la requalification du centre-bourg.

A Apprieu, Burcin et Flachères, la réalisation d’équipements sportifs et culturels (gymnase, salle polyvalente, terrain multisports…).

Enfin sur Bièvre Dauphine, la construction d’un pôle petite enfance.

 

REPÈRES

LE CANTON DU GRAND-LEMPS

  • 34 600 habitants dans 32 communes.
  • Les quatre communes les plus peuplées : Apprieu, Le Grand-Lemps, Chirens et Izeaux totalisent un quart des habitants.
  • La moins peuplée : Blandin, 137 habitants.
 

QUELQUES CHIFFRES

  • 5 km séparent Le Grand-Lemps d’une sortie de l’autoroute A 48 (à 43 km de Grenoble).
  • 3 143 habitants.
  • 43 associations.
  • En 1830, 700 000 hl de grains furent négociés sous les halles.
  • 500 000 plants de rosiers cultivés chez Félix.
  • Depuis 1998, le GR 65 traverse Le Grand-Lemps, un tronçon frappé de la coquille sur les 1 700 km du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle.
  • 53 ha pour l’étang du Grand-Lemps, réserve naturelle abritant 28 espèces de libellules.

 

 DYNAMIQUE 

 

TERRE DE PATRIMOINE, DE SAVOIR-FAIRE ET D'ACCUEIL

 

Aujourd’hui, la ville valorise son patrimoine. Plutôt que de détruire, plutôt que d’étendre les constructions, elle réhabilite.

La mairie et la médiathèque sont installées dans les magnifiques bâtisses de la distillerie Dutruc. L’école communale se refait une beauté dans son style pour accueillir le nouveau groupe scolaire.

Deux bâtiments de style Art nouveau, de part et d’autre de la place du Château, accueillent toujours le foyer municipal et la poste. Les halles restent l’écrin privilégié des marchés.

Le Grand-Lemps garde la mémoire des industries qui firent sa notoriété : distilleries, manufacture de chaussures pour le cyclisme ou le patinage, atelier de fabrication de scies circulaires pour débiter le bois de chauffage, fabrique des meubles Guttin…

Le Grand-Lemps se distingue aussi par ses animations rurales (Fête de la rosière, vogues, spectacle d’opérette…) et par sa convivialité. La Fête des voisins prend ici de belles couleurs.

Et lorsqu’il s’agit d’accueillir une famille de migrants, la municipalité et les habitants se mobilisent. Alors rien d’étonnant à ce qu’un repas citoyen tiré des sacs rassemble autour de longues tablées en plein air pas moins de 200 personnes.

 

 

 PORTRAIT 

 

MANO GENTIL, ROMANCIÈRE LEMPSIQUOISE

 

Son époux cultive des roses, Mano Gentil, elle, vit de sa plume. Née à Grenoble en 1961, cette femme vive et joyeuse, mère de deux enfants, s’est enracinée au Grand-Lemps suite à son mariage avec un Lempsiquois.

Depuis, elle apprécie au quotidien ce territoire convivial et paisible propice à la création. Après ses études littéraires, puis une carrière dans la communication et la publicité, tour à tour journaliste et directrice de cabinet, elle a décidé, à 40 ans, de se consacrer à plein-temps à l’écriture créatrice.

Cette activité littéraire s’est  concrétisée par la publication de seize  romans depuis 1996. En marge de son travail d’écrivain, Mano Gentil anime des ateliers d’écriture et des rencontres autour du livre.

Cette auteure éclectique qui ose tous les genres – jeunesse, polars, nouvelles – publie un livre par an et connaît une notoriété nationale. Son dernier ouvrage, Très chère Ursule, est sorti en 2017 chez Serge Safran, un éditeur de qualité qu’elle affectionne.

Ses histoires aux personnages attachants et au scénario bien ficelé « mettent en lumière notre part d’ombre. » La dernière page offre une fin ouverte qui laisse le lecteur faire sa part du chemin…

 

LE GRAND-LEMPS EN IMAGES 

Cité commerçante et industrieuse, Le Grand-Lemps, 3 143 habitants, est la capitale des Terres-Froides.
La rue moderne autrefois et ses nombreuses boutiques.
La rue moderne aujourd’hui, artère commerçante, du Grand-Lemps.
Sous les halles, deux grands marchés, le mardi et vendredi, et un petit marché bio le samedi.
Le beffroi du centre-bourg, vestige de la chapelle des Pénitents érigée au XIVe siècle.
De belles bâtisses évoquent l’Histoire comme la distillerie des frères    Broquis, célèbre pour sa liqueur Félibrige.
Autre ambiance architecturale : le foyer municipal de style Art nouveau.
Le Grand-Lemps attira des célébrités comme Lamartine, Alfred Jarry, Claude Terrasse ou encore le peintre Pierre Bonnard. Une fresque rappelle la présence de ces créateurs qui appréciaient l’absinthe, « fée verte » distillée par la maison Dutruc (1828-1960)
Les maisons arborent des murs de pisé sur socle de pierre, de galets roulés, et un toit dauphinois couvert de tuiles écaille….
… avec parfois, une porche typiquement dauphinois.

 

RACINES

 

LA "FÉE VERTE" ET LES ROSES DORÉES

Le Grand-Lemps attira des célébrités parmi lesquelles Lamartine, invité au château par la marquise de Virieu.
 
Des artistes plus fêtards fréquentaient les bistrots, dont le fameux trio formé par l’écrivain Alfred Jarry, le compositeur d’opérette Claude Terrasse – qui a désormais son festival au Grand-Lemps, le dernier week-end d’avril – et le peintre Pierre Bonnard.
 
Ces créateurs appréciaient l’absinthe, « fée verte » distillée par la maison Dutruc (1828-1960) alors connue dans le monde entier pour son Anis et son Arquebuse. La distillerie des frères Broquis, elle, était célèbre pour sa liqueur Félibrige.
 

Autre source d’inspiration… la rose. François Félix, de la troisième génération de rosiéristes, ne se contente pas de cultiver 12 hectares de rosiers, il crée de nouvelles roses couleur de sable et de soleil (voir son portrait dans la rubrique « Gens d’Isère »).

 

FIGURES DU GRAND-LEMPS : CLIQUEZ SUR LES PHOTOS

Clémentine Rabatel, 19 ans, étudiante et sportive licenciée du LCA Foot 38, est la 123e rosière du Grand-Lemps, élue en septembre 2017. Une digne héritière de ces jeunes filles méritantes dotées par une riche donatrice.
Thierry et Justine Barbe, artisans-boulangers, animent le petit commerce du centre-ville. En rayon : pain de tradition française, ficelle apéro, pain au maïs, tartes à la praline et fameux panettones. Les habitants apprécient…
Romain Tassi, 28 ans, entraîne Les Grands Lynx, club de roller-hockey (200 licenciés) qu’il avait intégré, enfant, dès sa formation en 2001. Un sport de glisse méconnu, fun et très technique. Objectif : la Coupe de France !

 

 ENTREPRISE 

 

LES TISSAGES PERRIN : AU FIL D'UN SIÈCLE L'EXCELLENCE

 
Maison de savoir-faire et de prestige bientôt centenaire, les tissages Perrin existent depuis 1929 et cinq générations, maintenant un patrimoine local actif dans de nombreux domaines de la mode : accessoires, prêt-à-porter, lingerie, maillots de bain. De la soie au cachemire, tous les tissages sont adaptés aux multiples marchés de cette maison prestigieuse.

 

Les nouveaux locaux des tissages Perrin, à l’orée du Grand-Lemps, vastes, élégants, écologiques et ultra-modernes sont dotés de métiers à tisser informatisés et d’immenses tables.

Ainsi la maison peut-elle produire un foisonnement de dessins, touchers, textures, couleurs… Ici, la soie se fait mousseline, satin, voile, crêpe, taffetas, georgette, twill, seconde peau… Plaisir des sens : aspect laqué, toucher laine, apparence cuir, plissés, imprimés, colorés… Quelques fibres synthétiques s’invitent au tissage pour telle élasticité ou tel rendu sophistiqué.

C’est tout l’art du tissu que l’on cultive dans cette fabrique avec, en marge, une activité de confection de luxe 100 % fait main : des pétales, des galons, des biais, des cravates, des écharpes, des carrés, colorés.

Du sur-mesure, du « made in Le Grand-Lemps » pour une clientèle exigeante.

 

 

 SPORTS 

 

LES GRAND LYNX DÉMOCRATISENT LE ROLLER-HOCKEY 

 
Fondé en 2001 par des jeunes du centre social, le club de roller-hockey des Grands Lynx est dédié à un sport de glisse méconnu.
 
Ce cousin du hockey sur glace se pratique en salle sur sol roulant avec des patins à roues en ligne. Présidente du club, mère de trois jeunes joueurs, Katia Jayet se réjouit du succès et du dynamisme des Grands Lynx, forts de 200 adhérents.
 
Le club participe aux fêtes locales, organise des rencontres au profit d’associations caritatives, programme des nocturnes et des démonstrations, forme les jeunes et entraîne les joueurs pour la compétition.
 
Son équipe première évolue en Nationale 2 et le bourg accueille des rencontres prestigieuses, comme celle opposant Les Grands Lynx aux Yétis, équipe élite de Grenoble, championne de France.
 
 

 

 LA RECETTE DU MAÎTRE RESTAURATEUR 

 

TARTE CITRON À L'HUILE D'OLIVE,

TRUITE ROSE FUMÉE ET BETTERAVES COLORÉES 

 

Alexis Fonteneau, maitre-restaurateur, orchestre depuis 2006 le relais Saint-Hubert, à Burcin, près du Grand-Lemps, où il cuisine des produits du terroir et de saison avec raffinement et inventivité. Ses truites viennent de la pisciculture Charles Murgat à Beaufort et sont fumées par ses soins.

Ingrédients :

  • Pâte à tarte : 100 g de farine à l’ancienne, 100 g de beurre pommade, 100 g de poudre d’amandes, 50 g de sucre semoule.
  • Crème citron/huile d’olive : 40 g de jus de citron, 5 g de zeste, 5 g de miel, un œuf, 5 g de beurre de cacao, 15 g de beurre, 30 g d’huile d’olive, 1 g de gélatine.
  • Truite fumée : 80 à 100 g par personne.
  • Betterave crue idéalement violette et légumes de saison taillés en lamelle

Préparation :

  • Pâte à tarte : mélanger les ingrédients pour obtenir une pâte homogène, réserver au frais 20 min puis étaler sur une épaisseur de 5 à 8 mm. Placer au four pendant 10 min à 180°C. Découper des rectangles de 3 cm de largeur sur 10 cm de longueur, puis laissez refroidir.
  • Crème citron : faire frémir dans une casserole le jus de citron et l’huile d’olive. Blanchir les œufs avec le miel dans un saladier, puis verser dessus le jus citron/huile, remettre à feu doux tout en remuant pour faire épaissir le mélange. Le débarrasser dans un saladier, ajouter le beurre en morceaux, le zeste, puis la gélatine préalablement réhydratée dans de l’eau froide. Réserver au frais.
  • Truite et légumes : Eplucher et tailler les légumes, lustrer à l’huile d’olive et assaisonner. Disposer au centre de chaque assiette un rectangle de pâte, déposer dessus avec une poche à douille la crème citron, puis la truite et les légumes, déguster bien frais.

 

Le Relais St Hubert

 

Publié le : 
03 mars 2018