À CHACUN(E)

SA CONTRACEPTION

Santé

Cinquante ans après sa légalisation, la pilule fait à nouveau débat. L’occasion d’en parler dans l’un des 26 centres de planification et d’éducation familiale financés par le Département sur l’ensemble du territoire. Des lieux où l’on peut être informé et choisir le moyen de contraception qui nous convient.

Par Annick Berlioz
Crédit photo : JS.Faure

Certaines ne jurent que par elle et d’autres la rejettent. Même si son usage a reculé de 27 % entre 2010 et 2016, la pilule reste en France la méthode contraceptive la plus utilisée par les femmes (36,5 %) derrière le stérilet (22,6 %). Mais cinquante ans après sa légalisation, elle est à nouveau contestée.

 
“Cette désaffection touche principalement les pilules de troisième et de quatrième génération suite à la polémique sur les risques et les effets secondaires plus importants. De plus, les femmes s’interrogent davantage sur ce qu’on leur prescrit, et il existe une suspicion vis-à-vis des hormones”, explique Catherine Zanolini, médecin au centre de planification et d’éducation familiale (CPEF) de Fontaine.
 
Le Département de l’Isère finance 26 CPEF où les Isérois(es) peuvent parler en toute confidentialité de sexualité et de contraception. “Trente-six pour-cent des personnes qui nous sollicitent ont moins de 21 ans. Pour elles, les consultations sont gratuites, de même que les contraceptifs et les examens. Plus de 10 % viennent pour la première fois et n’ont jamais eu recours à la contraception. D’où la nécessité de les accompagner dans leur choix”, ajoute Stéphanie Zehr, coordinatrice des centres de planification et d’éducation familiale de l’Isère.
 

> DONNER LE CHOIX

 

Lors du premier rendez-vous dans un CPEF, la personne est reçue par un(e) conseiller(e) conjugal(e) et familial(e) à qui elle peut parler de sa vie affective et relationnelle, mais aussi de ses questionnements sur la contraception.
 
“Nous disposons d’une mallette avec toutes les méthodes existantes : pilule, implant, patch, préservatifs féminin et masculin… Pour chacune, nous rappelons les avantages et les inconvénients. Nous jouons aussi un rôle pédagogique important. Beaucoup de jeunes femmes ignorent le mécanisme de l’ovulation et ont beaucoup d’a priori”, commente Marie-Christine Varnier, conseillère conjugale au CPEF de La Tour-du-Pin. 
 
Le relais est ensuite pris par un médecin. “Certaines femmes ne peuvent pas ou ne veulent pas d’une contraception hormonale — contre-indication médicale : hypertension, diabète, risques familiaux de maladies vasculaires ou effets secondaires. D’autres solutions peuvent leur être proposées, comme le stérilet, par exemple.” Car la meilleure contraception est toujours celle qu’on choisit.
 
 

 

ZOOM

 

> LES TROIS MODES DE CONTRACEPTION

  • La contraception hormonale (pilule, patch, anneau, implant) : elle s’adresse uniquement aux femmes. Le but est de bloquer le cycle menstruel afin d’empêcher l’ovulation ou d’épaissir la glaire cervicale, ce qui complique le passage des spermatozoïdes.
  • La contraception mécanique (stérilet au cuivre ou hormonal) : elle consiste à faire barrière entre les spermatozoïdes et l’ovule.
  • La contraception locale (préservatif féminin ou masculin, spermicides, diaphragme).
Publié le : 
01 janvier 2018