GENS

D'ISÈRE

Gens d'Isère

DIDIER COTTIER

 

> D'OMBRE ET DE LUMIÈRE

Par Sandrine Anselmetti


Lux mea lex : la lumière est ma loi. Cette devise, qui pourrait trôner au-dessus d’un cadran solaire, Didier Cottier l’a faite sienne.

À 54 ans, cet habitant de Montalieu-Vercieu est à la fois facteur de cadrans – le seul en Isère – et maître verrier spécialisé en vitrail. Deux métiers rares, qui réunissent son amour pour le patrimoine et l’élégance de la lumière.

Didier est d’ailleurs l’un des seuls en France à fabriquer des cadrans solaires en vitrail. “J’ai découvert ces horloges astronomiques lorsque j’étais enfant en visitant des châteaux du Nord-Isère. Un coup de foudre !”, confie-t-il. Une passion qui l’a conduit à se former sur son temps libre à la restauration de cadrans auprès de l’Atelier Tournesol, à Saint-Martin-le-Vinoux, alors qu’il travaillait comme technicien dans l’industrie photovoltaïque.

En 2009, suite à un licenciement économique, il décide de se reconvertir. “Un jour, la restauration d’un cadran sur une cathédrale, à côté d’un vitrail extraordinaire, m’a donné envie de marier les deux et de devenir verrier”, poursuit-il.

Trois ans plus tard, il ouvre son atelier, Ombre jaille – « mi-ombre, mi-soleil » en patois dauphinois. Depuis, il crée et restaure les cadrans solaires comme les vitraux. Il a notamment participé aux restaurations de la cathédrale Saint-Jean à Lyon, du monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse ou encore de la Casamaures, près de Grenoble. Didier travaille selon des procédés séculaires.

“Pour les cadrans, j’utilise de la chaux aérienne, de la poudre de marbre, des sels d’alun, des pigments naturels… Uniquement des matériaux traditionnels”, souligne-t-il. Il aime aussi transmettre en proposant des stages, des interventions dans les écoles ou des conférences. Et lorsqu’il parle de ses fascinants cadrans, il fait oublier le temps !

 
 
 

ALEXANDRE TRAISSARD

 

> FABRICANT DE TINY HOUSES

Par Richard Juillet


Après avoir exercé pendant plusieurs années comme charpentier-cordiste dans des chantiers de haute montagne, Alexandre Traissard, 42 ans, s’est lancé l’an dernier dans la construction de tiny houses, ces micromaisons mobiles et écologiques de 20 mètres carrés environ, dont le concept est né aux États-Unis à la fin des années 1990.

Un habitat minimaliste qu’il a lui-même testé. “Nous avons vécu trois ans avec ma femme et mes deux enfants dans ce type de maison, avec des contraintes largement compensées par une liberté que l’on ne soupçonnait pas”, explique-t-il. 

Liberté financière et administrative – ces maisons coûtent moins de 50000 euros, consomment peu et ne nécessitent pas de permis de construire –, liberté en termes de temps, avec un entretien on ne peut plus restreint, liberté enfin de se déplacer au gré des envies, leur transport ne nécessitant qu’un permis B, option remorque.
 
“Qu’elles soient utilisées comme habitat principal, secondaire ou d’appoint, les tiny houses sont idéales pour ceux qui veulent se débarrasser du superflu et prendre le temps de vivre autrement”, poursuit-il. 
 
Installé à Saint-Pierre-de-Mésage, près de Vizille, adepte des circuits courts, Alexandre Traissard intègre un maximum de matériaux locaux et écologiques dans ses réalisations sur mesure : le bois vient de Chartreuse, les remorques de chez JP Construction, à Entre-deux-Guiers, et l’isolation est estampillée Métisse®, des matériaux fabriqués à partir des tissus recyclés de l’association Le Relais.
 
Quand il ne construit pas, Alexandre met aussi son expérience au service des adeptes de tiny houses tentés par l’autoconstruction. 
 
Contact : 06 14 94 22 94.
 
 

DELPHINE CHARTON

 

> BIEN VUE !

Par Véronique Granger

Le vélo en agglomération, c’est pratique. Mais la nuit ou sous la pluie, ça devient vite périlleux… Pour concilier sécurité et esthétisme, Delphine Chartron, une ingénieure en environnement grenobloise, a relevé le défi il y a trois ans avec Vasimimile : une ligne de vêtements et d’accessoires pour cyclistes urbains visibles, seyants et fonctionnels ! 

Avec leurs matières rétroréfléchissantes et leur design rigolo, ses ceintures, écharpes ou gilets réversibles sont repérables à 130 mètres de nuit ! « Bricolés » sur la machine à coudre familiale, les premiers prototypes ont d’emblée séduit 130 internautes via un financement participatif.
 
“Avec les 7 500 euros récoltés, j’ai pu lancer la production au sein d’un atelier de travail protégé et d’une entreprise d’insertion. Aujourd’hui, tout est toujours fabriqué localement”, se félicite Delphine Chartron. 
 
Prix du Département de l’Isère, du parc naturel régional de Chartreuse, de la chambre de commerce et d’industrie de Grenoble, du défilé de mode à vélo de l’association Composites… Vasimimile accumule les récompenses… et les commandes : le Département de l’Isère a ainsi décidé d’équiper tous les collégiens en classe de sixième qui prennent le car scolaire de ses brassards de sécurité personnalisables.
 
Aujourd’hui, la jeune entrepreneuse a lancé un nouvel appel à financement pour son dernier poncho de pluie superléger, en toile de parapente de chez Porcher – 100 % « locavore » ! Elle doit maintenant recruter un collaborateur pour enclencher la vitesse supérieure. Tous ses produits sont en vente sur son site Internet. 
 
 
 

LAURENT HUSTACHE

 

> PAYSAN CAVALIER DE L'OISANS

Par Corine Lacrampe


Ses troupeaux pâturant dans la plaine du Bourg-d’Oisans, le long de la Romanche ou au pied du Lauvitel, Laurent Hustache, 47 ans, passe son temps sur les routes et les sentiers du massif.

Licols et longes à la main, il grimpe à la recherche de cinq jeunes mâles entiers de race mérens, ces chevaux rustiques, courageux et tendres pour lesquels il s’est pris de passion dans les années 1980. Il faudra ensuite les faire monter dans la bétaillère, distribuer de l’orge aux juments et aux poulains qui passent l’hiver plus bas, lâcher les entiers dans un autre pré, puis nourrir les vaches à l’étable.

Laurent Hustache élève des chevaux de Mérens, qu’il débourre pour les vendre ou renforcer la cavalerie de sa ferme équestre L’Évasion montagnarde. À son troupeau de 60 chevaux s’ajoute une petite centaine de vaches de race limousine pour la viande.

En été, les mérens s’ébattent à l’alpage de Besse-en-Oisans, berceau de la famille Hustache, et Laurent part en randonnée équestre avec des touristes sur le plateau d’Emparis. Cette vie montagnarde, le feeling avec les animaux en liberté, il les partage avec son fils Hugo, actuellement en BTSA à La Côte-Saint-André, en apprentissage sur l’exploitation.

Président de l’association Mérens Rhône-Alpes, Laurent Hustache, chapeau de cow-boy vissé sur la tête, organise l’été aux Deux-Alpes un concours régional de mérens où se distinguent ses chevaux dont le fougueux Pastis de Besse aux belles allures.

Contact : 06 87 10 78 41. 

 
 

MATHIEU MELO

 

> IL CROQUE LA VIE À PLEINES DENTS

Par Annick Berlioz


À la tête d’Au Mets-Cliché, restaurant qu’il a ouvert avec sa compagne en mars 2017, à Grenoble, Mathieu Melo, 32 ans, est un cuisinier atypique. 

Le 18 février 2013, il est terrassé par un AVC et perd l’usage de son bras et de sa jambe gauche. Durant sa convalescence, il revient à sa première passion, la photographie : des œuvres originales et étonnantes qui mettent en valeur les taillures de crayons colorées. Deux ans plus tard, il peut reprendre son travail à l’auberge de Malatras, à Tullins, où il est employé comme chef pâtissier. Son souhait, monter un restaurant qui soit aussi sa galerie. Aujourd’hui, le rêve s’est réalisé. 
 
Spécialiste de la bonne cuisine française, Mathieu est animé par un formidable appétit de vivre qu’il fait partager. Seul aux fourneaux, il réalise tout de A à Z, entrées, plats et desserts et concocte en moyenne de 15 à 20 couverts par service.
 
Parmi ses spécialités, le mignon en croûte parfumé au saint-marcellin avec sa sauce aux chanterelles ou encore le nougat glacé aux noix de Grenoble.
 
Contact : 09 83 35 27 77.
 

NELLY BLUTEAU

 

> DES PETITS POTS BIOS ET LOCAUX

Par Sandrine Anselmetti


Crème de butternut à la châtaigne, méli-mélo de courges et pommes de terre, duo pomme-kiwi à la cannelle… On pourrait presque croire à un menu gastronomique quand on lit les étiquettes des petits pots de Nelly Bluteau.

À 32 ans, cette habitante de Diémoz vient de lancer une entreprise d’alimentation pour bébés innovante. “Je propose aux parents des produits de qualité, 100 % bio, issus de l’agriculture locale, sans ajouts, sans gluten et sans ingrédients d’origine animale”, explique-t-elle.

À son catalogue : des petits pots sucrés et salés, des tisanes pour bébé « prêtes à boire » et une gamme « bien-être » (confort digestif, apaisement…) mêlant fruits et produits d’herboristerie. Tout a commencé par la création d’une page Facebook de conseils et d’échanges sur la petite enfance « au naturel », avec des recettes bio, astuces, liens, vidéos… Très vite, le succès a été au rendez-vous, avec aujourd’hui 32 000 abonnés !

“De fil en aiguille, j’ai eu l’idée d’en faire un projet professionnel”, poursuit cette jeune maman. Nelly fait tout de A à Z : achat des matières premières en direct auprès d’agriculteurs du Nord-Isère, création des recettes, tests gustatifs et nutritionnels avec l’aide d’une spécialiste, commercialisation…

Pour la mise en production, elle travaille en partenariat avec une école d’ingénieurs agroalimentaires et s’apprête à suivre elle-même une formation.

Ses produits sont vendus principalement dans des boutiques bio et sur Internet. 

 
 
Publié le : 
01 janvier 2018