CANCER DU COL DE L'UTÉRUS :

PROTÉGEZ-VOUS !

Santé

 

Le Département de l’Isère veut inciter les jeunes filles à se faire vacciner contre les infections à papillomavirus humain (HPV). Objectif, les protéger du cancer du col de l’utérus.
Par Annick Berlioz
Crédit photo : JS.Faure

 

Chaque année en France, plus d’un millier de femmes décèdent du cancer du col de l’utérus, deuxième cause de mortalité par cancer chez les Françaises de 15 à 44 ans.

Il est directement associé au papillomavirus (HPV), un virus présent chez l’homme comme chez la femme, qui se transmet par simple contact au niveau des parties génitales, le plus souvent lors de rapports sexuels, avec ou sans pénétration. 

Disponible depuis 2007, un vaccin permet de se protéger contre la maladie. Il doit être administré aux jeunes filles de 11 à 14 ans en deux injections. Un rattrapage est aussi possible jusqu’à 19 ans, mais il faudra alors trois injections.

 
 

> UNE COUVERTURE VACCINALE INSUFFISANTE

 

En Allemagne et au Danemark, où 90 % des adolescentes sont vaccinées, ce vaccin a déjà prouvé son efficacité. Mais il reste très peu utilisé en France (19 %) et encore moins en Isère (16 %).
 
“Environ 80 % des femmes seront infectées par le HPV au cours de leur vie. La plupart l’élimineront en deux ans par leur immunité naturelle. Mais pour les autres, il y a un risque de cancer à long terme”, rappelle Anne Garnier, médecin-directeur de l’Office de lutte contre le cancer (ODLC) et responsable du programme de dépistage du cancer du col de l’utérus. 
 
Pour le Département, qui favorise la politique vaccinale en Isère, le constat est préoccupant. “Nous allons lancer un programme sur trois ans visant à améliorer la couverture vaccinale et à mieux combattre le cancer du col utérin. De nombreux acteurs locaux seront associés, dont l’Éducation nationale, le CHU de Grenoble, l’ODLC et l’agence régionale de la santé (ARS)”, explique Magali Guillot, vice-présidente du Département déléguée à la santé. L’un des principaux objectifs est de lutter contre les idées reçues. 
 
Si le taux de vaccination reste aussi bas en France, c’est surtout en raison des effets secondaires dont le vaccin est accusé : sclérose en plaques, syndrome de Guillain-Barré… Or, de nombreuses études démentent ce lien de cause à effet”, poursuit Gaëlle Vareilles, médecin du service de santé publique au centre départemental de santé, qui pilote ce plan d’actions.
 
Pour inverser la tendance, des interventions auront lieu dans les collèges et des messages d’information seront diffusés via les réseaux sociaux. Le Département va aussi créer un site Internet dédié à la promotion de la vaccination.
 
Des actions seront destinées aux parents, premiers prescripteurs de la vaccination auprès de leurs enfants. “Enfin, nous allons nous rapprocher des professionnels de santé (médecins généralistes, pédiatres, sages-femmes…) pour les inciter à prescrire ce vaccin. D’autant que la vaccination contre le HPV ne fait pas partie des 11 vaccins bientôt obligatoires pour les enfants !”
 
 
 

ZOOM

 

> LE FROTTIS RESTE VIVEMENT CONSEILLÉ

 

Même vaccinées, toutes les femmes de 25 à 65 ans sont invitées à réaliser un frottis tous les trois ans. Car dans 30 % des cas, le cancer du col de l’utérus est dû à un type de HPV contre lequel le vaccin ne protège pas.

Le but consiste à analyser des cellules prélevées au niveau du col utérin et à détecter des lésions précancéreuses avant qu’elles ne se transforment en cancer.

Chaque année en France, 40 000 cas précurseurs du cancer sont ainsi décelés à temps. L’Isère fait partie des départements pilotes qui intègrent cet examen dans le cadre d’un dépistage organisé auprès des femmes de 25 à 65 ans, généralisé à la France entière dès 2018.

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Publié le : 
03 mars 2018