Ça s'explique

Ça s'explique

UN DÉPARTEMENT, 13 « MAISONS »

Quand les services publics de l’État désertent les territoires ruraux, le Département de l’Isère a fait le choix de renforcer ses implantations territoriales, avec ses 13 maisons au plus près des Isérois. 

Par Véronique Granger

 

 

Renouveler sa carte de transport scolaire, prendre rendez-vous avec l’assistante sociale, emmener bébé à la consultation de la protection maternelle et infantile (PMI), rencontrer un avocat-conseil…

 

Autant de demandes gérées au quotidien par Estelle à l’accueil de la maison du Département de Mens. Nous sommes ici à 50 kilomètres de Grenoble et vingt minutes de voiture de Monestier-de-Clermont, l’autre centre-bourg important du Trièves avec Clelles.
 
Cette implantation territoriale, à laquelle sont rattachés plus de 100 agents du Département, est l’un des rares services publics présents sur ce territoire de moyenne montagne de 12 000 habitants, dont la population est la moins dense de l’Isère. Aides aux personnes âgées, gestion des routes départementales et des collèges du secteur, aide sociale à l’enfance… tous les services du Département y sont déconcentrés à l’échelle du territoire.
 
La maison accueille aussi la mission locale et d’autres structures (par exemple, pour l’accompagnement des bénéficiaires du RSA), et propose des salles de réunion pour les associations.
 
À l’ère des e-services et des grandes métropoles, ces maisons sont plus que jamais utiles en milieu rural ou périurbain. Une enquête récente sur le territoire du Trièves a révélé que 16 % des usagers n’ont pas de connexion Internet ni de messagerie. 
 
Même constat dans la sous-préfecture de La Tour-du-Pin, pourtant mieux pourvue en services publics. La maison du Département des Vals du Dauphiné, qui rayonne sur un territoire de 60 000 habitants, accueille des usagers venus des 37 communes, dont une majorité pour des problèmes liés au handicap ou au grand âge (3 250 demandes d’aides par an). 

 

> ELLES CRÉENT DU LIEN SOCIAL

 
Pour les élus locaux aussi, cette proximité est appréciable. “En matière de voirie ou d’action sociale, le fait d’avoir un interlocuteur sur place est un gage de réactivité. Cela facilite aussi les rencontres pour monter des actions conjointes, y compris avec des communes voisines. Exemple avec Aoste : nous avons organisé des ateliers mémoire ou d’équilibre qui ont connu un franc succès”, témoigne Monique Chabert, maire de Chimilin (1 500 habitants).
 
“Trois mois après mon élection en 2014, suite à de gros orages, la commune a été classée en catastrophe naturelle : j'ai été très aidé pour monter les dossiers par le personnel de la maison du Département”, affirme de son côté Daniel Rabatel, maire de Panissage (500 habitants). 
 
Autant de motifs qui ont poussé le Département à conforter ses implantations en leur donnant aussi une meilleure visibilité. La coordination avec l’administration centrale a aussi été renforcée.
 
“Si nous tenons compte des spécificités locales, nous devons aussi garantir un service public cohérent, et une équité de traitement pour les citoyens isérois”, rappelle en effet Christian Rival, vice-président du Département en charge de l’aménagement des territoires et de l’aide aux communes.
 

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Publié le : 
10 octobre 2017