QUAND LESDIGUIÈRES

DÉFIE SATAN !

Découvertes

Curiosité géologique, la Pierre percée est l’une des Sept Merveilles du Dauphiné. C’est aussi, selon une légende aux multiples versions, le résultat d’un pacte avec le Diable. Une bonne raison pour s’y rendre !

Par Richard Juillet
Crédit photos : R.Juillet/ F.Pattou

 

Décidément, il est partout. Même là où on ne l’attend pas ! Savez-vous que le duc de Lesdiguières est intimement lié à la formation de la Pierre percée, cette arche naturelle qui trône près du sommet de la colline des Creys, à Pierre-Châtel, en Matheysine ?
 
Répertorié comme l’une des Sept Merveilles du Dauphiné, cet arc de pierre qui, pour les géologues, s’est formé grâce à l’érosion de la roche calcaire, serait, pour des esprits moins cartésiens, la résultante d’un pari entre le duc et Satan. L’histoire remonte au début du XVIIe siècle.
 
Un soir de pleine lune, Lesdiguières eut l’idée de construire un mur pour clore son domaine et conserver le gibier rassemblé dans le parc de son château, à Vizille. Comme l’homme était pressé et peu enclin à délier les cordons de sa bourse, il s’adressa au Diable plutôt qu’à une armée de maçons. “Tu vas me construire ce mur tout de suite tandis que je ferai le tour du parc à cheval. Si le mur est achevé avant la fin du tour, alors tu auras mon âme”, proposa-t-il à Satan qui flaira la bonne affaire.
 
La course folle s’engagea et malgré une kyrielle de diablotins à l’œuvre, conduit par le Folaton, cet esprit espiègle des montagnes, Lesdiguières remporta le défi in extremis.
 
Furieux, Satan expédia son assistant d’un coup de sabot dans les airs, lequel retomba sur la colline des Creys et se pétrifia pour l’éternité. Grâce à l’imagination de dessinateurs avertis, on peut apprécier la silhouette du monstre puni.
 
 

> À LA RENCONTRE DU MONSTRE

 
Pour vivre pleinement cette légende, rendez-vous au château de Vizille où vous découvrirez l’ancien domaine de chasse de Lesdiguières et sa réserve animalière de 40 hectares où cohabitent cerfs, biches et daims – l’entrée est gratuite.
 
Dirigez-vous ensuite vers Laffrey puis La Motte-d’Aveillans, où après une halte gourmande chez Gabriel Rossi, jeune chef du restaurant Le Lézard, la Pierre percée s’offre à vous en une heure de marche. Garez votre véhicule à proximité du gîte de la Pierre percée, chez Michèle et Jean-Claude Madeleine, et poursuivez la balade à pied en suivant les panneaux signalétiques.
 
Arrivé sur place, à 1 220 mètres d’altitude, vous bénéficierez d’un magnifique panorama sur le plateau Matheysin et les massifs alentour : Taillefer, Vercors, Dévoluy…
 
Côté hébergement, outre le gîte précité, de nombreuses possibilités vous sont offertes pour une nuitée ou une formule week-end – se renseigner auparavant : Le Chardon bleu et l’hôtel-gîte Les Aveilles, à La Motte-d’Aveillans, mais aussi les gîtes de Catherine Martinasso et de l’Art muse, situés au hameau voisin des Signaraux, la plus petite station de sports d’hiver de France. Dépaysement garanti !
 
Source : Au cœur des grandes Alpes, d’Henriette Filloux. Éditions de l’école, 1955.

 

AUX ALENTOURS

 

>  Le musée La Mine Image, à La Motte-d’Aveillans, le musée Matheysin à La Mure… 

 

EN IMAGES : DU CHÂTEAU DE VIZILLE À LA PIERRE PERCÉE

 

Le duc de Lesdiguières gagnant son pari in extremis (illustration de Maurice de la Pintière).
L’entrée monumentale du château de Vizille et son fameux mur d’enceinte.
Daims au domaine départemental de Vizille.
Un pacte diabolique entre Lesdiguières et Satan.
La face sud de la Pierre percée, arche de calcaire et « merveille » du Dauphiné.
Représentation du Folaton, ce monstre diabolique pétrifié par Satan.
La face nord de la Pierre percée
La gare de La Motte-d’Aveillans.
Gabriel Rossi, jeune chef du restaurant Le Lézard, à La Motte-d’Aveillans.
On peut se rendre à la Pierre percée depuis La Motte-d’Aveillans ou Pierre Châtel.
Panorama : au premier plan, la Pierre percée. En arrière-plan, les Balcons est du Vercors.
Vraiment percée… la pierre. En contrebas le hameau de la Festinière
Publié le : 
01 janvier 2018