LA

VILLARDE

Terroir

Race de montagne aux qualités multiples, la race de Villard-de-Lans a failli disparaître dans les années 1970. Grâce à un programme de conservation, on la trouve aujourd’hui dans plusieurs massifs isérois, où elle est élevée pour son lait aux qualités fromagères et pour sa viande goûteuse.

Par Frédéric Baert

Crédits photos : L. Gaillard / F.Pattou

 

> SON HISTOIRE
 

Elle a connu la gloire avant la disgrâce. Jusqu’aux années 1960, la villarde a régné sur les exploitations de Villard-de-Lans, à l’origine de son nom.
 
Robuste, la vache était utilisée pour la production de lait, de viande et comme animal de trait. Mais la fin de la traction animale et l’exigence de la performance précipitent son déclin. Dans les années 1970, il ne reste donc que quelques dizaines de villardes.
 
Sa survie, la race la doit d’abord à la passion d’éleveurs qui ont exploité les semences de trois taureaux pour l’insémination artificielle, et, dans les années 1990, à l’obtention par le bleu du Vercors-Sassenage d’une appellation d’origine contrôlée (elle est choisie comme l’une des trois races laitières).
 
Son nouveau cahier des charges porte à 3 % la part minimale de villardes dans chaque troupeau. “Cela fait deux ans qu’on s’y prépare, explique Christelle Hustache, animatrice au syndicat interprofessionnel du bleu du Vercors-Sassenage. Mais on n’a toujours pas assez de vaches : il en manque une trentaine pour tout le territoire de l’appellation !”
 
 

> SON TERROIR
 

De son berceau du Vercors (la moitié des producteurs de bleu en possède au moins une), la villarde est descendue sur ses contreforts et est présente en Chartreuse et en Belledonne pour la production de viande.
 
“C’est une petite race, qui a gardé sa rusticité, commente Catherine Dubouchet, à la tête de La Ferme des villardes, à Izeron. Ses veaux donnent une viande persillée et goûteuse.” 
 
 

> SON ÉLEVAGE
 

“Élever le veau sous la mère exige de bien faire attention à la femelle, poursuit Catherine Dubouchet, car elle va l’allaiter jusqu’à ses 7 mois.” La villarde le rend bien aux éleveurs : les bêtes, pesant entre 700 et 800 kilos, s’en rendent complices, “notamment l’été, quand on doit les déplacer d’une parcelle à l’autre : on les attrape très facilement”.
 
À cela s’ajoute naturellement le « bon pied montagnard » de ces vaches, qu’il n’est pas rare de voir aller chercher la bonne herbe jusqu’à 2 500 mètres d’altitude !
 
 

> LES PRODUITS
 

Le bleu du Vercors-Sassenage se trouve chez tous les fromagers, et notamment à la coopérative Vercors Lait, à Villard-de-Lans et à Seyssins.

Le veau de villarde est en vente dans le réseau La Ruche qui dit oui et, sous forme brute ou en produits transformés, directement chez les producteurs, tels Bernard Neyroud (à Saint-Pancrasse), Joël Revel-Mouroz (à Domène) ou La Ferme des villardes (à Izeron).

 

 ZOOM 

 

 > LE DÉPARTEMENT SOUTIENT L'ÉLEVAGE EN ISÈRE 
 

Le Département soutient les filières d’élevages (lait et viande) à travers de nombreuses actions :

  • aides aux investissements sur les bâtiments d’élevage et pour les industries agroalimentaires (coopérative Vercors lait, coopérative des Entremonts, laiterie du Mont-Aiguille…),
  • aides aux outils de transformation, notamment par sa participation au Syndicat mixte Alpes Abattage qui gère les abattoirs du Fontanil,
  • soutien aux organismes d’appui et de conseils aux éleveurs,
  • gestion du Laboratoire vétérinaire départemental, 
  • achats de produits laitiers, de fromages et de viandes locales pour les restaurants des collèges.
Publié le : 
01 janvier 2018