GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère

GÉRARD COTTE

 

> SCULPTEUR À LA TRONÇONNEUSE

Par Richard Juillet


C’est le genre de manifestation qui ne laisse pas indifférent ! Les 8 et 9 septembre prochains, Gérard Cotte, 55 ans, qui habite Chasselay, près de Vinay, va participer aux Championnats de France 2018 de sculpture… à la tronçonneuse.
 
Les épreuves, organisées par Denis Clerc, un virtuose de la discipline, se dérouleront à Sedan dans les Ardennes. Ancien bûcheron, aujourd’hui employé communal à Serre-Nerpol, Gérard Cotte sera le seul Isérois à participer à ce championnat insolite où s’affronteront 12 candidats, dont une femme.
 
“C’est en observant, il y a huit ans, des sculpteurs sur bois lors de concours de bûcherons, que j’ai eu envie de pratiquer. Ma première ‘œuvre’ fut une simple chaise mais, depuis, j’ai affiné ma technique et suis capable de réaliser des sculptures plus artistiques, des fleurs, des personnages ou des animaux, explique-t-il. Je peux sortir un écureuil en quinze minutes !”
 
La dextérité et la rapidité seront d’ailleurs les maîtres-mots de ce championnat, avec trois épreuves au programme : deux sujets imposés qu’il devra exécuter en une heure chacun – il découvrira les thèmes une minute avant le déclenchement du chrono – et une œuvre libre à réaliser en huit heures à partir d’une bille de bois de 1 mètre sur 2.
 
“Nous sculptons généralement sur des bois qui ne se fendent pas, comme le tilleul ou le peuplier. Et pour mon œuvre libre, je pense m’inspirer d’une fable de La Fontaine.” Laquelle ? C’est un secret, sauf pour tous ses amis chasselois et serre-nerpolains qui l’entendent s’entraîner tous les jours dans son jardin. 

 

BÉRANGÈRE RONZON

 

> BERGÈRE ÉCOPASTORALE

Par Corine Lacrampe


Elle est heureuse comme une bergère au milieu de ses chèvres, Bérangère ! Reconversion réussie pour cette jeune femme qui, la quarantaine venue, a décidé de réaliser son rêve en abandonnant balais et serpillières pour élever des caprins.
 
Adieu, les emplois de femme de service, bonjour la liberté et la vie en plein air ! Installée à Eyzin-Pinet, en bordure de la forêt des Blâches, Bérangère Rozon élève 80 chèvres, dont 50 mères de deux races rustiques et affectueuses, la chèvre du Rove et celle du Massif central. Ces races anciennes sont classées « à petit effectif », tout comme les deux brebis du Rava que Bérangère met à pâturer sur les pelouses, le chien de berger d’Auvergne qu’elle éduque pour seconder son border collie et les poules grises du Vercors qu’elle élève pour les œufs.
 
Ni traite, ni fromage pour ses chèvres qui gambadent et se nourrissent de friches en herbage. Car Bérangère développe une activité d’écopastoralisme proposant les services de ses chèvres pour l’entretien des terrains au naturel aux communes, entreprises ou particuliers.
 
Tous sont ravis de cette alternative à la tondeuse à moteur et de voir entretenus des terrains difficiles d’accès. À l’enseigne de la Chèvre pastorale, Bérangère, militante d’une agriculture alternative, respectueuse de l’environnement et du bétail, participe à des animations et espère développer une activité de ferme pédagogique.
 
En toute amitié avec ses chèvres, elle lance son joyeux cri de bergère pour rassembler son troupeau et c’est un joyeux concert de sonnailles et de bêlements. 
 
 

PIERRE QUIBLIER

 

> UNE COLLECTION AUTOUR D'HECTOR BERLIOZ

Par Annick Berlioz 


Il y a les collectionneurs classiques, à la recherche de timbres et de cartes postales, et d’autres, qui autour de leur collection effectuent un véritable travail de recherche.
 
Féru d’histoire, Pierre Quiblier, 66 ans, qui habite Balbins, à 4 kilomètres de La Côte-Saint-André, a recueilli un nombre considérable de documents, dont une partie sur Hector Berlioz sera exposée dans la maison natale du compositeur jusqu’au 31 décembre prochain. 
 
“Toutes mes collections sont liées à un personnage. Le premier Isérois dans la liste est Joseph Gilot, général d’Empire sous Napoléon Ier. Ma passion pour Berlioz est venue par hasard, après avoir rencontré un marchand qui débarrassait une vieille bâtisse du XVIIIe siècle de La Côte-Saint-André.”
 
Ce dernier avait trouvé une trentaine de caisses renfermant 51 registres d’actes notariés, dont une quinzaine attestant du droit de propriété des vignobles acquis par Louis Berlioz, le père du compositeur.
 
Dans ce trésor figuraient aussi « Les sommations respectueuses », une pièce très prisée des spécialistes concernant le mariage du musicien avec Harriet Smithson.
 
“Durant deux ans, j’ai étudié ces manuscrits puis je les ai cédés aux archives départementales avec le souhait qu’une exposition au musée soit organisée. Dès lors, je me suis enthousiasmé pour Hector en quête de perles rares sur Internet.”
 
Depuis l’été dernier, Pierre s’est épris de Benjamin Roubaud, un caricaturiste qui a croqué de nombreux intellectuels, dont Hector Berlioz, Delacroix et Victor Hugo. Parmi ces documents, près d’une trentaine seront exposés au musée de La Côte-Saint-André.
 
 

HARIKA KASAP

 

> ELLE A "CUISINÉ" MOLIÈRE

Par Véronique Granger


On sait que Jean-Baptiste Poquelin – alias Molière – serait venu plusieurs fois à Grenoble dans sa jeunesse, entre 1648 et 1658. Son nom de scène lui aurait-il été inspiré par le plateau de la Molière, dans le Vercors ? (Ha, ha !) Rien ne le dit.
 
Harika Kasap, une native d’Istanbul installée depuis 1969 dans l’ancien relais de poste d’Engins, lance le pari.
 
Après s’être fait connaître pour son excellente table d’hôte (La Maison de Harika), elle a plié son tablier pour se consacrer à l’écriture d’une pièce de théâtre, Fine cuisinière, j’ai cuisiné Molière, où elle « désempoudre » allègrement Le Bourgeois gentilhomme.
 
Encouragée par Gilles Costaz, éminent critique et dramaturge, Harika aurait pu l’envoyer aux metteurs en scène parisiens les plus en vue. Ce serait mal la connaître. “Cette pièce n’est que le premier acte d’un projet ambitieux pour ce Vercors auquel je dois tant, explique-t-elle. Je lance un appel aux metteurs en scène amateurs et à tous les amoureux de Molière dans le monde à venir la jouer et à se former aux métiers du théâtre dans ce cadre naturel inspirant et merveilleux !”
 
Pique-nique en costumes du XVIIe siècle, résidences d’écriture théâtrale, stages de formation : Harika ne manque pas d’idées pour faire du « plateau aux mille spectacles » le berceau de la renaissance de Molière, dans toutes les langues et dans toutes les cultures, et le faire redécouvrir aux jeunes.
 
L’ambition est aussi de faire revivre les métiers et savoir-faire traditionnels du Vercors.

JÉRÉMY ROGER ET DENIS HOCQUET

 

> INVENTEURS DU COUTEAU LE TRIÈVOIS

Par Annick Berlioz


Vous partez en balade dans le Trièves avec dans votre besace un saucisson, du bleu du Vercors-Sassenage et un bon pain de ménage, mais avez-vous pensé au Trièvois ? Ce couteau est le dernier né de Jérémy Roger, un coutelier installé depuis quatre ans à Prébois, à 8 kilomètres de Mens.
 
Dans son Atelier du trompe-l’œil, revêtu de son tablier tel un Gepetto de l’acier, ce trentenaire et son associé, Denis Hocquet, façonnent ce couteau plutôt sobre réservé aux casse-croûte dans les champs. 
 
À l’origine, Jérémy était ingénieur du son (à gauche sur la photo), un métier où il fallait avoir les oreilles plus aiguisées que les mains. Passionné par le métal, il s’est formé à la coutellerie auprès d’artisans.
 
Avec Denis, il crée des couteaux d’art, fabriquant tout de A à Z, de la lame, en passant par le manche, souvent en bois de cerf, jusqu’à l’étui. Plus discret, mais aussi plus fonctionnel, et surtout beaucoup moins cher, Le Trièvois est du genre couteau suisse au bon sens paysan.
 
“Nous avons créé le prototype l’année dernière. Les lames sont fabriquées à Thiers, dans la capitale du couteau. Nous ajustons le mécanisme et l’habillons de son manche en bois”, explique Jérémy, qui aimerait qu’il figure dans la liste des couteaux régionaux aux côtés du Laguiole et de l’Opinel. Un bel étendard du Trièves que vous pouvez commander sur Internet ou acheter sur les marchés triévois.
 

Contact : 06 74 18 98 35
 

Atelier LET

 

Publié le : 
06 juin 2018