COMBAT

À MAINS NUES

Sport

C’est le plus vieux sport du monde, l’un des plus pratiqués en Russie ou encore par les étudiants américains. Qu’elle soit libre ou gréco-romaine, la lutte permet de combattre tout en souplesse. À redécouvrir en Isère. 

Par Véronique Buthod

 

“Alors maintenant, je vais vous demander de soigner les attaques et les esquives…”
 
Deux par deux, les participants au stage de rentrée de lutte, au pôle de Vouise, à Voiron, suivent les conseils techniques de leur entraîneur russe, Andrey Syriev. Concentrés, certains jeunes semblent déjà expérimentés, alors que d’autres, moins précis, débutent.
 
Leur objectif : saisir la jambe de leur adversaire pour le déséquilibrer et immobiliser ses épaules au sol. “La lutte est un sport complet, qui développe la souplesse et l’agilité, souligne Fabrice de Bianchi, président du comité départemental de lutte et sambo. Il faut avoir un esprit agressif, mais au sens noble du terme. Dans un combat, il n’y a pas de temps mort et il faut être à la fois puissant, technique, stratège et surtout tenace.”

Avec passion, Fabrice de Bianchi œuvre depuis quatre ans pour réimplanter ce sport, à Voiron puis à Grenoble. “À une époque, la lutte marchait fort. Nous avons eu un Grenoblois double médaillé aux jeux Olympiques de Mexico, Daniel Robin ; c’est lui qui a organisé la compétition de lutte aux JO de Londres, témoigne-t-il, citant aussi le Voironnais Walter Bassoli, deux fois champion de France. C’est le plus ancien sport du monde. Dans l’Antiquité, le roi des Jeux, c’était le lutteur ! Aujourd’hui, la lutte souffre un peu d’une mauvaise image, on imagine des gars avec de grosses épaules, plutôt des brutes, avec des tenues du XIXe siècle… Oui, le muscle entre en ligne de compte, comme dans tous les sports, mais ce sont surtout la maîtrise des appuis, la fluidité des mouvements et la rapidité d’exécution qui font la différence.”
 

 

> UN SPORT COMPLET, POUR ÊTRE BIEN DANS SA PEAU

 

Ouvert aux garçons comme aux filles, ce sport se pratique dès l’âge de 4 ans. Longiligne, Mohamed-Ali Aydamirov est l’un des espoirs isérois.
 
À 16 ans, vice-champion de France cadets en lutte libre (la plus pratiquée) et troisième en lutte gréco-romaine (les prises sont limitées au haut du corps), il entre avec fierté en sport-études au pôle France jeunes de Ceyrat, près de Clermont-Ferrand.
 
“Au début, mon père m’a poussé, je ne voulais pas trop. Et puis, plus je me suis entraîné, plus j’ai eu envie de continuer. Mes atouts, ce sont surtout la vitesse et la souplesse. Physiquement, c’est dur, mais ça ne me gêne pas. Et je suis toujours en forme !”
 
Julie, 14 ans, a elle découvert la lutte lors d’une intervention à l’école. Elle avait essayé le football, le karaté, la gymnastique… et s’est réalisée dans ce sport “où il y a plus de travail, et un bon esprit ; c’est un peu comme une famille”.

Pour Fabrice de Bianchi, la transmission des valeurs prime : “Le respect, le courage et la maîtrise de soi, mais aussi l’amitié. Nous essayons surtout de faire des pratiquants des athlètes complets, bien dans leur peau et qui s’épanouissent, sans faire mal, ni se faire mal.”
 
À Voiron, il est possible de s’entraîner quatre soirs par semaine – deux en lutte et deux en sambo, un système de défense à mains nues proche de la lutte et du judo –, et différents créneaux sont proposés à Grenoble et Eybens.
 
L’occasion d’aller voir… et d’essayer ?

ZOOM

 

> OÙ PRATIQUER ?
 

Trois clubs en Isère, à Eybens, Grenoble et Voiron, accueillent 150 licenciés, et près de 250 pratiquants, des enfants dès 4 ans jusqu’aux seniors.

Contacts : comité départemental de lutte-sambo, Fabrice de Bianchi, 06 67 94 07 27, Andrey Syriev, 06 32 13 16 29

 

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Publié le : 
11 novembre 2017