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Citoyenneté

Le Département incite les entreprises qui interviennent dans les marchés publics à recruter des personnes très éloignées de l’emploi. Dans une logique de collectivité exemplaire et responsable vis-à-vis des Isérois.

Par Annick Berlioz

 

Il y a encore huit mois, Nicolau, 34 ans, habitant à Grenoble, était sans emploi et bénéficiait du revenu de solidarité active (RSA).
 
Sur les conseils de son assistante sociale, il s’est rendu en novembre dernier à une réunion organisée par le Département et le GEIQ BTP Isère-Drôme-Ardèche, un groupement de 140 employeurs qui favorise l’insertion professionnelle dans le secteur du BTP.
 
Heureux dénouement, puisque depuis le début du mois de mars, il est en contrat d’alternance avec ce groupement d’employeurs qui l’a mis à disposition d’une entreprise, ERT Technologies, chargée par le délégataire de service public du Département (la société Isère Fibre) de déployer la fibre optique et le très haut débit en Isère. Si tout se passe bien, un CDI lui sera proposé.  
 
Nicolau fait partie des Iséroises et Isérois recrutés actuellement dans le cadre d’une « clause d’insertion ». Dans le cadre du plan départemental d’insertion vers l’emploi (PDIE), le Département a décidé en 2016 de développer un dispositif incitant les entreprises intervenant dans les marchés publics à réserver quelques heures de travail aux personnes en difficulté d’accès à l’emploi.
 
“L’enjeu est de les aider à remettre le pied à l’étrier. Cette mesure est aussi un atout pour les entreprises qui peinent à recruter, notamment dans les secteurs en tension, comme les services à la personne et le bâtiment”, explique Anne Gérin, vice-présidente du Département chargée de l’insertion.
 
 

> DÉJÀ DE TRÈS BONS RÉSULTATS

 

Grâce à cette démarche autour de la commande publique, le Département a déjà induit plus de 66 000 heures de travail permettant à 441 personnes d’effectuer une mission. Quatre sur dix sont des allocataires du RSA.
 
Parmi les contrats les plus emblématiques, celui passé avec ERT Technologies a déjà généré plus d’une quinzaine de recrutements. Et à chaque fois, une formation en alternance est proposée.
 
Autre exemple représentatif de cette orientation politique : l’accord signé avec les 12 associations intermédiaires iséroises pour mettre à disposition du personnel dans les collèges isérois : restauration scolaire, entretien des bâtiments… “Ce partenariat nous positionne comme une collectivité citoyenne et responsable. Il permet à la fois d’assurer une continuité de service et de créer des emplois”, poursuit Anne Gérin. Depuis le 1er septembre 2017, plus de 11 000 heures de travail ont ainsi été réalisées.
 
Outre les clauses d’insertion, le Département a également mis en œuvre un accompagnement renforcé à destination des allocataires du RSA : actions individuelles et collectives, entretiens personnalisés, soutien intensif préalable à l’emploi…
 
À chaque fois, l’objectif est d’aider au mieux ces personnes dans une perspective d’un emploi durable à la clé. 
 
Dans le même temps, le travail se poursuit en direction des entreprises afin de proposer aux plus fragiles de nouvelles opportunités de formation et d’emploi. Via les contrats aidés, un soutien leur sera apporté pour pallier les besoins de recrutement.

 

 TÉMOIGNAGES 

Valérie Daujat, responsable des ressources humaines chez ERT Technologies

 

> LES CLAUSES D'INSERTION SONT UNE VÉRITABLE OPPORTUNITÉ
 

“Les personnes qui ont été longtemps privées d’emploi sont souvent très motivées. Elles ont beaucoup d’énergie, souhaitent s’en sortir et ont en général une revanche à prendre.

Pour nous, ces clauses d’insertion sont une véritable opportunité. Elles nous permettent de recruter des profils très différents et de les former à nos métiers.” 

 

Jérôme Boule, directeur du GEIQ BTP
 

> UN OUTIL POUR LES ENTREPRISES QUI PEINENT À RECRUTER
 

« Le GEIQ BTP a pour mission d’accompagner les entreprises dans la mise en œuvre de contrats d’alternance et à faire face à leurs obligations en matière d’insertion.
 
Les clauses d’insertion permettent de former des personnes en difficulté et de recruter dans des secteurs où les besoins sont importants. Pour les plus éloignés de l’emploi, c’est un levier important. »
 

 LES CHIFFRES 

  • 23 380 allocataires du RSA socle.
  • 3 500 allocataires dans le dispositif depuis deux ans.
  • 142,6 millions d’euros consacrés par le Département en 2017 au RSA/PDIE/contrats aidés.
 
 
Publié le : 
06 juin 2018