CES TALENTS QUI

DÉPOUSSIÈRENT L'OPÉRA

Concerts

Réunir des chanteurs lyriques professionnels, des jeunes de l’enseignement technique ou encore des choristes et musiciens amateurs, dans une grande aventure artistique : c’est le défi relevé chaque année par La Fabrique Opéra. Un opéra coopératif, qui désacralise l’art lyrique.

Par Sandrine Anselmetti
Crédit photos : G.Piot /E.Hannebert

 

Un art élitiste, vieillissant, inabordable. L’opéra souffre de cette image négative et peine à renouveler son public.

Pour désacraliser l’art lyrique, le rendre plus accessible et intéresser les jeunes, Patrick Souillot, chef d’orchestre grenoblois, a lancé en 2007 La Fabrique Opéra, un projet inédit d’opéra coopératif.

Résultat : en 11 créations, il a attiré 120 000 spectateurs au Summum de Grenoble, avec plus de 10 000 personnes en moyenne par édition, dont beaucoup assistaient à un opéra pour la première fois.

Et le prochain, Carmen de Georges Bizet, du 30 mars au 3 avril prochain, devrait encore ravir les aficionados comme les néophytes !  

 
 

>  EXCELLENCE ET ACCESSIBILITÉ

 
 
La recette du succès : une exigence artistique digne des grandes scènes avec des places deux fois moins chères (de 20 à 65 euros), grâce à l’implication de nombreux bénévoles.
 
Si les rôles principaux sont interprétés par des solistes d’envergure internationale, une centaine de choristes amateurs isérois et l’orchestre symphonique universitaire de Grenoble les accompagnent.
 
Patrick Souillot a aussi eu l’idée de faire appel aux compétences de jeunes du territoire : chaque année, entre 400 et 500 lycéens, apprentis et étudiants de la région assurent la production des décors, costumes, coiffures, maquillages… Ce sont ces mêmes jeunes que l’on retrouve les soirs de représentations avec leur famille et leurs amis dans le public. 
 
 

>  VALORISER LES TALENTS DES JEUNES

 
 
“C’est un moyen d’attirer de nouveaux publics vers l’opéra et de valoriser les filières techniques. Des jeunes éloignés de l’art lyrique se retrouvent par leurs propres compétences en lien direct avec un opéra. On les rend acteurs : ils ont un rôle déterminant et sont fiers de se transcender à un niveau d’excellence pour une œuvre collective grandiose !”, s’exclame Patrick Souillot. Un défi qui leur donne confiance en eux… et qui change les regards sur l’opéra.
 
Avec le soutien du Département, une représentation est aussi offerte en avant-première le soir de la répétition générale à 2 300 scolaires et 300 personnes en grande précarité.
 
Concept unique au monde, La Fabrique Opéra a déjà fait des émules, à Orléans, Mulhouse, Colmar et Avignon. Une belle fabrique de talents, de rêve et de lien social !
 
Carmen : les 30 et 31 mars, 1er et 3 avril au Summum de Grenoble.
 
 
 
 
 
 

 ZOOM 

DANS LES COULISSES DE LA FABRIQUE OPÉRA

Aux côtés des artistes et techniciens professionnels, 400 jeunes, une centaine de choristes amateurs, un orchestre de 80 musiciens, une vingtaine de bénévoles et 50 enfants participent à la réussite du spectacle.
 
Parmi eux : les classes « métiers de la mode » du lycée Argouges (costumes), les apprentis de l’Institut des métiers et des techniques (décors), les élèves de l’École Academy (maquillage et coiffure), ceux du lycée technique Jean-Jaurès (accueil du public), du lycée hôtelier du Clos-d’Or (cocktail des VIP), du lycée Jacques-Prévert et de l’IEM Le Chevalon (organisation de la générale), l’orchestre symphonique universitaire de Grenoble, une partie des chœurs de la faculté de musicologie et le chœur des enfants du conservatoire.

 

Publié le : 
01 janvier 2018