DANS LES PAS

DES HUGUENOTS

Découvertes

En Isère, du Trièves aux portes de la Savoie, le sentier des huguenots nous invite à marcher dans les pas des protestants qui ont fui le royaume de France, en 1685, après la révocation de l’édit de Nantes. Un chemin classé itinéraire culturel européen depuis 2013. 

Par Annick Berlioz
Crédit photo : DR

 

Le 18 octobre 1685, Louis XIV révoque l’édit de Nantes, interdisant la pratique du protestantisme. Les pasteurs et fidèles sont sommés d’abjurer leur foi et d’élever leurs enfants dans la religion catholique sous peine de finir aux galères ou en prison.
 
Plutôt que de se soumettre, 200 000 huguenots (nom donné aussi aux protestants) quittent la France pour s’établir dans des contrées plus hospitalières. En Dauphiné où ils sont très nombreux, les départs sont massifs, notamment vers la Suisse et l’Allemagne. 
 
Le sentier touristique « Les pas des huguenots » emprunte fidèlement le tracé de cet exil. Dans sa totalité, il s’étend sur 1 800 kilomètres entre Poët-Laval, dans la Drôme, et Bad Karlshafen en Allemagne.
 
En France, tout le parcours, soit 374 kilomètres, se situe en région Auvergne-Rhône-Alpes avec une section de 146 kilomètres qui sillonne l’Isère. 
 
 
 

> 146 KILOMÈTRES EN ISÈRE

 
L’itinéraire part du col de Menée et rejoint la capitale du Trièves, Mens, où, en 1685, 300 huguenots, soit le quart de la population, ont tenté de rallier Genève. Il se poursuit en direction de Saint-Jean-d’Hérans où le randonneur remarquera, comme à Mens, une église et un temple se faisant face, avec au loin, un sommet au nom évocateur, le Bonnet de Calvin.
 
Il descend ensuite jusqu’aux gorges du Drac et enjambe le tumultueux torrent par le pont de Cognet, un ouvrage d’art commandé au XVIIe siècle par Lesdiguières, lui-même chef protestant avant sa conversion au catholicisme en 1622.
 
Il se dirige ensuite vers Laffrey et les lacs matheysins, via La Mure, et s’aventure en forêt jusqu’à Vizille, berceau de la Révolution française. Mais auparavant, à Notre-Dame-de-Mésage, une halte s’impose pour visiter deux trésors patrimoniaux : la chapelle Saint-Firmin, dite chapelle des Templiers, chef-d’œuvre de l’art roman du XIIe siècle, et l’église Sainte-Marie, bâtie aux VIIe et XIe siècles, avec son étonnant clocher penché.
 
Après ces escapades vertes, l’itinéraire atteint Grenoble, via Montchaboud, Bresson et Échirolles et serpente jusqu’au fort de la Bastille, que l’on peut atteindre en téléphérique ou à la force des mollets.
 
De là, il continue à flanc de coteau jusqu’à Saint-Hilaire-du-Touvet où une vue à couper le souffle s’offre sur le massif de Belledonne. Le sentier quitte l’Isère à Chapareillan après avoir traversé Barraux, dont l’imposant fort s’appelait à l’origine… fort Saint-Barthélemy. Tout un symbole !
 
En 2016, 3 000 randonneurs ont emprunté cet itinéraire bucolique et culturel. “Depuis 2011, la fréquentation progresse de 10 à 15 % par an, souligne Gérard Dangles, président de l’association iséroise Sur les pas des huguenots. Il ne présente aucune difficulté particulière.”
 
Outre son intérêt historique, ce pendant protestant du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle catholique offre de multiples attraits touristiques, sportifs et naturels.
 
On peut l’effectuer en une semaine et profiter des gîtes, des hébergements chez l’habitant et des nombreuses possibilités de restauration de cuisine locale (tourtes, murçons…) qui jalonnent le parcours.
 
 
 

LES PAS DES HUGUENOTS : LA RANDONNÉE EN IMAGES

En 2016, 3 000 randonneurs ont emprunté le chemin des huguenots.
Un itinéraire de 374 kilomètres en France, dont 146 en Isère.
Vue de Mens, capitale historique du Trièves.
L’école modèle protestante à Mens en 1900.
Le temple de Mens.
Le temple de Mens.
Un cimetière familial protestant au cœur du Trièves.
L’église de Saint-Jean-d’Hérans fait face au temple protestant.
Le temple de Saint-Jean-d’Hérans.
La chaire du temple de Saint-Jean-d’Hérans.
Le Bonnet de Calvin, un massif du Trièves
A proximité de La Mure, le chemin enjambe le pont de Cognet sur le Drac, commandé au XVIIe siècle par Lesdiguières.
La chapelle Saint-Firmin, dite chapelle des Templiers, à Notre-Dame-de-Mésage, chef-d’œuvre de l’art roman du XIIe siècle.
L’église Sainte-Marie de Notre-Dame-de-Mésage, avec son étonnant clocher penché.
La randonnée se poursuit en Chartreuse au pied de la Dent de Crolles avant de rejoindre la Savoie.
Publié le : 
03 mars 2018