REMBRANDT

AU COUVENT

Exposition

Le Fonds Glénat vient d’acquérir 68 gravures originales exceptionnelles de Rembrandt (1606-1669). À découvrir au couvent Sainte-Cécile, à Grenoble.

Par Véronique Granger

 

Il est l’un des plus grands génies de l’histoire de l’art, le maître incontesté du clair-obscur et du siècle d’or hollandais.

“Demandez à n’importe qui de citer cinq noms d’artistes les plus marquants, et celui de Rembrandt vient spontanément”, constate Jacques Glénat.

Le peintre de La Ronde de nuit est aussi reconnu comme l’un des meilleurs graveurs de tous les temps avec l’Allemand Dürer. Finesse extrême des traits, force des détails, expressivité des personnages, velouté des noirs…

“Ses gravures, qui firent sa réputation de son vivant, invitent à pénétrer l’âme des personnes représentées”, poursuit l’éditeur et collectionneur grenoblois. “La gravure à l’eau-forte, au XVIIe siècle, c’est Rembrandt”, confirme Karel G. Boon, directeur du cabinet des estampes du Rijksmuseum d’Amsterdam. 

En acquérant, via son Fonds pour le patrimoine et la création, 68 œuvres gravées du maître néerlandais, Jacques Glénat, qui n’a eu de cesse d’élever la bande dessinée au rang des beaux-arts, réussit assurément un coup… de maître !
 
Portraits, autoportraits, scènes bibliques ou scènes de genre… l’ensemble d’estampes réunies à Grenoble est assez représentatif du répertoire de Rembrandt. Cinquante-sept d’entre elles ont été glanées autour du monde par Neil Kaplan pendant quarante ans.
 
En juin dernier, ce collectionneur britannique a pourtant décidé de s’en séparer. Jacques Glénat a saisi l’opportunité, soucieux d’asseoir la notoriété de son fonds patrimonial et de capitaliser sur sept ans d’expositions autour du dessin et du patrimoine alpin au couvent Sainte-Cécile.
 
D’autres œuvres étant apparues dans la foulée sur le marché de l’art, pour compléter ce fonds, il a depuis racheté 11 gravures supplémentaires… dont deux nus voluptueux.
 

 

> UN DESSINATEUR ET GRAVEUR D"EXEPTION
 

Rembrandt, qui gravait souvent sur le vif à même la plaque de cuivre verni, sans dessin préparatoire, avait une presse dans son propre atelier d’Amsterdam, que l’on peut d’ailleurs toujours visiter.
 
Il les imprimait sur papier au fur et à mesure de ses besoins financiers et les vendait comme des cartes postales, en ajoutant parfois des variantes, au burin ou à la pointe sèche. Ses œuvres existent parfois en dix versions (ou états) différentes.
 
Certaines épreuves ont été reprises après la mort de l’artiste pour leur redonner de l’éclat. “Les plus anciennes sont celles qui ont le plus de valeur, car la finesse du trait s’émoussait à chaque passage sur la plaque. Le mieux, c’est quand elles sont signées de la main du maître, comme cet autoportrait de 1630…”, poursuit l’éditeur-collectionneur.
 
Parmi les quelque 300 gravures répertoriées de Rembrandt, c’est donc un pan majeur de la production du maître hollandais qui s’installe à Grenoble au couvent Sainte-Cécile.
 
Il intègre les autres collections d’exception de la maison Glénat (mobiliers, sculptures, planches originales de BD, peinture, art contemporain…). Au-delà de l’exposition temporaire, les œuvres seront toujours visibles sur demande au sein d’un cabinet Rembrandt – les dessins, par nature très fragiles, devant être préservés de la lumière. 
 
 

 PRATIQUE 

 
Du 19 octobre au 16 décembre 2017, au couvent Sainte-Cécile, à Grenoble.
 
Du lundi au samedi, de 11 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 19 h.
Entrée : 6 € (gratuit pour les moins de 13 ans).
 
Contact : 04 76 88 75 75
 
 
 
 

 LES GRAVURES DE REMBRANDT 

Abraham caressant Isaac
Autoportrait avec Saskia
Autoportrait bouche ouverte avec une casquette
Auportrait souriant avec une casquette
David priant
Femme nue allongée
La mère de l’artiste, assise, portant une coiffe orientale
Le berger et sa famille
Le Persan
Le triomphe de Mordeca
Maître d’école (Lieven Willemsz van Coppenol)
Médée ou le mariage de Jason et de Creüse
Mendiants recevant des aumônes à la porte d’une maison
Pieter Haring
Prédication du Christ
The goldsmith
Le chasseur de rats
The ringball player
Un savant dans son cabinet
Publié le : 
11 novembre 2017