GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère

BERNARD MICOUD

 

> UN HOMME TRÈS AFFÛTÉ !

Par Richard Juillet


Après avoir passé vingt-sept ans chez Brune Fures, à Tullins, à fabriquer des scies à grume pour les professionnels du bois, Bernard Micoud s’est retrouvé sans emploi en 2006, mais avec une solide expérience dans ce domaine.
 
“J’ai occupé tous les postes : de la réception des rouleaux de feuillard au dentage, en passant par la soudure. J’ai terminé ma carrière comme responsable du personnel et de la production”, explique-t-il. Disponible, il constate alors qu’il n’existe plus d’affûteur de lames de scie et d’outils à bois dans la région. Il trouve un local à Châtenay et se lance dans l’aventure. 
 
Depuis, il propose des prestations d’affûtage et de réparation aux scieries du quart sud-est de la France tout en développant une activité de grossiste en fournitures et de services aux particuliers. “J’affûte tout ce qui sert à couper : des scies jusqu’à 12 mètres de longueur, des tronçonneuses ou encore, plus insolite, des peignes de tondeuse à moutons”, poursuit-il. Avec l’engouement des Français pour la construction de maisons en bois ou à ossature bois, le travail ne manque pas. Car qui dit bois coupé dit affûtage de scies !
 
Depuis quatre ans, il a donc embauché un affûteur pour le seconder dans toutes les opérations spécifiques au métier, comme le planage (marteler une lame pour ôter bosses et creux), le tensionnage (la rigidifier pour augmenter la vitesse de sciage) ou encore le stellitage, une action qui consiste à souder un alliage hautement résistant sur la pointe des dents d’une scie pour en atténuer l’usure à l’usage. “Nous ne sommes plus que douze en France à pratiquer cette opération”, s’enorgueillit-il.
 
Il a également investi dans des machines à commande numérique pour affûter rubans et scies circulaires au carbure de tungstène.
 
 

CLÉMENT JACQUELIN

 

> IL ÉQUIPE LES CHAMPIONS

Par Véronique Granger


Dans la famille Jacquelin, à Villard-de-Lans, le sport de haut niveau est une seconde nature ! Frère d’Émilien, membre de l’équipe de France de biathlon, de Grégoire (qui a couru avec Martin Fourcade) et d’Augustin, champion junior universitaire, Clément a été lui-même champion du monde de biathlon en 2009.
 
Mais en décembre dernier, c’est en tant qu’inventeur et scientifique qu’il a reçu à Paris son trophée des Ingénieurs du futur 2017 décerné par le magazine L’Usine nouvelle. Sa crosse de biathlon ultra-personnalisée, développée durant ses études d’ingénieur à l’INP Grenoble, a déjà conquis les plus grands athlètes mondiaux de la discipline : le Norvégien Ole Einar Bjørndalen a été le premier à l’adopter, suivi par Martin et Simon Fourcade – et son frère Émilien bien sûr !
 
“Je me suis appuyé sur les outils physiques et numériques les plus avancés pour concevoir un produit ergonomique qui répond aux exigences des athlètes”, explique Clément. Ce jeune entrepreneur a déjà des idées pour d’autres disciplines olympiques.
 
À 27 ans, il vient de créer dans le Vercors la société Athletics 3D avec le soutien de partenaires industriels aussi prestigieux que Carl Zeiss, Zortax, Valla et S.mart. “Notre ambition est d’accompagner les athlètes les plus motivés dans leur développement avec des équipementiers d’élite”, poursuit-il.
 
Le jeune triathlète tétraplégique isérois Florian Jouanny devrait le rejoindre pour développer une gamme handisport. “Notre moteur et ce qui fait avancer les sportifs, ce n’est pas seulement la gagne… mais de vivre ensemble des émotions fortes.”
 
 
 

FRANÇOIS FÉLIX

 

> CULTIVATEUR ET INVENTEUR DE ROSES

Par Corine lacrampe


Tout garçon qu’il fut, il est né dans les roses, au Grand-Lemps exactement, pays de roseliers, terre froide au sol caillouteux où la reine des fleurs s’enracine.

Son ancêtre Léon Félix a vu ses premières roses primées en 1922. Trois générations plus tard, François Félix cultive avec le même succès 12 hectares de rosiers, soit 500 000 plants pour les 200 variétés à son catalogue.

Tout en poursuivant en famille, avec son beau-frère, la culture paysanne sur les terres de la Bièvre, François Félix ajouta sa griffe d’architecte-paysagiste et de défenseur de la rose. Président de la Fédération nationale des producteurs de l’horticulture et de la pépinière, de simple cultivateur il est devenu obtenteur de roses.

C’est-à-dire qu’il invente de nouvelles variétés. Un travail de longue haleine puisqu’il faut sept ans au moins pour créer une rose. Sa première édition est sortie sur le marché en 2016. En 2017, ce fut « Ténéré », une rose double, couleur de sable rose et or du désert. Il y a aussi la lumineuse et parfumée « Château de Pupetières », créée pour le château éponyme, propriété d’Aymar de Virieu, châtelain-jardinier amoureux des roses. Et « Rêves de gosses », rosier arbustif aux fleurs jaune safran et jaune clair, enrubannées d’un liseré carmin, dédié à l’association du même nom pour les enfants différents.

Séduisantes aussi, la délicieuse « P’tit Bonbon » et la pionnière, « Madame Léon Félix », hommage à l’aïeule. Pour François Félix, “une rose est toujours, à la base, inspirée par une histoire”.

 

Roses Félix

 

FRÉDÉRIC FIALAIS

 

> LES JEUX PLEIN LES YEUX

Par Sandrine Anselmetti



“Pour moi, les Jeux olympiques de Grenoble, c’est un fantastique souvenir de gosse. J’avais 7 ans et je suivais les épreuves sur la télévision achetée par mes parents pour l’occasion. Je n’oublierai jamais la cérémonie d’ouverture grandiose et les trois médailles d’or de Jean-Claude Killy !”, se souvient Frédéric Fialais.
 
À 56 ans, cet Isérois est aujourd’hui partie prenante dans la célébration du 50e anniversaire des JO de 1968. Collectionneur passionné, il possède plus de 10 000 objets liés aux Jeux de Grenoble !
 
À commencer par la toute première mascotte des JO, Schuss, que lui avait offerte son père à l’époque. “Pour cet anniversaire, j’ai prêté des pièces à plusieurs organisateurs d’expositions. Pour moi, c’est un plaisir de partager cette mémoire des JO et de la faire vivre à travers mes objets”, témoigne-t-il.
 
Certains sont ainsi présentés au Musée dauphinois, dans le cadre de l’exposition « Grenoble 1968. Les Jeux olympiques qui ont changé l’Isère » : des skis, une crosse et un palet de hockey qui ont « fait » les Jeux, une veste de cérémonie de l’équipe de France, mais aussi un foulard Hermès, un porte-stylo ou encore de la vaisselle en cristal, estampillés « JO de 1968 »… “Dans ma collection, j’ai de tout : des objets officiels, emblématiques, publicitaires ou insolites”, poursuit Frédéric.
 
Et parmi toutes ces trouvailles, son « trésor » : la lampe de mineur qui a véhiculé la flamme olympique entre Athènes et Paris, puis a suivi le parcours des porteurs de la torche (au cas où celle-ci se serait éteinte). “Elle est exceptionnelle, car il n’en existe que deux au monde”, souligne-t-il.
 
À découvrir au Musée dauphinois, jusqu’au 7 janvier 2019. 
 
 
 

ISABELLE LOUSSOT

 

> DES GÂTEAUX AUX ÉPICES ET AUX LÉGUMES SUR LE MARCHÉ

Par Véronique Granger 


Impossible de la louper sur le marché de l’Estacade, à Grenoble, avec son bonnet vert, sa grande fleur verte et son large sourire nature ! Il sera encore plus difficile de résister quand Isa (Isabelle Loussot dans le civil) vous aura fait goûter ses gâteaux aux légumes et aux épices, la plupart sans beurre ni gluten.
 
Le cake à la carotte est devenu un classique – pratique, il se conserve un mois au frigo sans perdre son moelleux ! Fondant au chocolat et à la cardamome ou à base de courgette, panais-orange, fenouil-badiane, guimauves aux huiles essentielles… chaque mois, elle expérimente des recettes inédites aux saveurs subtiles.
 
“Je m’inspire des produits du marché et des suggestions de mes clients”, explique Isabelle. Toquée de cuisine depuis son enfance, entre une grand-mère cuisinière de métier et une mère cordon-bleu, cette Orléanaise a toujours cuisiné. Mais c’est seulement depuis cinq ans qu’elle en a fait son activité. Venue suivre son mari à Grenoble, après vingt-deux ans comme comptable ou aux achats, elle a saisi l’opportunité pour se reconvertir… et passer son CAP de cuisine à 47 ans !
 
“Quand j’ai cherché du travail, on m’a reproché mon inexpérience. Je me suis donc lancée en autoentrepreneur.” Elle vend sur le marché quatre fois par semaine, mais aussi dans plusieurs épiceries bio ou salons de thé grenoblois ou sur commande. “J’ai perdu en salaire, mais quelle liberté !”, savoure-t-elle. 

NADÈGE EYMERY ET LIONEL BOURGEON

 

> MAÎTRES RESTAURATEURS D'UN JOUR

Par Richard juillet


Nadège Eymery, 44 ans, de Quet-en-Beaumont, et Lionel Bourgeon, 47 ans, de Chatte, sont les deux lauréats du concours culinaire « Devenez maître restaurateur d’un jour », organisé par l’Association des maîtres restaurateurs de l’Isère.
 
À partir d’un panier garni contenant des légumes de saison et des produits locaux, murçon de La Mure, ravioles du Royans ou encore noix de Grenoble, les deux cuisiniers amateurs devaient réaliser, en une heure et demie, un plat de leur choix intégrant un ou plusieurs produits emblématiques de l’Isère.
 
Nadège a préparé un ballotin de murçon au poireau, servi avec des ravioles farcies à la courge butternut et aux noix, une crème d’ail à la chartreuse verte et des girolles poêlées. Quant à Lionel, son plat était intitulé « Sentier d’automne autour d’un murçon ».
 
La spécialité muroise était cette fois pochée puis snackée et accompagnée d’un crumble de noix torréfiées, de girolles, de dés de courge butternut rôtis au four, d’une sauce à l’Antésite, d’un pickle de poireaux et de quelques feuilles d’oxalis.
 
Quand nos deux lauréats ne sont pas aux fourneaux, Nadège exerce comme cuisinière à l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes de Corps (quelle chance ont les pensionnaires !) et Lionel est professeur d’histoire-géographie à Saint-Donat-sur-l’Herbasse. Pour conjuguer travail et passion, il prépare actuellement un CAP cuisine et souhaite à l’avenir devenir chef à domicile. 
 

LES RECETTES

 

> Ballotin de murçon au poireau, ravioles à la courge butternut et aux noix, crème d'ail à la Chartreuse verte, girolles poêlées.

Par Nadège Eymery


Pour les ballotins :
  • 2 gros poireaux avec un large fut
  • 320 g de murçon environ
 
Nettoyer les poireaux et fendre le fut en 2. Les cuire à la vapeur ou dans un grand volume d'eau salée jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment souples pour être travaillés. Les refroidir sous l'eau froide, bien les égoutter.
Retirer la peau du murçon et façonner 4 galettes d'environ 80g. Les envelopper dans des feuilles de poireau pour former de petits ballotins. Les mettre dans un plat allant au four avec une noix de beurre et un fond d'eau. Couvrir d'une feuille de papier sulfurisé et enfourner à 150° pendant environ 45 mn.
 
Ravioles à la courge butternut :
Pour la pâte à ravioles 
  • 400 g de farine
  • 4 œufs
  • 1 cuil. à café rase de sel
  • 1 cuil. à soupe d'huile d'olive
  • eau si nécessaire
 
Pour la farce 
  • 1 gros oignon
  • 200 g de courge musquée
  • 200 g de courge butternut
  • 1 gousse d'ail
  • noix hachée 50 g
  • muscade en poudre
  • clou de girofle en poudre
  • huile de tournesol
  • sel/poivre
 
Préparer la pâte à raviole en mélangeant tous les ingrédients et en rajoutant si nécessaire un filet d'eau pour que la pâte soit plus souple en fonction de la taille des œufs. Pétrir et laisser reposer la pâte pendant la préparation de la farce.
 
Ciseler finement l'oignon, le faire blondir dans un peu d'huile. Ajouter la gousse d'ail écrasée, ainsi que les courges coupées en dés. Laisser suer quelques instants, mouiller avec un petit verre d'eau et laisser mijoter à feu doux. Faire toaster les noix hachées au four 180°. Lorsque les courges sont fondantes, assaisonner avec le sel, le poivre, les épices, à votre goût. Ajouter les noix à la farce et bien mélanger. Laisser refroidir la farce.
 
Étaler la pâte aussi finement que possible. Découper des ronds de pâte d'environ 10 cm de diamètre. Mettre une cuillère de farce à l'intérieur et façonner les ravioles en refermant la pâte de manière à former des demi- lunes. Au besoin, humidifier le contour de la pâte pour bien coller les ravioles.
 
Bien les fariner pour éviter qu'elles ne se collent entre elles le temps de toutes les réaliser. Mettre à bouillir un grand volume d'eau salée. Y plonger les ravioles et les laisser cuire 2-3 mn après qu'elles soient remontées à la surface. Les plonger dans l'eau froide immédiatement pour éviter qu'elles ne se collent entre elles.
 
Au moment de dresser les assiettes, faire revenir les ravioles dans du beurre. Servir les ravioles avec la crème d'ail.
 
Crème d'ail :
  • 300 ml de crème entière
  • 4 gousses d'ail en chemise
  • sel/poivre
  • 1 à 2 cuil. à soupe de Chartreuse verte
 
Écraser les gousses d'ail avec le plat d'un gros couteau et les mettre dans la crème. Faire réduire à feu très doux en surveillant pour éviter que votre crème ne verse. Lorsque la crème est bien onctueuse, filtrer la pour retirer tous les morceaux d'ail. Rectifier l'assaisonnement avec le sel, le poivre, et ajouter la Chartreuse verte selon votre goût. Ne pas refaire cuire la sauce.
 
Girolles :
  • 400 g de girolles fraîches
  • beurre
  • persil haché
 
Faire revenir les girolles dans le beurre et les parsemer de persil au moment de servir.
 
Faites une présentation selon votre humeur ! Bon appétit !
 

 

> Sentier d'automne autour du murçon

Par Lionel Bourgeon

 

Murçon :
Départ à l’eau froide. À frémissement, laisser encore pendant 30 mn. Snacker ensuite les tranches de murçon avant le dressage.
 
Butternut rôtie au four (four à 190°) :
  • 1 butternut
  • 8 cl huile olive
  • sel / poivre
Couper la courge butternut en dés de 2 cm de côté. Dans un saladier arroser d'huile olive et mélanger à la main. Saler, poivrer. Déposer les dés sur une plaque (papier sulfurisé) ou dans un plat à gratin (papier sulfurisé aussi).
Cuisson : de 45 mn à 1 heure. Vérifier la cuisson régulièrement.
 
Crumble aux noix :
  • 60 g de beurre mou
  • 60 g de farine
  • 100 g de noix mixées
Dans un saladier, mélanger le tout. Abaisser puis passer au four, à 190°C pendant 10 mn.
 
Sauce Antésite :
  • 1 carotte / 1 oignon / 1 vert de poireau / 1 gousse d’ail écrasée / thym / romarin
  • 20 cl de crème liquide
  • 1 cuil. à café de farine
  • 1 cuil. à café d’Antésite
  • eau
Faire suer les légumes avec le thym et le romarin. Rajouter de l’eau et laisser cuire 25 mn. Faire bouillir la crème. Passer le bouillon et l'incorporer à la crème. Laisser réduire. Délayer une grosse cuillère à café de farine avec le bouillon. Incorporer la farine. Délayer et réduire. Ajouter la cuillère à café d’Antésite.
 
Poêlée de champignons :
  • champignons frais : girolles
  • huile
  • beurre
  • 1/2 oignon / 1 échalote
  • 1 gousse d’ail
  • ciboulette, persil.
  • sel / poivre
 
Laver délicatement les champignons sans les faire tremper. Egoutter. Essuyer avec du papier absorbant. Dans une poêle très chaude, faire revenir dans un peu d'huile pour faire rendre l’eau de végétation 1 à 2 mn. Saler. Remuer encore 2 mn pour finir la pré-cuisson des champignons. Égoutter. Faire chauffer un peu d'huile pour finir la cuisson. Bien saler et poivrer.
 
Laisser colorer et ajouter du beurre, des oignons et des échalotes ciselés ainsi qu’une gousse d’ail écrasée. Remettre en cuisson environ 4 mn. Àjouter des fines herbes : ciboulette et persil. 
 
Pickles de poireaux :
  •  cuil. à soupe de vinaigre
  • 3 cuil. à soupe huile
  • sel / poivre
  • blancs de poireaux
 
Préparer la marinade. Couper les blancs de poireaux en julienne. Juste avant de servir (au dressage), mettre la julienne dans la marinade. 
 
Dresser le plat. Àjouter quelques feuilles d'oxalys pour donner une touche d'acidité et de couleur.
 
Publié le : 
03 mars 2018